
C'est en travaillant pour l'édition critique de La Danse des vivants de Jean Bruller que nous avons découvert plusieurs inédits de Vercors. Nous devons à l'accueil chaleureux de Rita Bruller, autant qu'à la confiance de François Bruller, d'avoir pu accéder aux archives personnelles de Vercors .




Parmi les documents retrouvés, un cahier a retenu notre attention : il présente la particularité d'avoir été entamé des deux côtés par Vercors. La couverture du cahier porte un titre manuscrit : NOTES.
Il s'ouvre sur des réflexions consignées au cours de l'automne 1930. En le retournant, on découvre un journal de l'automne 1942. Nous nous proposons de publier successivement ici les deux textes qui figurent dans ce cahier et commençons par les réflexions et pensées rédigées à la fin de l'année 1930 par celui qui s'appelait encore Jean Bruller et qui était dessinateur humoriste. Ces pièces revêtent un intérêt manifeste, car Vercors avait perdu la plus grande partie de ses archives personnelles le 6 mai 1953, dans l'incendie du moulin qu'il habitait dans la Brie. Ces vestiges sont donc d'autant plus précieux, mais leur utilité et leur importance dépassent la simple curiosité qu'on pourrait porter aux restes archéologiques d'un passé scripturaire effacé. D'une part, les réflexions de l'année 1930 permettent de remettre au jour l'artiste qu'était Vercors avant la Seconde Guerre mondiale et que l'on a un peu oublié depuis. D'autre part, le journal de 1942 évoque une année-clé : celle de la publication et de la première diffusion du Silence de la mer.