




Les bases des Archives Émile Zola ont été jetées en 1971, lorsque le professeur Henri Mitterand, à l'époque professeur à l'Université de Paris-Vincennes, suggéra que le Département d'études françaises de l'Université de Toronto fonde un centre de recherches sur Émile Zola et le Naturalisme, dont le but principal serait la publication d'une édition critique et annotée en dix volumes de la Correspondance d'Émile Zola. L'équipe ainsi constituée travaillerait en collaboration avec une équipe à Paris, fondée au sein de l'Institut des Textes et Manuscrits modernes. Le professeur Pierre Robert, à l'époque chef du Département d'études françaises de l'Université de Toronto, a par conséquent commencé à constituer une équipe et a invité le professeur Mitterand à venir tous les deux ans comme "Visiting Professor", ce qu'il a fait jusqu'à sa retraite en 1992. On a profité de la présence en Ontario, au Québec et dans l'est des États-Unis de plusieurs éminents spécialistes de Zola et du Naturalisme, ainsi que d'un groupe de doctorants qui, à l'époque, rédigeaient des thèses sur Zola.
Installé dans la bibliothèque Robarts de l'Université, le Centre for Studies on Émile Zola and Naturalism a été soutenu à ses débuts par le département d'études françaises : en 1975, l'équipe Zola a soumis au Conseil des Arts un projet de recherches dans le cadre de sa politique d'aide aux grands travaux d'édition, selon lequel on préparerait une édition critique annotée des lettres d'Émile Zola en dix volumes. Les dix volumes sont annotés par des éditeurs différents, d'habitude à raison de deux éditeurs par volume. Ce sont parfois des Canadiens, parfois des Français, parfois des équipes mixtes. Le premier tome a paru en 1975, les volumes suivants paraissant au rythme d'un volume tous les dix-huit mois. Le dernier volume a paru en mai 1995, ce qui a marqué la fin de la Correspondance et la fin de la subvention du Conseil de recherches en sciences humaines. Le Département d'études françaises, alors sous la direction du professeur Paul J. Perron, a décidé de maintenir la présence des études zoliennes au sein de l'Université, vu que, au cours des vingt années précédentes, le Centre Zola avait accumulé un fond fort important de livres, de microfilms et de documents.
