La marque de fabrique d'un supplément. Etude de cas.

 

Julien Lecrenais

 

Dossier "Les suppléments littéraires aujourd'hui"

Goldenstein/la casse et le séné

Rocheteau/l'intime

Macé/illustrations

Bui/la pub

Besnier/l'Auteur étranger

David/...propos

Louâpre/enfantina

Dussert/notules

Gauthier/l'Amérique

Pierssens/Le Monde

Lecrenais/étude comparative

entretiens:

J. Savigneau

C. Devarrieux

J.-M. Rouart

 

 

 

 

 

 


 

La lecture est une aventure - celle d'un auteur, puis celle d'un lecteur -, l'histoire d'un livre aussi, qui fait intervenir d'autres intermédiaires, éditeurs, libraires, critique. Si le rôle des acteurs de la chaîne éditoriale et commerciale est loin d'être neutre en termes de recevabilité de l'œuvre par un lecteur potentiel, celui du journaliste investi de la mission de faire passer ou d'invalider l'œuvre au moment critique, est à la fois essentiel et terriblement malaisé. Il faut souligner en effet l'exiguïté de sa marge de manœuvre : il lui faut parler de littérature en conciliant les exigences de son rédacteur en chef, de son lecteur et parfois même de l'auteur du livre, pour ne rien dire de l'annonceur, des amis. C'est cette dimension collective souterraine de l'écriture critique qui nous intéressera ici, au moyen d'une expérience simple, la comparaison de la réception de trois ouvrages. L'objet en sera donc moins de juger tel ou tel article, tel ou tel journal, tel ou tel journaliste individuel, que d'observer le jeu des identités de chaque journal dans la fabrique de la critique. En somme, existe-t-il une approche Libé, Figaro ou Le Monde, au-delà du ton si facilement reconnaissable, et qui subsumerait les différences de genre ? Ou bien cette identité collective trouve-t-elle au contraire surtout à s'exprimer sur des objets particuliers, genres ou auteurs de prédilection, délimitant par là un espace où le journal donnerait à voir sa marque de fabrique, son esprit propre ?