Arnaud Laster

 

 

HL 17

 

ND de La Garde/2004

Entretien/Deguy

Murphy/Rimbautographe

Le Roux/Eluard

Laster/Bicentenaire Hugo

Guichon/Roux-Rennéville

Macé/Fabula

Oberhuber/Bibliothèque Marguerite-Durand

 

 

 

 

 

 

 


 

31 juillet 2001. Je n’ai pas voulu manquer le coup d’envoi (peut-être involontaire) des célébrations du bicentenaire ; il a lieu à Montpellier, qui a programmé deux opéras inspirés de Hugo : Notre-Dame de Franz Schmidt, aujourd’hui, et, en décembre, Marion Delorme de Ponchielli (Delorme et non de Lorme, comme Hugo a orthographié le nom de la courtisane amoureuse) ; en version de concert seulement, mais ce sont loin d’être des piliers du répertoire et il faut s’estimer heureux d’une telle initiative. Première utilité des anniversaires : redonner vie à des œuvres négligées. Lors du centenaire de la mort de Hugo, en 1985, dans un colloque sur Le Rayonnement international de Victor Hugo, j’appelais de mes vœux la résurrection de Notre-Dame de Franz Schmidt (ainsi que celles de La Esmeralda de Louise Bertin et de Quasimodo de Pedrell). J’eus, en 1988, le plaisir de voir sortir un premier enregistrement mondial de l’opéra de Schmidt, défendu par de très grandes voix : Gwyneth Jones (en Esmeralda), James King (en Phoebus), Horst Laubentghal (en Gringoire), Hartmut Welker (en Frollo) et Kurt Moll (en Quasimodo). Les actes du colloque ne parurent – sans révision du texte des communications – qu’en 1990. Ils firent l’objet d’un compte rendu plutôt favorable d’un collègue allemand, mais le recenseur, se croyant sans doute très malin, me reprocha d’avoir ignoré un enregistrement… encore à venir lorsque j’avais exprimé mon souhait ! Parmi les interprètes d’Esmeralda à la scène, je relève le nom de Julia Migenes-Johnson, qui a été idéalement Carmen dans le film de Francesco Rosi. Occasion de rappeler le rôle probable, dans la genèse de la gitane de Mérimée, de celle qui passe pour telle dans le roman de Hugo et dont l’origine « égyptienne » (gypsy) n’est même pas mise en doute dans son livret pour Louise Bertin.


13 septembre. Comme l’Opéra de Montpellier, celui de Paris célèbre Hugo avec quelques mois d’avance en reprenant la très bonne mise en scène de Rigoletto par Jérôme Savary dans les beaux décors tournants de Michel Lebois et, à partir du 3 octobre, le spectaculaire ballet de Roland Petit, Notre-Dame de Paris, qui doit une bonne partie de sa réussite à la musique de Maurice Jarre, rythmée, riche en percussions et d’une belle générosité lyrique. Elle avait tellement séduit Janine Prévert, femme de Jacques, qui avait été danseuse et que nous avions amenée voir le ballet au Palais des Congrès, qu’elle était disposée à accorder au compositeur le droit de faire des Enfants du paradis un spectacle musical… Et pourtant cette reprise ne bénéficiait pas de la présence vivante des musiciens, qui manque tant, depuis sa création, à la Notre-Dame de Paris de Plamondon et Cocciante, de nouveau à l’affiche en cette rentrée.


26 octobre. Théâtre de Saint-Maur-des-Fossés. Mangeront-ils ?, mis en scène par Michel Dury. Conjonction de fidélités : celle du directeur de ce théâtre de banlieue, Daniel Royan, à Hugo, du metteur en scène à une pièce qu’il a jouée naguère dans cette même salle, de Nell Raymond au rôle de Zineb qu’elle incarnait déjà en 1974 au théâtre de l’Athénée, au côté d’Olivier Hussenot, dans une représentation heureusement captée par la télévision. On la retrouve avec bonheur et on apprécie l’effort de toute la troupe pour faire entendre le texte de la comédie la plus poétique peut-être du répertoire français. Jean-Pierre Savinaud compose Mess Tityrus avec une subtilité digne de ce « neutre à fond hostile », qui se délecte de la bêtise du roi. Michel Dury donne de ce dernier une image très différente de celle qu’offrait Hussenot : à la nervosité et à l’hyperactivité de celui-ci, il substitue une figure ahurie, plus bête encore que méchante, de pantin redoutable mais manipulable. Des étudiants que j’ai convaincus de venir découvrent avec émerveillement Le Théâtre en liberté.

A la recherche de Victor Hugo

Journal d’un spectateur du bicentenaire