Dossier Alphonse Allais

Les dernières lettres d’Alphonse Allais à sa femme

 

 

 

Dossier Allais

Caradec/Lebeau, Debussy et Satie

Caradec/ correspondance

Pierssens/Québec

Lair/titres

Chauvelot/lettres conjugales

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Masanès/Mounet

Entretien/ Ubersfeld

Fagot/Giono

 

 

Philippe Chauvelot

 


 

À ce jour, pas une lettre, pas le plus modeste billet adressés par Alphonse Allais à l’une des femmes dont il a été amoureux n’ont été publiés. Détenant les dernières lettres écrites à son épouse Marguerite (née Gouzée), nous les publions ici pour célébrer, avec quelques jours d’avance, le centenaire de sa mort.
En octobre 1905, Marguerite Allais et sa fille Paulette se sont installées à Wepion, dans la province de Namur, où doit les rejoindre leur époux et père. Durant l’été, qu’ils ont passé ensemble à Honfleur, Allais s’est plaint de douleurs au mollet droit qui s’accompagnaient de fourmillements et d’engourdissements. Bientôt, cette algie a fait place à une sensation de pesanteur et s’est compliquée d’œdèmes, de troubles nerveux et de fièvre. De retour à Paris, Allais à consulté un de ses amis, le docteur Belin, médecin-chef à la Pitié, et le praticien a porté un diagnostic de phlegmatia alba dolens évoluant sur un mauvais terrain cardiaque et rénal (Allais souffre d’œdèmes depuis plusieurs années). Le médecin conseille le repos complet, avec une immobilisation prolongée et un régime de désintoxication. Observant scrupuleusement les prescriptions, tout au moins les dix premiers jours, Allais reste alité, depuis le début d’octobre, au Britannia Hôtel, 26 rue d’Amsterdam, face à la gare Saint Lazare (« Garcin Lazare », aurait dit son ami Curnonsky). Il occupe, dans cet hôtel meublé, une chambre au premier étage.
Les lettres qui suivent éclairent la véritable cause de la mort d’Allais : une phlébite mal soignée, qui se compliqua d’une embolie pulmonaire massive au matin du samedi 28 octobre 1905 (mourir d’une phlébite est une fin singulière pour cet écrivain à la veine inépuisable). Ces lettres, manuscrites, sont au nombre de sept (leurs enveloppes n’ont pas été conservées) et, selon l’habitude de leur auteur, non datées. Nous avons tenté de les présenter dans un ordre chronologique – avec une certaine marge d’erreur – à partir des éléments qu’elles contiennent et d’une lettre qu’Allais adressa à sa mère le 23 octobre 1905. Cette correspondance, qui s’échelonne sur une période recouvrant les trois dernières semaines précédant la mort de l’épistolier, met un terme définitif aux rumeurs colportées par des proches (comme la famille Guitry), selon lesquelles Alphonse Allais se serait suicidé.…
Après une première série de quatre lettres d’au moins trois pages chacune, antérieures au 24 octobre, les trois dernières ne comportent qu’une page et ont manifestement été rédigées avec difficulté, dans un style télégraphié, et avec une écriture chancelante. La première et la sixième ont été écrites sur papier libre, la cinquième sur un papier à en-tête du Buffet de la gare Saint Lazare, les autres sur un papier à lettres du Britannia Hôtel.