Il y a une saison pour lire et aimer davantage les articles d'Octave Mirbeau : l'automne. L'automne des pluies éditoriales et des mises en piles, l'automnes des coups de pouce et des coups fourrés, l'automne du triomphe presque sans partage de la littérature industrielle. "Pourtant", nous prévenait déjà Mirbeau en septembre 1884 dans une de ses chroniques les plus grinçantes, "voilà des années qu'on lui set, au public, ce même repas d'indigestes fadeurs et de mensonges empoisonnés. Ne va-t-il point s'apercevoir qu'on le dupe, qu'on le vole, qu'on l'avilit? Quand donc demandera-t-il au journalisme une sincérité, c'est-à-dire ce qu'il ne trouve nulle part et qui manque à tout, à l'art, au théâtre, à l'étude sociale?"

Cette année-là, celle de se renaissance, Mirbeau avait condescendu à revenir dans Paris continuer une bagarre perdue d'avance. Fatigué de la bassesse de ses contemporins, de surcroît pris au piège d'une passion énervante, il était parti huit mois en Bretagne se "retremper dans un bain de solitude et de silence". Sur les rochers d'Audierne, il avait eu loisir de repenser à ses années de servitude volontaire. Vision de Babouc. Il y avait douze ans déjà qu'écoeuré de l'immobilisme normand, il avait suivi la pente de Rastignac.

 

 

 

 

 

 


 

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