Lettres inédites d'Edouard Dubus

 

 

 

 

Lévi-Valensi & Bartfeld/Camus

Murphy, Cauvin & Lefrère/ Stupra

Riffaud/Vercors

Hélard/Chapuzot

Goujon/Dubus

Daulnay/Bernstein

Lassalle/vente Breton

Entretien / Gillois

Vaugeois/"Billy Record"

Marchal & Lecourt / Musée Mallarmé

Saint-Gérand/GDU portatif

Goldenstein/GDU portatif

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

" Grand, mince, sanglé dans des redingotes impeccables, il promenait à travers la vie une face blême et glabre, assez ressemblante à celle du Gilles de Watteau et que trouaient de petits yeux scintillants d'esprit, dont le gauche s'encadrait d'un verre à vitre. " Ce portrait d'Édouard Dubus par son ami Adolphe Retté n'est nullement contredit par les trois effigies que nous connaissons de lui : deux photographies, prises respectivement en 1887 et 1889, et un dessin de Maurice Baud, datant de 1891 . La personnalité de Dubus, mort à 31 ans en 1895, avait frappé nombre de ses contemporains, de Verlaine à Tailhade. De nos jours, on ne cite plus guère, il est vrai, que le titre - assez verlainien, quoiqu'inspiré de Heine - de son unique recueil de vers, Quand les violons sont partis. Mais ces poèmes parfois un peu mièvres n'expriment finalement qu'une facette de Dubus, lequel en avait beaucoup, et fort diverses. Pince-sans-rire, épris d'expériences poétiques et de recherches artistiques, féru de lapins mystiques et d'occultisme, il incarna, et peut-être de façon exemplaire, un moment bien particulier du Symbolisme, celui où se côtoyaient les proses moroses de Gourmont, les articles de G. Albert-Aurier, les premiers poèmes d'Henri de Régnier et de Paul Roux (futur Saint-Pol-Roux), l'anarchisme de Darien, les imprécations de Bloy et les fastes de la Rose+Croix de Péladan.

Né en 1863 à Beauvais , Dubus termina ses études secondaires à Sainte-Barbe, puis s'inscrivit à la Faculté de Droit de Paris. Il devint donc, tout comme son ami Aurier (lequel n'exerça cependant jamais), avocat. Mais, très tôt, la littérature et le journalisme l'attirèrent lui aussi, et il se mit à collaborer aux petites revues et à écrire dans les journaux les plus divers, voire les plus opposés, tant il semble avoir souvent changé de " convictions " politiques. Vers 1892, il était, sur la recommandation, dit-on, de Huysmans, entré comme rédacteur auxiliaire au ministère de l'Intérieur, à la Direction de l'Assistance publique, sous les ordres de M. Monod, dont il était également le bibliothécaire .