Élise Michel n'était pas tout à fait une inconnue en son temps : elle publiait dans de grands journaux et bénéficiait du soutien de personnalités littéraires. Elle écrivait à la fois pour vivre et, comme elle le déclarait à Zola, " par besoin, et par incapacité de faire autre chose ". Ses romans ont été décrits par un de ses contemporains comme étant " bien menés, attachants et écrits d'un style ferme qu'on croirait plutôt d'un homme que d'une femme ". Le tome 14 (1901) du Catalogue général de la librairie française de Lorenz donne quelques renseignements sur elle : " Dalvy (Jean), pseudonyme de Mme Élise Michel, membre de la Société des gens de lettres, née à Nîmes en 1861 " (on ne retrouve cependant aucune mention d'elle dans les registres d'état-civil de cette ville).

Élise Michel épousa un homme de lettres. Ses lettres à Zola font allusion à ce mari dont la santé délicate semble la tourmenter. Nous apprenons aussi, par sa correspondance, qu'elle habita Caen pendant une période indéterminée, puis monta à Paris et s'installa, définitivement semble-t-il, en Seine-et-Marne à partir de 1900. Femme de lettres prolifique , elle confiait à Zola en 1891 qu'elle avait déjà " livré sept [romans] de trois cent cinquante pages et vingt-trois nouvelles ". Membre de la Société des Gens de lettres - adhérente en 1891, sociétaire en 1894 -, elle collabora avec des écrivains aujourd'hui bien oubliés, comme l'auteur dramatique Albert Monniot ou le marquis de Saporta. Dans sa correspondance avec Zola, elle mentionne à plusieurs reprises une " affaire que [lui] fit la Société des Gens de Lettres " et la façon dont Zola, qui présida cette Société à diverses reprises, prit sa défense. Malheureusement, aucun document n'a été retrouvé sur cette affaire dans les dossiers de la Société .