Dossier Alphonse Allais

Alphonse Allais et la Belle Province

 

 

 

Dossier Allais

Caradec/Lebeau, Debussy et Satie

Caradec/ correspondance

Pierssens/Québec

Lair/titres

Chauvelot/lettres conjugales

-

Masanès/Mounet

Entretien/ Ubersfeld

Fagot/Giono

 

 

Michel Pierssens

 


 

L’appareil de propagande canadien à Paris, à la fin du xixe siècle, se résume à deux personnes, mais quels communicateurs ! Le premier, Hector Fabre (1834-1910), premier Commissaire général du Canada à Paris, ancien journaliste issu d’une famille influente, a un frère évêque à Montréal (mais le catholicisme intolérant propre à l’époque au Québec n’est manifestement pas sa tasse de thé). Le second est le propre fils et secrétaire d’Hector, Paul, un garçon plein d’esprit et fortement porté sur les plaisirs de la vie parisienne (il mourra encore jeune, au désespoir de son père). Hector, très au fait de la puissance des médias, a fondé un journal qui mêle habilement les nouvelles très parisiennes et les appels à la colonisation des terres vierges, ainsi qu’aux investissements dans une économie canadienne en plein essor.
Paris-Canada, confié à Paul, est branché, curieusement, à la fois sur la vie montmartroise, avec sa faune de noctambules, et sur les grands espaces d’outre-Atlantique. Pour ne rien négliger, les deux Fabre sont des piliers extrêmement actifs du Gardénia. De ce club mi-mondain mi-artiste, très canadophile, nous ne savons pas grand-chose hormis les échos qu’en livrent les chroniques de Paris-Canada et quelques autres sources très fragmentaires. C’est dans ce milieu très gai et très parisien que les Fabre se sont liés d’amitié avec Allais. François Caradec a rassemblé ce que l’on pouvait en savoir dans sa biographie d’Alphonse :

Le « Gardénia » a été fondé le 26 novembre 1887 par Paul Fabre, à la fois le fils et le secrétaire d’Hector Fabre, commissaire général du Canada à Paris, les affaires diplomatiques du dominion demeurant alors l’apanage de l’ambassade d’Angleterre. Il est secondé dans ses tâches administratives par Maurice O’Reilly, et dans l’organisation du cercle par Duplay, artiste des Variétés, celui-ci avec le titre de régisseur général. La société a naturellement pour insigne un gardénia, et George Auriol en dessine un peu plus tard le monogramme. […] C’est la fréquentation du « Gardénia » qui fait croire que le Captain Cap est lui-même canadien.