Harry Alis fut l'ami intime d'Emile Hennequin et de Guy de Maupassant. Il fréquenta les Hydropathes et le milieu naturaliste des soiristes de Médan. Comme beaucoup de " jeunes " de sa génération, il aspirait à devenir écrivain, mais voué au journalisme, il abandonna la littérature pour la politique, non sans avoir publié quelques livres prometteurs, notamment Petite Ville. Dans ce roman en partie autobiographique et qui mériterait une réédition, il écrivait en 1886 : " Pourquoi une telle avalanche de papier lamentablement noirci ? Pourquoi tant de romans et si peu de livres ? Pourquoi cette fièvre d'écrire des choses inutiles, que ne justifie pourtant ni l'espoir de la gloire probable ni l'espoir plus positif du succès de librairie ? " En 1885, après la parution de Reine Soleil, une fille de la glèbe, Alis avait posé sa candidature pour être admis à la Société des Gens de Lettres. Fortuné du Boisgobey y mit son veto. L'affaire fit quelque bruit à laquelle se mêla Maupassant. Alis y vit-il un signe ? car s'il participa encore à la Revue indépendante et à la Revue contemporaine, il se tourna vers d'autres horizons. L'Afrique l'appelait, et après avoir rassemblé ses nouvelles sous le titre de Quelques fous, il fondait le 1er décembre 1890 le " Comité de l'Afrique française " dont l'objectif était de " développer l'influence et le commerce français dans l'Afrique de l'Ouest, du Centre et du Nord ". Dès lors, il écrivit de nombreux ouvrages sur la conquête coloniale, résida en Egypte où il fonda Le Journal Egyptien, avant de mourir en duel le 2 mars 1895 sur le billard du restaurant " Le Moulin rouge " dans l'île de la Grande-Jatte.