



Mentionner le Texas évoquera inévitablement des images de western, entre puits de pétrole et troupeaux de bœufs en transhumance. Ces deux sources traditionnelles de la richesse texane, relayées par les entreprises modernes de haute technologie (Texas Instruments, Dell) et les infrastructures spatiales (le fameux centre de contrôle de la NASA à Houston), ont produit des retombées utiles sous la forme d'une pluie de dollars. Les universités en ont largement profité, à commencer par la plus connue des institutions locales, The University of Texas at Austin. Implantée dans la capitale de l'État (qui fut indépendant jusqu'en 1845), l'université n'a pas manqué d'investir en premier lieu, comme il se doit en Amérique, dans l'enrichissement de ses bibliothèques.


La plus précieuse pour les lecteurs d'Histoires Littéraires forme depuis 1957 le cœur du Harry Ransom Humanities Research Center, du nom de son fondateur, ancien administrateur de l'université. Plutôt que de reproduire ce qui existait déjà ailleurs - tâche impossible au demeurant -, Harry Ransom, qui s'intéressait au processus créateur, décida qu'il fallait chercher à construire des collections axées sur les livres rares, les manuscrits et les autographes produits par les auteurs modernes (XIXe et XXe siècles), tant américains qu'anglais ou français. Le résultat en est une collection qui compte aujourd'hui un million de livres, trente millions de documents manuscrits, plus de cinq millions de photographies et plus de cent mille œuvres d'art diverses. Une partie provient de la collection T.E. Hanley (T.S. Eliot, James Joyce, Beckett, etc.). Une autre partie, la plus significative pour la recherche en littérature française, résulte de l'apport de la collection Carlton Lake, dirigée encore aujourd'hui par son donateur en personne, épaulé par Linda Ashton. Le fait est sans doute unique dans le monde pourtant souvent complexe et pittoresque des bibliothèques américaines.