
Référence.
On trouvera une bonne réflexion de portée générale sur le sujet signée de Marianne Pernoo-Bécache, de la Bibliothèque nationale de France . En l'absence pour l'instant d'un véritable guide global des sites littéraires, sa page pourra constituer un bon point de départ et je lui emprunterai plusieurs références. Parmi les entreprises qui tendent à l'exhaustivité, on visitera l'"Annuaire littéraire", qui comporte environ 1800 sites recensés. De tels sites de référence sont peu nombreux mais d'une très grande utilité. Le meilleur à ce jour reste ClicNet, installé et géré par Carole Netter à Swarthmore . Poste d'aiguillage constamment remis à jour, ce répertoire alphabétique permet de trouver très rapidement les "adresses" de tel ou tel auteur ainsi que des textes disponibles en ligne. La section réservée au XIXème siècle retiendra l'attention des spécialistes, grâce à des références à peu près exhaustives et une esquisse de critique des sites mentionnés.
Beaucoup plus limitée pour l'instant, signalons aussi une tentative toute récente mais très prometteuse, celle du catalogue critique des sites de littérature française en cours d'élaboration dans le cadre de l'Institut National de la Langue Française (INALF) . À terme, on peut espérer que cette entreprise débouchera sur une sorte d'Institut des appellations contrôlées, extrêmement utile, grâce à l'élaboration d'une grille d'évaluation rigoureuse. Ceci poussera sans aucun doute nombre de concepteurs de sites à respecter des critères techniques de mise en ligne de plus en plus stricts.
Dans le domaine de la chronologie, le travail entrepris par Patrick Rebollar à Tokyo est exemplaire . Œuvre in progress, sa chronologie du second XIXème siècle (de 1848 à 1914) est faite pour croître indéfiniment grâce à des apports multiples, non programmés d'avance et qui en font, potentiellement, l'expression des intérêts d'une communauté de chercheurs dont chacun est sollicité d'apporter sa pierre à l'édifice. Protéiforme, son évolution en fera le point d'entrée idéal dans cette portion du cyberespace qui nous occupe. Chacun des éléments de cette chronologie globale, grâce aux renvois hypertextuels dont il est sous-tendu, ouvre en effet à son tour sur tout le foisonnement des sites disponibles sur l'ensemble du réseau. De ce point de vue, il est à souhaiter que les collaborations à cette entreprise soient nombreuses, afin de faire de la chronologie le passage naturel pour pénétrer dans le cyber19ème collectif. Une autre chronologie d'un genre tout différent, axée sur l'histoire, couvre tout le XIXème siècle, et offre en prime des dossiers remarquables et inattendus, comme celui qui illustre la guerre de 1870 et ses divers échos . Ces entreprises appuient ainsi les efforts des quelques sites de référence qui permettent d'aiguiller la recherche de manière plus efficace que par une interrogation aléatoire par mot-clé des moteurs de recherche globaux.
Un autre point de départ remarquable se situe en Suisse : Athena , où Pierre Perroud offre ainsi, entre autres, une excellente liste d'ouvrages d'auteurs français disponibles sur la Toile et y ajoute des textes d'auteurs suisses peu connus ou difficiles d'accès, sans parler de beaucoup d'autres types de textes, en particulier dans le domaine des sciences. Chose à noter : Athena distingue ses deux rôles : dépôt de textes d'un côté, éditeur de l'autre. La distinction est importante puisque la fiabilité des documents édités varie considérablement selon qu'il s'agit de dépôt ou de production signée "Athena". Cet aspect des choses va prendre de plus en plus une importance cruciale : la qualité de la recherche appuyée sur les textes et documents numérisés dépendra évidemment de plus en plus de leur qualité philologique.
"Dix-Neuf", le répertoire géré par Tim Unwin à Liverpool, est d'une autre nature : il s'efforce de recenser les sites dont la thématique touche au XIXème siècle de manière large, y compris l'histoire et les sciences, ce qui autorise des recherches plus ouvertes, sur les cultural studies par exemple, un mouvement qui offre le meilleur à côté du pire, mais qui suscite une dynamique puissante de renouvellement des problématiques littéraires. La "Wordtheque", curieuse entreprise linguistique, permet également de chercher des textes numérisés en parcourant un vaste répertoire, organisé par auteurs et par titres, avec moteur de recherche, mais qui n'est cependant pas sans faiblesses . Capharnaüm très sympathique, plus proche du marché aux puces que de la bibliothèque institutionnelle faite au cordeau, "l'antre de l'almasty" recèle de nombreuses surprises. On en dira autant de l'Association des Bibliophiles Universels (ABU), qui met en ligne de très nombreux textes numérisés par des opérateurs bénévoles, mais dont la fiabilité est donc loin d'être garantie. Quant aux amusants "Saucissons chauds" de M. Lastinger, on y trouvera une bonne liste d'hyperlien.
Outre Gallica (voir plus loin), les sites consacrés à la mise en ligne massive de textes sont assez peu nombreux. Pour ce qui est de l'identification précise de ces textes et des manipulations qu'ils ont subies, la palme revient ici à O. Bogros à la Bibliothèque de Lisieux , seule à offrir toutes les informations voulues sur les documents proposés, leur saisie, leur source, etc., et dont le préjugé en faveur des auteurs normands l'amène à offrir en ligne des textes délectables de Jean Lorrain ou d'Octave Mirbeau. C'est par ailleurs l'ambassade de France à Ottawa qui présente à ce jour le plus vaste florilège systématique d'auteurs français , élaboré avec soin et régulièrement entretenu. De même pour la partie consacrée aux textes français du vaste projet, à vocation encyclopédique, monté sous le nom de Gutenberg par l'Université de Caroline du Nord . Tout le monde regrettera, bien sûr, que personne n'ait encore eu le courage (sans parler des moyens !) de numériser le Larousse du XIXème siècle (mais le Littré est sur Cédérom à prix raisonnable ; la préface seule est disponible en ligne gratuitement ). On se consolera en consultant la cinquième édition des Excentricités du langage de Lorédan Larchey . De son côté, la grande entreprise de numérisation du Dictionnaire de l'Académie française menée par Russon Woolridge à Toronto, qui intéresse les dix-neuviémistes grâce à sa 6ème édition de 1835, est en ligne . Enfin, le "glossaire de théâtre" d'André Bourassa pourra rendre quelques services.
