


Ce poème inédit de Fargue, dont nous avons pu acquérir le manuscrit, pose divers problèmes qu'il n'est pas aisé de résoudre. Il provient des papiers d'Apollinaire et a figuré sous le n° 86 à la vente de papiers du poète faite à l'Hôtel Drouot le 25 juin 1986 (G. Martin exp.). Non signé, rédigé à l'encre sur les deux côtés d'une feuille de papier écolier de format in-4°, il porte en tête, de la main d'Apollinaire, cette mention d'auteur : par Paul Fargue. L'écriture de ce dernier s'est un peu, avec le temps, décolorée.
Esquisse. Que l'aube emmêle le vent neuf Dans l'arbre où se peigne la lune Et qu'elle réveille la mare Pâle comme la fleur des prunes Où d'étranges insectes tremblent Sensibles comme des balances Sur un vieux nuage qui dort ; Que l'aube apporte sa laitière Et qu'elle joue aux quatre coins Dans les villes de nostalgie, Aux carrefours ornés de glaces Qui attirent de vieux regards Subtils du fond des lointains graves, Que les rats qui roulent sans cri D'un arbre à l'autre, sur leurs grilles, Au ruisseau que l'heure pâlit, Traversent votre ombre grandie, Lorsque les choses vous regardent Aussi vite qu'on les regarde… [...]
Nous remercions M. Laurent de Freitas, petit-neveu du poète, de nous avoir autorisé à publier cet inédit.


