


Pages " Jeunesse ", " Enfants/romans " et " Enfants/albums ", les suppléments littéraires tournent prudemment autour du mot littérature quand il s'agit de donner un titre aux cahiers consacrés aux ouvrages destinés aux jeunes lecteurs. La littérature pour enfants pose légitimement problème aux critiques, qu'ils écrivent pour la presse ou l'université : non seulement on ne sait comment en parler, mais on n'est pas certain de savoir de quoi on parle. D'abord parce qu'il s'agit de revendiquer l'autonomie d'un champ littéraire finalement constitué dans un souci pédagogique (éducation, instruction, apprentissage de la lecture), sous la férule, quasi constante dans l'histoire, de censeurs divers. Ensuite parce que cette littérature est dotée d'un corpus classique composé largement d'uvres destinées aux adultes, adaptées souvent, mais également adoptées par simple voie de requalification . Enfin du fait de l'attitude des auteurs qui s'empressent parfois de brouiller les frontières en réclamant la suppression de ce codicille déshonorant (" pour la jeunesse "), au motif universaliste qu'il n'y a qu'une littérature (la bonne), quel que soit l'âge du lecteur ...