
Bibliothèques.
La plupart des bibliothèques, grandes et petites, offrent aujourd'hui en ligne un catalogue informatisé. Voir à ce sujet le "catalogue des bibliothèques du monde" de M. Richter . L'arrivée - tardive - de la Bibliothèque nationale de France dans ce concert est un très grand progrès. Outre le catalogue proprement dit, on appréciera les fiches individuelles disponibles pour une partie des auteurs du fonds. Quand la base des périodiques sera en ligne à son tour, les facilités de recherche se seront considérablement accrues. La présence bienvenue de la Bibliothèque nationale de France ne doit pas pour autant détourner de la fréquentation des autres grandes bibliothèques, surtout européennes et américaines. La Bodleian d'Oxford (avec le répertoire de la collection Taylor de manuscrits français), la British Library, la Library of Congress de Washington, Harvard, Yale, le réseau de l'Université de Californie, l'Université de Toronto, etc. - autant d'outils puissants, sans cesse améliorés (tous disposent désormais d'interfaces adaptées à la Toile), et qui ajoutent souvent aux informations bibliographiques de base notées par la Bibliothèque nationale de France une foule de détails complémentaires qui vont bien au-delà des conventions minimales.
Iconographie.
Fait important, le site de la Bibliothèque nationale de France ne se limite plus au catalogue des imprimés. Outre les textes présentés par Gallica (j'en reparlerai plus loin), on appréciera la possibilité d'y consulter des documents graphiques qui enrichissent beaucoup la perspective sur le siècle. Il s'agit probablement là d'ailleurs de la prochaine frontière : l'horizon ne sera plus limité aux textes littéraires mais va s'élargir de plus en plus à tout ce qui possède une dimension iconographique, voire acoustique. L'histoire littéraire fait désormais partie d'une histoire culturelle beaucoup plus vaste (comme l'annonçait déjà R. Mandrou il y a trente ans !) où musique, peinture, gravure, savoirs, rituels et objets de la vie quotidienne, etc. vont jouer un rôle qui ne sera plus de simple décor contextuel mais deviendront des leviers d'intelligibilité majeurs, imbriqués dans les textes eux-mêmes d'une manière qui appelle de nouvelles techniques de déchiffrement, mais également des manières différentes de présenter leurs résultats.
Parmi les sites iconographiques intéressants, celui du ministère de la Culture (Archive photographique) possède un intérêt particulier, comme celui de la Réunion des Musées Nationaux ou encore la banque "Mérimée" , qui décrit le patrimoine architectural de la France. À visiter : le site de Roger-Viollet, très étendu, et qui présente même des "expositions" tout à fait intéressantes, sur Paris par exemple .
C'est sur un site anglais qu'on trouvera le répertoire de 9000 images des premières décennies du siècle, sous le titre global de "Image de France", basé sur les notices d'estampes de la Bibliographie de la France. Quant aux Archives nationales, encore discrètes (il faut bien chercher pour découvrir leur adresse ), elles fournissent des outils documentaires encore limités mais qui devraient prendre rapidement de l'ampleur, comme les bases Égérie, Arcade ou Archim (banque d'images). Des universités américaines disposent également de répertoires iconographiques considérables, ainsi de l'Université de Michigan , où l'on pourra par exemple récupérer un portrait lithographié de George Sand d'après Th. Couture ou encore un très beau Daumier plaisantant les étrangers à l'Exposition universelle. De ce point de vue, il est incontestable que les sites littéraires les plus intéressants sont ceux qui font la plus grande part aux éléments graphiques, soit directement, soit en reconduisant à d'autres sites riches en images. En effet, de nombreux musées permettent maintenant un approfondissement considérable du contexte visuel des œuvres littéraires. Les dix-neuviémistes s'intéresseront particulièrement à des ressources moins évidentes que celles des grands musées comme le Louvre , le Musée d'Orsay , ou Marmottan . Ainsi du répertoire documentaire sur la Commune, situé à Chicago , le Musée Rops de Namur , le Musée Goupil de l'image industrielle situé à Bordeaux , ou encore le site sur la France et les Français au XIXème siècle, en Virginie occidentale , ainsi que la banque de données australienne consacrée à l'image, avec 80 000 documents !
Libraires.
À côté de ces grands entrepôts publics que sont les bibliothèques et les archives, le chercheur est inévitablement propriétaire, lui aussi, d'une bibliothèque qu'il veut enrichir. Là où il devait naguère faire le tour des libraires et des marchands, ou encore attendre des catalogues envoyés par la poste et auxquels il réagissait toujours trop tard, il peut maintenant consulter en quelques minutes les catalogues de plus en plus nombreux et de mieux en mieux faits que des associations ou des libraires indépendants mettent en ligne régulièrement. On ne peut ainsi que recommander le site du très élitiste Syndicat de la librairie ancienne et moderne , qui présente de multiples ramifications, et jusqu'à une "foire virtuelle du livre ancien" et celui de Galaxidion . De même pour celui de l'Annuaire électronique international des librairies de livres d'occasion . Pour les revues, on se référera, entre autres, à la librairie des revues .
