A l'odyssée du Transsibérien répond, dans l 'oeuvre de Cendrars, l'évocation du Panama, comme si, là l'aventure du jeune Freddy Sauser, répondaient rétrospectivement celles de ses sept oncles. En fait, la genèse des deux poèmes fut quasiment concomitante, comme le montre la série de quatre manuscrits et des épreuves du Panama qui ont fait, voici quelques années, l'objet d'une étude fort précise de Charles-Fernand Sunier. Toutefois, ce dernier n'ayant pu en recopier certains feuillets ou certaines parties, nous désirerions apporter quelques compléments à sn article, ayant eu la chance d'obtenir communication de ces manuscrits de la part de leur actuel propriétaire.

Tout d'abord, on trouvera ici reproduit le portrait au crayon de Cendrars par Hayden, daté de 1919 et qui semble inédit. Portrait linéaire assez naturaliste et qui a le mérite de donner une image du poète peu après la publication du Panama, justement. D'autre part, Sunier se proposait surtout de transcrire certains extraits du manuscrit, qu'il présentait brièvement en prenant soin de s'effacer le plus possible derrière les textes. Nous essaierons de faire quelques observations et réflexions qui pourront, d'une certaine manière, servir de prolongement à cet article véritablement pionnier. En premier lieu, l'examen de cet ensemble monte que la gestation du Panama fut assez longue, car elle s'étala d'octobre 1912 à 1918. Plus exactement, le poème tel que nous le connaissons était pratiquement mis au net en juin 1914.