De nouveau du nouveau sur Gisèle d’Estoc, amante de Maupassant

 

Melanie C. Hawthorne

 

Dossier Maupassant

Benhamou-Honnorat/Dossier 1718

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Walbecq/documents

Oberlé/une épistole

Johnston/3 billets

Chadoqueau/plagiat

Goujon/inédits

Hawthorne/Gisèle d'Estoc

 

Pichois/Colette et sa fille

Chevrier/Desnos dans la presse

Entretien Annie Le Brun

Morel/Ubu aux Gueules de Bois

Sigu/Bibliothèque Firestone

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les interrogations sur l’identité de la mythique Gisèle d’Estoc ne semblent pas vouloir disparaître. Au contraire, plus on en apprend sur son compte, plus le mystère s’épaissit. Toute révélation provoque un nouveau débat sur cette femme de lettres énigmatique qui fut l’amante de Maupassant et, ce que l’on sait moins, de Rachilde. Un temps, on l’accusa d’être responsable de l’explosion du restaurant Foyot – attentat qui, le 4 avril 1894, blessa Laurent Tailhade (l’explosif ayant été dissimulé dans un pot de fleurs, on crut y déceler une duplicité féminine). Les ennemis de Tailhade étant bien connus, le nom de Gisèle d’Estoc fut prononcé, malgré les protestations d’innocence de celle-ci. Il fallut pourtant attendre plus d’un siècle pour avoir une quasi confirmation de cette innocence : en 1997, Gilles Picq révéla l’acte de décès de Gisèle d’Estoc, qui montre que la dame, de son vrai nom Paule Courbe, décéda à Nice le 8 mai 1894. Ce document rendait vraisemblable la déclaration de son ami Louis Pillard d’Arkaï, faite le 20 ou le 25 avril 1894, selon laquelle Gisèle d’Estoc se trouvait « gravement malade », et ce « depuis des mois ».
La déclaration de décès, faite par Pillard d’Arkaï et enregistrée à Nice le 9 mai, révèle à la fois l’identité de Gisèle d’Estoc et sa date de naissance. C’est du moins ce qu’on pourrait croire. Comme l’a observé Gilles Picq, puisque l’acte précise que Paule Courbe est morte à 35 ans, « la date de naissance de Gisèle se trouve ramenée à 1859 ». Or le même chercheur indique que, « vérification faite à l’état civil de Nancy, il n’y a pas de Paule Courbe née dans une fourchette comprise entre 1858 et 1860 ».
Faut-il dès lors en revenir aux dires d’Armand Lanoux, qui avançait en 1967 que Gisèle d’Estoc s’appelait en réalité Marie-Élise Courbe et qu’elle était née à Nancy le 9 août 1863 ? Lanoux s’était intéressé à Gisèle d’Estoc en raison de ses relations avec Maupassant. Comme il le remarquait lui-même, faire naître Gisèle en 1863 posait un problème de chronologie. On en était à peu près resté là, avec, de la part des biographes, quelques contorsions pour concilier ce que l’on croyait savoir des origines de la dame. Ainsi, quand Gilles Picq relatait l’histoire de la passion (adolescente) de Gisèle d’Estoc pour sa consœur « Marie-Edmée X… », il se trouvait contraint d’écarter l’explication la plus évidente, à savoir que Marie-Edmée X… n’était autre que Marie-Edmée Pau, sœur d’un général célèbre. De fait, si l’on acceptait l’année 1863 comme date de naissance, Gisèle/Marie-Élise n’aurait eu que huit ans à la mort de l’objet de sa passion, alors que la photographie du couple publiée par Pierre Borel dans son Maupassant et l’androgyne montre clairement deux jeunes femmes. Gilles Picq avançait donc, de manière peu convaincante, le nom d’une remplaçante : Marie-Henriette Pau.