
Hélène Picard et le tournoi des poétesses
Nicole Laval-Turpin/les poétesses
J.-J. Lefrère/ EPhraïm Mikhaël
Guy Ducrey/pantoufle et soulier
Jean-Louis Jeannelle/maison de Balzac
L. Doumens et S. Vachon/la Vendetta
Le 16 mars 1908, le Mercure de France se fait l'écho d'une " revue " en trois actes donnée aux Bouffes-Parisiens. Mistinguett y chante les louanges goguenardes de ses contemporaines en quête d'éclat, sur l'air de Vas-y donc Mélina :
Toutes les connaissances De maman, ce jour-là Vous font des conférences : On s'croit à Femina. On y cause, on y fume ; Chaqu'mardi, voyez-vous, Toutes les femm's de plume Taill'nt des bavett's chez nous. […] On lit des vers C'est beau, mais cher, Pour moi, je n'sais Jamais d'qui c'est. Il y en a tant ! C'que j'sais pourtant, C'est qu' lorsqu'on baille, C'est du Noailles. Tout's ces dam's-là, Écriv'nt des tas D'chos's qu'on n'lit pas. Elles font dans Femina, Femina, Des romans féminins, féminins, Quel talent ! Mes enfants ! Chaqu' roman d'Femina, Femina, Est très beau, mais il n'a, mais il n'a Pour lecteur Qu'son auteur !…Qui sont donc ces modernes précieuses, un peu malmenées ici par le biais d'un magazine à succès de l'époque ? Qui sont ces ambitieuses auxquelles la critique masculine, dans un accès, peut-être, d'honnête dépit, consacra bien des essais ? En 1909, Jules Bertaut ouvre le sien sur ce constat : " Le succès de la littérature féminine actuelle a été foudroyant . " À la même époque, afin de donner la mesure du phénomène, Paul Flat annonce que la femme de lettres existe désormais comme " un fait collectif, un fait social ".
