Les Carnets de P.-B. Gheusi

 

 

 

Marchal+Pierssens

G. Picq/Gheusi

Lefrère+Murphy

Pierssens/Mikhaël

Pérez/Poésie 1933

Picard/Wagner

Cocksey/Magron

Laster/Hugo2004

Lonjon/Carco

 

 

Gilles Picq

 


 

Les pages qui suivent ne sont pas, à proprement parler, inédites, puisque Pierre-Barthélemy Gheusi s’est servi de celles-ci pour composer certains chapitres de ses quatre volumes de mémoires parus chez Plon entre 1939 et 1942 sous le titre Cinquante ans de Paris. Mémoires d’un témoin. L’intérêt que l’on peut trouver à restituer ce texte, c’est qu’il se présente à l’état brut, témoin de l’instantané, sans les raccourcis et les coupes que son auteur jugea utile d’opérer un demi-siècle plus tard. Le manuscrit donne les dates précises des rencontres faites par l’auteur, dont l’absence est souvent dommageable dans le texte imprimé. Ces écrits se présentent sous forme d’un journal – d’un carnet, plutôt – où alternent impressions du jour, relations de rencontres, lettres, poèmes, articles, pièces de théâtre et études diverses. Il ébauche la personnalité de ce jeune provincial pourvu de quelques talents et résolument sans complexe.
Fils de banquier castrais, Pierre-Barthélemy Gheusi est né le 21 novembre 1865 à Toulouse. Étudiant en droit dans sa ville natale, il rencontre Laurent Tailhade, qui l’éblouit. Lointain cousin de Gambetta, il est attiré par l’action politique en faveur de la fragile république : en 1889, il se retrouve à Castres aux côtés de Jaurès, qui n’est pas encore converti au Socialisme, pour l’épauler dans sa campagne des élections législatives. À Paris, il fait partie, sous le nom de Norbert Lorédan, des ultimes gonfaloniers du mouvement décadent. Passionné d’héraldisme, il est l’élève de l’érudit Augustin Tailhades. Un temps chef de cabinet de Léon Bourgeois à la Préfecture de la Marne, il ne s’engagera jamais vraiment dans un parti mais fréquentera les antichambres des ministres radicaux et modérés. Si Poincaré, Barthou et Deschanel sont ses amis, il nourrit une profonde antipathie à l’égard de Clemenceau, qui le lui rend bien. Outre quelques missions diplomatiques officieuses, notamment au Venezuela, il consacrera son existence au journalisme et à la direction de théâtres : l’Opéra qu’il codirige avec son ami Pedro Gailhard, l’Opéra-Comique de 1914 à 1918, puis de 1933 à 1936, le Théâtre lyrique du Vaudeville de 1919 à 1920. En 1897, Arthur Meyer lui confie la responsabilité du supplément illustré du Gaulois. En 1899, il rachète la Nouvelle Revue à Juliette Adam. La guerre venue, il est officier d’ordonnance de Gallieni. En 1922, il est directeur du Figaro, et ce jusqu’à ce qu’en 1932, le parfumeur Coty, propriétaire du quotidien, lui rende la vie impossible. Il meurt le 30 janvier 1943, laissant des ouvrages d’érudition, des romans, des mémoires, des livrets d’opéra, des pièces de théâtre et des recueils de poèmes.
Le carnet débute au moment où le jeune Gheusi arrive pour la première fois à Paris, en janvier 1889.