



2002 fait partie des années que l'on peut lire indifféremment dans les deux sens (on parle aussi de palindrome, comme pour les mots " kayak " ou " Laval "). Une parfaite symétrie d'ordre deux, et en plus avec un 2 au début et à la fin… La dernière année de ce genre n'est pas très lointaine, c'était 1991 (fin de l'URSS, guerre du Golfe, mort de Freddy Mercury, etc.). Il n'est pas inutile de rappeler quelques données sur ces années particulières, ne serait-ce que pour avoir une idée de ce qui nous attend en 2002.
Je passerai rapidement sur les années réversibles de l'Antiquité. On notera bien sûr avec intérêt qu'Alexandre-le-Grand est mort en 323 avant J.-C. ou que Lucrèce a publié le De Natura Rerum en - 55, mais toutes ces dates d'avant Jésus-Christ sont anachroniques, et par définition personne ne pouvait en profiter. Arrivons-en donc à notre ère. Il est à noter que les neuf premières années de la vie de Jésus sont toutes réversibles, ainsi que sa onzième (celle où il fait sa première apparition publique). On remarquera qu'il meurt en 33, ce qui influera définitivement sur la dynamique des années réversibles. Pour la suite, il y a une année réversible tous les onze ans jusqu'en 99, puis à partir de 101 une tous les dix ans (111, 121, 131…), sauf aux ruptures de siècles (191-202). On s'épuiserait à noter toutes les importantes dates réversibles, de la persécution de Septime Sévère (202) à la conversion de Constantin (313), en passant par la mort de saint Narcisse (212). Dans ces années-là (et jusqu'en 999), les hommes étaient habitués aux années réversibles, qui marquaient des retournements de situation dramatiques. Mais après tout, dans ces époques barbares, on était prêt à tout. L'an 1000, on le sait, a été un tournant important dans notre civilisation, mais on dit peu que c'est surtout en raison d'un moins grand nombre d'années réversibles : il n'y en a plus qu'une par siècle.
