À la découverte d’un « laboratoire humaniste » :
la Bibliothèque Firestone de Princeton

Véronique Sigu

 

 

Dossier Maupassant

Benhamou-Honnorat/Dossier 1718

Johnston/le jeune Maupassant

Walbecq/documents

Oberlé/une épistole

Johnston/3 billets

Chadoqueau/plagiat

Goujon/inédits

Hawthorne/Gisèle d'Estoc

 

Pichois/Colette et sa fille

Chevrier/Desnos dans la presse

Entretien Annie Le Brun

Morel/Ubu aux Gueules de Bois

Sigu/Bibliothèque Firestone

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Pour qui flâne le long de la pittoresque « Nassau Street », rue principale de Princeton, petite ville du New Jersey, le temps semble mystérieusement suspendu. Dans ce paysage et cette atmosphère du siècle dernier, il oublierait presque qu’à quelque distance de là se trouve un pôle industriel des plus dynamiques, centré sur les secteurs chimiques et pharmaceutiques. Derrière cette apparente nonchalance, se cache également l’un des centres intellectuels et culturels majeurs des États-Unis. Depuis 1756, date à laquelle ce qui ne s’appelait encore que le « College of New Jersey » fut transféré de Newark à Princeton, la fameuse université fait vivre et vibrer la ville : celle-ci est encore aujourd’hui le plus grand employeur de Princeton, et ses institutions, comme cet « Institute for Advanced Studies » dont Einstein fut l’un des membres éminents, connaissent une renommée mondiale.
Sur le campus, cette vie intellectuelle gravite essentiellement autour de la Bibliothèque de l’Université de Princeton. Celle-ci a occupé en réalité des lieux divers au cours des années. Au moment du déménagement de 1756, deux malles de livres furent convoyées par bateau, et les ouvrages furent initialement rangés au deuxième étage de Nassau Hall. La collection s’y trouva rapidement à l’étroit et, de nos jours, l’Université dispose d’un vaste réseau de bibliothèques (quinze au total), qui illustre le succès de la philosophie de cette école appartenant à la prestigieuse « Ivy League » – laquelle ne cherche pas tant à rivaliser avec les autres établissements en termes quantitatifs qu’à offrir à l’étudiant un enseignement et une bibliothèque de premier choix. Les dimensions de la collection sont malgré tout impressionnantes. On est loin des 474 volumes des débuts, don du gouverneur royal de la Province, Jonathan Belcher, en 1750, qui en constituaient le noyau. Aujourd’hui, avec ses six millions d’imprimés, ses cinq millions de manuscrits et ses deux millions d’objets non imprimés, la Bibliothèque de l’Université Princeton constitue l’une des plus belles collections des États-Unis, d’autant plus remarquable qu’elle est presque entièrement en libre accès pour les élèves et les chercheurs, et, jusqu’il y a quelques années encore pour tout Princetonien. Les fonds privés représentent une part essentielle du budget des acquisitions, et certaines des plus riches collections proviennent de dons d’anciens élèves ou d’anciens professeurs. Le legs de Robert Garret en 1942, rassemblant 11 000 manuscrits, permit de constituer l’une des cinq plus grandes collections américaines de manuscrits occidentaux du Moyen Âge et de la Renaissance, et la plus vaste collection de manuscrits arabes aux États-Unis.