Au début du mois de juillet 1870, Verlaine était en droit de penser que sa vie saturnienne prenait fin: le moment de son mariage était proche et l'éditeur Alphonse Lemerre venait de faire imprimer La Bonne Chanson. Ses envois d'exemplaires de ce petit volume allaient lui valoir les félicitations de Banville, Hugo et Leconte de Lisle, trois des quatre poètes les plus célèbres de l'époque. Cependant ce succès d'estime d'un recueil poétique dont l'auteur semblait avoir voulu rivaliser avec Coppée dans l'intimisme ne fut pas associé à un succès de vente. En qualifiant La Bonne Chanson de "fleur dans un obus", Hugo entendait souligner métaphoriquement la bonne surprise de ces poèmes dans une époque assombrie par la guerre avec la Prusse. Cette rencontre paradoxale pouvait toutefois paraître franchement contradictoire, et il est significatif que, passé les prmeiers compliments, la lettre de Leocnte de Lisle ait abordé d'autres considérations, plus graves. On comprend que Lemerre ait pu juger inopportun le "lancement" de l'épithalame...

Trois ans plus tard, séparé conjugalement de Mathilde et éditorialement de lemerre, Verlaine menait la vie cellulaire que l'on sait. C'est au demeurant en prison qu'il allait recevoir, en 1874, sa nouvelle plaquette de vers: Romances sans paroles. [...]

 

La suite de l'article et des reproductions en fac-similé du manuscrit dans le n° 4 d'Histoires littéraires...