



INVENTAIRE
Répertoire 1801-1899
1801 : R. de Chateaubriand, Atala ou les amours de deux sauvages dans le désert, Migneret (210 p.). " Il n'y a point d'aventure dans Atala. C'est une sorte de poème moitié descriptif, moitié dramatique " (préface). Le texte est qualifié d'" anecdote " dans la préface.
1802 : La Bulle d'Alexandre VI, nouvelle imitée de l'italien de Casti, Dabin (19 p.). Nouvelle en vers amusante : le pape édicte que le sexe féminin est insensible !
1805 : R. de Chateaubriand, Atala. René, Le Normand (331 p., 2 textes). Première parution collective des deux textes. Atala est à présent qualifié dans la préface d'" anecdote indienne ".
1807 : S. Arnoult, Zirza, histoire orientale tirée des Annales récentes de la Perse, suivie du Malheureux imaginaire, Préchet (288 p., 2 textes). En dépit de l'étiquette d'" anecdote ", ce sont deux longues nouvelles (la seconde fait 150 pages) sentimentales et romanesques.
1812 : Trois nouvelles par l'auteur d'Agnès de Lilien, traduites de l'allemand, Paschoud (2 vol., chacun de 257 p.). Trois longues nouvelles sentimentales et morales.
1814 : E.F. Bazot, Nouvelles parisiennes ou les mœurs modernes, Déterville (3 vol., 340 p., 338 p., 292 p., 27 textes). Nouvelles morales (Le Mari comme il y en a beaucoup, L'Épouse comme on n'en trouve pas). L'Essai sur les nouvelles (I., pp. 15-60) est, à ma connaissance, le second texte théorique sur la nouvelle (après celui de A.H. Dampmartin, Des Romans, en 1803 : voir le premier répertoire). Il atteste que, dans l'esprit des auteurs de l'époque, la nouvelle est bien considérée comme un genre distinct du roman et qu'elle a une histoire. L'auteur est aussi le premier à avoir utilisé le terme de " nouvelliste " pour l'opposer à celui de " romancier ".
1817 : E. Paccard, Edelmon et Lorédan, suivi des Tableaux de l'amour honnête et vertueux (2 vol., 188 p., 185 p., 7 textes). Nouvelles morales (Louisa ou le prix de la sagesse, Volnérie ou l'épouse orgueilleuse, Ismaël et Athalide ou les Arabes du désert).
1820 [Mlle de Lhéritier de Villandon], Amour, orgueil et sagesse par l'auteur des Veillées d'une captive [1818] suivi de plusieurs nouvelles, Ponthieu (2 vol., 235 p., 216 p., 5 textes). Nouvelles morales (Le Sauvage de l'Aveyron, Isaure, nouvelle languedocienne).
Contes, nouvelles et historiettes, Bertrand (2 vol., 242 p., 288 p., 25 textes de Mmes de Genlis, Beaufort, Dufresny, M. LC.L.). " Nouvelle " renvoie à des textes vrais (Les Deux veuves, Le Fou par amitié) et " conte " à des textes " fantastiques " (La Tablette magique, conte moral ; Elfrid ou le miroir, conte de fées imité de l'anglais ; La Plume magique, conte oriental) ; " historiette " est rare (Les Etrennes, historiette). L'idée de brièveté est dès le départ suggérée par d'autres termes (La Récréation, scène dramatique ; L'Orphelin, scène pastorale ; L'Ingratitude, trait d'histoire).
1821 S. Arnoult, Six nouvelles, Rosa (2 vol., 308 p., 335 p., 6 textes). Placés tout à la fois sous le signe de Marmontel (le conte moral) et de Florian (la nouvelle sentimentale), des nouvelles situées dans divers lieux (Les Emigrés, nouvelle polonaise ; Gentil hussard, nouvelle prussienne ; Le Pauvre riche, nouvelle bordelaise ; Une conversation, nouvelle parisienne), à des époques lointaines sur fonds historique (Isabeau de Bavière, nouvelle historique) ou contemporaines. Quatre longues nouvelles avoisinant les 150 pages.
Trois nouvelles par M. de C.D., Dentu (196 p., 3 textes). Nouvelles historiques (Le Démon des Appenins ou les Guelfes et les Gibelins ; Ancienne chronique et histoire véritable tracée dans les archives d'une grande maison d'Italie ; L'Horoscope ou Isabelle de Maroc, anecdote historique).
1822 : [J.C.F.L. Ladoucette], Nouvelles, contes, apologues et mélanges, Fantin (3 vol., 360 p., 365 p., 362 p., 17 textes narratifs sur 43). Douze nouvelles sentimentales et romanesques (Alphonse et Tanzie, nouvelle chinoise ; Les Aventures de Rosette, nouvelle indienne ; Séphaé, nouvelle persane ; Le Comte de Hansen, nouvelle française). " Conte " désigne deux contes moraux et deux textes en vers. Le volume III mêle apologues et mélanges. Une longue nouvelle : Alphonse et Tanzie, nouvelle chinoise (120 p.).
1823 Mme de Genlis, Les Veillées de la chaumière, Lecointe (2 vol., 180 p., 183 p., 15 textes). Nouvelles morales pour la jeunesse placées dans un cadre. Une fête paysanne : " Ce sont des paysans qui content la plupart des histoires, l'un est jardinier : mais d'un grand genre [sic] ", I, préface.
[Taillandier, A. L.], Nouvelles, Masson (254 p., 8 textes). Nouvelles sentimentales et morales, sous le signe de Marmontel et de Florian. Quatre textes sont traduits de l'anglais (Henri Mackenzie ?).
1824 : Mme de Genlis, Les Prisonniers, contenant six nouvelles et une notice historique sur l'amélioration des prisons, Bertrand (367 p., 5 textes). " À Chateaubriand, ministre des relations extérieures ". Nouvelles morales placées dans un cadre.
1826 : S. Doin, Cornélie, nouvelle grecque, suivi de six nouvelles religieuses, morales et philosophiques, Désange (224 p., 7 textes). " Philosophique " ? Parce que les textes traitent de racisme et de la traite des noirs.
1827 : R. de Chateaubriand, Atala. René. Le Dernier des Abencérages, Ladvocat (2 vol., II = 235 p., 3 textes). Première édition collective des trois textes. Ed. consultée : Paris, Ledentu, 1830, 258 p. : Atala, pp. 3-123, René, pp. 127-180, Le Dernier des Abencérages, pp. 187-258 (avec les préfaces de 1801, 1805). Dès la fin du XIXe siècle, les textes ne sont plus tenus pour des nouvelles. Ainsi, dans l'avertissement d'une réédition (Lemerre, 1879), Anatole France écrira : " En publiant aujourd'hui trois romans de la jeunesse de Chateaubriand… "
1828 Antiboul, La Sultane Cachicachia, nouvelle orientale, Mongie (154 p.). Longue nouvelle historique (" j'ai pensé que la traduction d'une anecdote orientale qui rapporte une époque fameuse de l'histoire de la Turquie, serait lue avec avidité par les nombreux partisans de la Porte Ottomane ", préface).
Doin, S., Nouvelles blanches et noires, par l'auteur de Cornélie, nouvelle grecque, Désanges (234 p., 8 textes). Edition augmentée du recueil de 1826.
1829 [S. Arnoult], Le Comte de Charny, Delaunoy (199 p.) Longue nouvelle historique.
P. Fr. Camus dit Merville, Contes et nouvelles (2 vol., 208 p., 308 p., 3 textes). " Conte " renvoie à des nouvelles morales (L'Adultère), " nouvelle " à des nouvelles historiques (Les Oubliettes, La Renaudie). Une longue nouvelle (169 p.)
1830 : Album littéraire, recueil de morceaux choisis de littérature contemporaine, Jamet (321 p., 21 textes narratifs sur 45). Deux nouvelles fantastiques : La Partie d'échecs du diable, nouvelle neustrienne de S.H. Berthoud (un moine joue aux échecs avec le Diable), L'Inconnue (anonyme). Premières parutions de Sanchez, fragment historique d'E. Sue, du Fusil enchanté de Mérimée.
1831 H.S. Berthoud, Contes misanthropiques, Nerdet (404 p., 30 textes). Nouvelles sentimentales et morales datées : Le Fou, nouvelle ferraraise, 1586, Le Bossu, histoire espagnole, 1633 ; Le Madrigal, anecdote française, 1672. Quinze textes s'inscrivent dans une réalité contemporaine : Le Châtiment, aventure française, 1815 ; Le Mendiant, aventure française, 1822 ; L'Actrice, aventure française, 1826 ; La Gitane, nouvelle catalane, 1829 ; Le Récit du vicaire, 1830.
Album de la jeunesse, Janet (281 p., 23 textes narratifs sur 33). Nouvelles sentimentales et romanesques (Le Brigand, nouvelle de Mme de Briadi). Première parution de L'Enlèvement de la redoute de Mérimée.
1832 : Le Salmigondis, contes de toutes les couleurs, Fournier, t. I (424 p.10 textes), t. II (434 p., 10 textes). T. I : collectif en dix volumes : " Salmigondis veut dire un peu de tout et en même temps un peu de tout le monde, c'est-à-dire un peu de tout ce qui est décent, honnête, de bon style et de bonne compagnie, un peu de tous ceux qui ont un nom et une plume honorable, qui ont horreur des longs ouvrages et qui font plus facilement dix fois le quart d'un volume qu'un volume tout entier " (préface). Sauf D'Heureux jours en 93, Souvenirs et L'Ile des fleurs, nouvelle de Sand, des nouvelles à coloration sombre : La Cheminée gothique, tradition italienne d'A. Brot, La Danse des morts, nouvelle de Ch. Rabou (nouvelle fantastique dans un cadre), Épisode de la vie d'un pacha, nouvelle d'E. Disaut. Première parution d'un des textes les plus célèbres de Balzac (sous un titre différent) : Le Comte Chabert, nouvelle. T. II : toujours la même coloration sombre. Une longue nouvelle : Le Portrait de Napoléon d'après W. Hauff (109 p.). Une aventure de Shakespeare. 1593 de Jean-Paul (avec la reine Elisabeth).
1833 P. Mérimée, Mosaïque par l'auteur du théâtre de Clara Gazul, Fournier (439 p., 7 textes narratifs sur 11). A côté de romances, une correspondance, une saynète, des textes narratifs parus en revue entre 1829-1830. Si les sujets de Mateo Falcone et de Tamango sont dans les mémoires, les autres textes mériteraient d'être mieux connus : Vision de Charles XI, L'Enlèvement de la redoute, Federigo, Le Vase étrusque, La Partie de trictrac. Placées ou non dans un cadre, les nouvelles reposent sur le caractère d'exception conféré au sujet, qui compense, par l'intérêt qu'il suscite, par le paroxysme dramatique, par la chute, le petit nombre de pages.
Le Livre des conteurs, Allardin (4 vol., 428 p., 410 p., 415 p., 25 textes). T. I (5 textes) : collectif précédé d'une préface, La Pléiade des conteurs. Nouvelles sentimentales et morales (Riche et pauvre de Saintine), dont deux longues (Une demoiselle de compagnie, nouvelle de M. Ancelot, 137 p.). T. II (7 textes) : nouvelles dramatiques. Nouvelles fantastiques : Le Loup-garou, superstition du Berri de P.L. Jacob, et Trésor des fèves et des bois de Nodier. T. III (7 textes) : nouvelles sentimentales : René-Paul et Paul-René, conte philosophique de E. Deschamps. Nouvelles sociales : L'Honnête homme de M. Masson, Catherine de J. de Rességuier. Une joute d'A. Dumas. T. IV : une nouvelle fantastique, Ugolino, légende musicale d'A. Block. Une longue nouvelle : Charlotte de Leymon, nouvelle d'Ancelot (124 p.). Le Salmigondis, contes de toutes les couleurs, Fournier, t. IV (439 p., 9 textes). Deux nouvelles fantastiques : Maurice Adair ou le ton merveilleux, légende irlandaise du Prince Muska, La Wivre, légende populaire de H. Martin.
1834 L'Amulette. Etrennes à nos jeunes amis, Renduel (326 p., 23 textes narratifs sur 27). Textes signés de noms qui vont être à la mode (Fr. Soulié, L. Gozlan, E. Sue) et par les habituels pourvoyeurs de collectifs (P.L. Jacob, S.H. Berthoud, J. Lacroix). On détachera Le Souffre-douleur d'Eugène Guinot, un auteur qui n'a jamais publié de recueils mais dont l'imagination, fantastique, cruelle, tranche. Première parution du Nid de rossignols de Th. Gautier.
Le Livre des conteurs, Lequien, t. V (378 p., 7 textes). Nouvelles historiques, sentimentales et romanesques : Une journée de dupes de Mme Tastu, Un duel en prison d'Angleterre d'Ed. Corbière, Une reine du douzième siècle de M. de Villemarest.
1835 P.L. Jacob, Le Bon Vieux Temps, suite des Soirées de Walther Scott (2 vol., 331 p., 374 p., 10 textes). Suite, moins intéressante, du premier recueil (1829) : voir le premier répertoire. Des scènes historiques et chroniques des années 1421 aux années 1614. Deux longues nouvelles, dont La Servante.
A. de Vigny, Servitude et grandeur militaires, Nonnain, Magen (460 p., 3 textes). À première vue, l'oeuvre n'offre rien du recueil habituel de nouvelles de l'époque. Elle est divisée en trois livres. Le I (pp. 5-108) comprend trois longs chapitres d'introduction, puis un récit, Laurette ou le cachet rouge. Le II (pp. 113-226) ne comporte plus qu'un chapitre d'introduction de quelques pages (Sur la responsabilité), suivi d'un deuxième récit, La Veillée de Vincennes. Après l'introduction du III (pp. 231-403), encore plus courte et qui n'est même plus titrée, vient un dernier et long récit, La Vie ou la mort du capitaine Renaud ou la canne de jonc.
Le Livre des conteurs, Lequien, t. VI (351 p., 4 textes). Nouvelles sentimentales (J. Sandeau, Le Jour sans lendemain). Deux nouvelles sont placées dans un cadre. Première parution de Melmoth réconcilié de Balzac (une longue nouvelle : 129 p.).
1836 L. Guérin-Dulion, Vieilles et nouvelles Histoires, Levasseur (362 p., 9 textes). Nouvelles sentimentales et romanesques qui se passent à une époque éloignée (1692 : Aymard, le sorcier, tradition lyonnaise, Mazarin et d'Artagnan : Un Ministre d'autrefois), contemporaine (1809-1810 : Une scène intime dans la vie de l'empereur, en 1833 : Monsieur le notaire, Un vieil hôtel de la rue Saint-Antoine).
Fr. Soulié, Un été à Meudon, Lévy (315 p., 8 textes). Un titre général (le lieu de rédaction du volume) pour désigner des histoires situées à une époque éloignée (XVIIe siècle : La Nièce de Vaugelas, Le Rêve de Villebois, du temps de Pierre le Grand), des histoires dramatiques contemporaines : La Grille du parc, Tragédie bourgeoise. Deux nouvelles sont placées dans un cadre.
1837 : Mme Amable Tastu, Prose, Allardin (2 vol., 332 p., 356 p., 14 textes). Nouvelles sentimentales et morales : La Guirlande, conte de village, Trop tard, conte d'aujourd'hui, L'Expérience ou le remède contre l'ennui (" cette nouvelle est traduite de l'anglais ").
1838 [H. Corme], Nouvelles et esquisses de moeurs, Donan (222 p., 10 textes). Une nouvelle sociale (L'Indigent).
P. de Kock, Nouvelles. Mœurs parisiennes, Barba, t. III (197 p., 2 textes). Nouvelles plutôt plaisantes : sur les embarras de circulation aux heures d'affluence à Paris (La Main perdue), une femme croit à l'infidélité de son mari (Un secret). Une longue nouvelle : La Main perdue (153 p.).
1839 Th. Gautier, Une larme du diable, Desessart (376 p., 6 textes). Première édition, partielle, du volume de Nouvelles de 1845. Le titre général rassemble La Chaîne d'or ou l'amant partagé, Omphale, Le Petit Chien de la marquise, Le Nid de rossignols, La Morte amoureuse, Une nuit de Cléopâtre.
Stendhal, L'Abbesse de Castro, Dumont (329 p. 3 textes). Le seul recueil publié par l'auteur de son vivant [voir 1855 (avec Vittoria Accorambi, duchesse de Bracciano, Les Cenci)].
1842 T. Doudey de Santeny (Philothée O'Neddy), Histoire d'un anneau enchanté, roman de chevalerie, Boulé (46 p.) " Les Mille et un Romans, Nouvelles et Contes ". Nouvelle fantastique en quatre parties (Les Deux Talismans, Le Camp des Avares, L'Oeuf du serpent, L'Amour dans la mort) et un épilogue.
1844 J.C.F. Ladoucette, Nouvelles diverses, Dauvin et Fontaine (421 p., 10 textes). Edition partielle du recueil de 1822 (Nouvelles, contes, apologues et mélanges) : 10 sur 17. Seules les " nouvelles " ont été retenues, ce qui explique la suppression des autres termes dans le titre du recueil.
Ed. Ourliac, Nouvelles diverses, Waile (407 p., 10 textes). Nouvelles diverses, plutôt touchantes, par les lieux et les époques : la Révolution, les Indes, Madagascar (Les Phyllophages), la Bretagne en 1794 (Le Chemin de Kéroulaz).
Les Trois Nouvelles par les sommités littéraires, A l'Agent Général des Editeurs (140 p., 3 textes signés par A. de Lindall, Th. Alphonse Bayle, et ?). Une nouvelle historique (Une courtisane), une nouvelle amusante (Les Journalistes), une nouvelle sentimentale (Le Condamné politique). Les auteurs restent de parfaits inconnus.
1845 Marceline Desbordes-Valmore, Huit femmes, Chlendowski. Nouvelles sentimentales qui se passent aux Antilles, en Suède, en Écosse, à Londres, en particulier : Katherine, histoire dramatique qui tient de la légende, L'Inconnue. Une curiosité.
Th. Gautier, Nouvelles, Charpentier (439 p., 9 textes). Quatre nouvelles fantastiques. Un fantastique étrange, terrifiant : Omphale, histoire rococo, La Morte amoureuse, un fantastique allégorique et poétique : Le Nid de rossignol. Un fantastique mythologique et légendaire : Le Roi Candaule. Les cinq autres nouvellles s'inscrivent dans un contexte réel. Deux sont des scènes de comédie : Le Petit Chien de la marquise, La Chaîne d'or, ou l'amant partagé. Les trois autres sont graves : Une nuit de Cléopâtre, La Toison d'or, Fortunio. Une longue nouvelle : Fortunio (152 p.)
. V. Hugo, Bug-Jargal, Le Dernier jour d'un condamné, Claude Gueux, Charpentier (355 p., 3 textes). Première édition collective de textes (dont deux longs) parus antérieurement : Bug-Jargal, Canel, 1826, 386 p. ; Le Dernier jour d'un condamné, Gosselin, 1829, 250 p. ; Claude Gueux, Evréat, 1834, 23 p. (in Revue de Paris).
A. de Pontmartin, Contes et rêveries d'un planteur de choux, Au bureau de la mode (260 p., 10 textes). Réunies sous un titre général peu explicable, des nouvelles sentimentales et romanesques, avec en toile de fond les guerres napoléoniennes, ou les années 1830-1835, où les protagonistes sont des aristocrates ou des artistes : L'Artiste en cage, L'Artiste en haîllons, L'Artiste inconnu.
Dix nouvelles morales et illustrées, Aubert (80 p., signées T. Castellani, E. Foa, Bazanville). Nouvelles morales.
1846 : Ch. Nodier, Contes, Hetzel (311 p., 9 textes). Si Nodier n'est pas responsable des étiquettes terminologiques de ses recueils (tous sont posthumes), il ne faut pas oublier cette déclaration tirée de la préface des Quatre talismans (1838). Cinq nouvelles fantastiques. Un fantastique féérique : Trilby ou le lutin d'Argaïl, nouvelle écossaise, La Fée aux miettes ; un fantastique légendaire et religieux : Légende de soeur Béatrix ; un fantastique moral : Le Songe d'or, fable lévantine ; un fantastique terrifiant, mais expliqué dans la lignée des écrivains anglais de la fin du XVIIIe siècle : Inès de las Sierras. Trois textes s'inscrivent dans une réalité quotidienne (Baptiste Montauban ou l'Idiot) ou étrange : La Combe de l'homme mort, La Neuvaine de la Chandeleur.
1850 : A. Dumas, La Femme au collier de velours, Lévy (2 vol., 234 p.). Précédée d'une longue préface sur la Bibliothèque de l'Arsenal, lieu de rencontre des Romantiques. Une des histoires fantastiques les plus célèbres du siècle (inspirée de l'Aventure d'un étudiant allemand de W. Irving).
1852 L. Reybaud, Nouvelles, Lévy (393 p., 4 textes). Recueil diversifé : une histoire de corsaires (Le Capitaine Martin ou les trois croisières), une histoire en Egypte (Les Aventures d'un fifre), une histoire en mars 1841 (Les Idoles d'argent). Une nouvelle placée dans un cadre (Le Dernier des commis-voyageurs). Deux longues nouvelles : 129 p. (16 chapitres), 283 p. (24 chapitres).
E. Souvestre, Scènes de la chouannerie, Lévy (252 p., 3 textes). Trois épisodes de guerre vus par un " partisan " (La Famille Chouan, Jambe-d'Argent et Monsieur Jacques, Le Sonneur de cloches). Un arrière fond-social : " Le sel, ce sucre du pauvre, comme l'a appelé notre grand poète Béranger, ne coûtait qu'un sou la livre en Bretagne. "
1853 Mme de Girardin, Nouvelles, Lévy (348 p., 3 textes). Une des nouvelles est restée célèbre en raison de son protagoniste : La Canne de M. de Balzac. Le troisième texte, Il ne faut pas jouer avec la douleur, conte les mésaventures d'un séducteur. Deux longues nouvelles de 133 p. chacune, assimilées souvent à un " roman ".
Pavie, Th., Scènes et récits d'outre-mer (472 p., 12 textes). Exotisme : Bataillon, histoire de la pampa ; Pépita, histoire de la pampa ; Rosita, histoire péruvienne ; Les Bardouches du Brahman, scène de la vie anglo-hindoue ; Une chasse aux nègres marrons. Une nouvelle fantastique, Yu-Ki le magicien, légende chinoise. Quatre nouvelles sont placées dans un cadre.
1854 A. Achard, Les Châteaux en Espagne, contes et nouvelles, Lévy (360 p., 6 textes). Nouvelles sentimentales, en 1837, en 1852. Singulier : La Traite des blondes. Une longue nouvelle : 184 p.
Ch. de Bernard, Nouvelles et mélanges, Lévy (284 p., 2 textes). Posthume. Nouvelles sentimentales (Le Veau d'or, La Femme gardée) d'un auteur jugé par son préfacier supérieur notamment à Balzac.
E. Deschamps, Réalités fantastiques, Henneton (92 p., 3 textes). Trois courtes nouvelles fantastiques : Biographie d'un lampion [du XVIIIe siècle] par lui-même, Un bal de noces, Mon fantastique. À noter l'idée de " réalité fantastique " que l'on retrouvera au XXe siècle chez Fr. Hellens avec ce titre : Réalités fantastiques.
J. Méry, Les Nuits espagnoles, Didier (400 p., 20 textes). Recueil placé dans un cadre : une société se réunit en juin 1847 dans le château d'un comte en Espagne (la seule justification du titre). Nouvelles romanesques, sentimentales, écrites sous le signe des étoiles : Vivre aux étoiles, La Belle étoile, La Planète et ses satellites, Les Etoiles nébuleuses, La Bonne Étoile.
G. de Nerval, Les Filles du feu, nouvelles, Giraud (336 p., 8 textes + Les Chimères). Dédié à A. Dumas. Trois nouvelles sentimentales : Angélique, Sylvie, souvenirs du Valois, Octavie. Singulier : Jenny, imité de l'allemand, Emilie. Une saynète : Corilla. Une évocation : Iris. Une longue nouvelle : Angélique (126 p.).
Stendhal, Romans et nouvelles, Lévy (311 p., 5 textes). Posthume. Contient : Armance (le seul texte à pouvoir être qualifié de " roman "), Mina de Vanghel, San Francesco a Ripa, Philibert Lescal, Souvenirs d'un gentilhomme italien.
1855 Mme Arbouville, Poésies et nouvelles, Amyot (3 vol., I : des vers, du théâtre ; 441 p., 421 p., 6 textes). Nouvelles morales d'inspiration religieuse. Le recueil est vendu au profit des Oeuvres de charité. Deux longues nouvelles : 116 p. et 208 p.
A. Karr, Histoires normandes, Librairie Nouvelle (304 p., 2 textes). Nouvelle sentimentale : Clotilde. Nouvelle sociale : Histoire de Rose et de Jean Duchemin. Une longue nouvelle : 244 p.
J. Méry, Les Nuits parisiennes, Lévy (351 p., 14 textes). Le titre général s'explique mal : quatre nouvelles se passent en Italie, une autre pendant la guerre du Bosphore en 1836. Six textes ne sont pas narratifs : des vers, des réflexions, des notes de voyage, sur le théâtre. Une nouvelle est placée dans un cadre. Nouvelles amusantes : Journal d'un humoriste, Les Lunariens.
Stendhal, Chroniques italiennes, Lévy (351 p., 7 textes). Posthume. Contient trois textes du recueil de 1835 : L'Abbesse de Castro, Vittoria Accoramboni, duchesse de Bracciano, Les Cenci + La Duchesse de Palliano, Vanina Vanini ou particularités sur la dernière vente de carbonari découverte dans les états du pape + deux textes non narratifs : Les Tombeaux de Corneto, La Comédie est impossible en 1836. Les Stendhaliens ont établi que l'auteur ne tire pas ses sujets comme il le prétend de documents historiques du XVIe siècle mais de textes de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Nouvelles dramatiques : L'Abbesse de Castro, Vittoria Accoramboni, Les Cenci, Vanina Vanini.
Stendhal, Chroniques et nouvelles, Librairie Nouvelle (324 p., 6 textes). Posthume. Contient L'Abbesse de Castro, Les Cenci, La Duchesse de Palliano, Vanina Vanini, Le Philtre, Vittoria Accoramboni, San Francesco a Ripa.
1856 A. Achard, Parisiennes et provinciales, Lévy (315 p., 5 textes). Nouvelles sentimentales édifiantes.
A. Daudet, Contes d'hiver, préface de F. Guillaume, Librairie Hobel (106 p., 2 textes). Fantastique allégorique : La Fête des toits. Evocation : Nuit de Noël dans un phare en Corse. La préface, signée F. Guillaume, plaide, avec des mots qui sont déjà ceux que d'aucuns utiliseront au XXe siècle, pour une forme de récit court, qui refuse la longueur.
A. Houssaye, Le Violon de Franjolé, Hachette (350 p., 11 textes). Nouvelles sentimentales et romanesques (en 1839, en 1837, mais aussi au XVIIIe siècle) : Le Violon de Franjolé, La Pantoufle violette avec comme références Greuze et Florian. Nouvelles fantastiques : Morte et vivante, Caroline Vanloo. Une nouvelle est placée dans un cadre : " je viens de retrouver, par hasard, un des plus charmants souvenirs de ma jeunesse. " Une longue nouvelle : 155 p.
1857 : Ch. Bernard, Le Paravent, Bureaux du Siècle (92 p., 5 textes). Coiffées d'un titre peu explicable, des nouvelles sentimentales : La Rose jaune, Le Vieillard amoureux.
1858 : Ch. Asselineau, La Double vie, nouvelles, Poulet-Malassis (295 p., 11 textes). Singulier : Mon cousin Don Quixotte, avec des histoires de fous : Le Mensonge, nouvelle musicale (en quatre temps : I. Introduction, II. Andante, III. Menuet, IV. Rondo), L'Enfer du musicien, des rêves : Le Plus beau temps de la vie, La Jambe. Nouvelle fantastique : La Seconde vie. Une nouvelle est une saynète : Le Presbytère ou le curé de l'embarras.
1859 A. Houssaye, Romans parisiens, Sartorius (287 p., 5 textes). Toute l'ambiguïté terminologique se lit dans la préface : " Si l'auteur n'avait craint d'effaroucher les imaginations romanesque, il eût appelé ses romans contes philosophiques ". Nouvelles sentimentales ou sociales : Le Repentir de Marion, Le Treizième convive. Une longue nouvelle : 137 p. (19 chapitres).
J. Janin, Les Contes du chalet, Lévy (358 p., 8 textes). Recueil placé dans un cadre. Nouvelles sentimentales situées dans des époques éloignées : 1654, XVIIIe siècle. Une nouvelle concerne l'actualité contemporaine, mais étrangère : Le Supplice du journaliste Lindhalh. Une longue nouvelle : 113 p.
E. Souvestre, Les Drames parisiens, Lévy (263 p., 3 textes). Singulier (très peu parisien) : Une femme célèbre, qui a connu Marie-Antoinette, la Révolution, l'Empire, qui suit Napoléon en Egypte, puis qui meurt du choléra en 1834, La Machine infernale, Claude Bionnel. Une longue nouvelle : 103 p.
1860 Comtesse de Bassanville, Nouvelles cosmopolites, mœurs, coutumes de divers peuples de l'Europe, Ducrocq (379 p., 8 textes) " Librairie de l'enfance et de la jeunesse ". Nouvelles sentimentales et morales. " Cosmopolite " parce que nouvelles " napolitaine ", " russe ", " corse ", " pompéenne ", " suédoise ", " néerlandaise ". Seule une nouvelle se passe en France : Baraguette de Than, nouvelle languedocienne.
A. Bordot, Histoires et nouvelles, Lefèvre (322 p., 8 textes). Si l'on veut vraiment établir une distinction entre les deux étiquettes du titre, " histoire " désignerait plutôt des récits de voyages ; " nouvelle ", des histoires sentimentales et morales : Le Comte Sivard et le batron Vrakal, François Morin, Le Bien par le mal.
E., A. Erckmann-Chatrian, Contes fantastiques, Hachette (362 p., 14 textes). Nouvelles fantastiques : L'Esquisse mystérieuse, Le Rêve de mon cousin Elof. Fantastique moral, ingénieux : La Lunette de Hans Schnaps. Singulier : La Montre du doyen, Les Trois âmes, Le Sacrifice d'Abraham, L'Araignée crabe.
E., A., Erckmann-Chatrian, Contes de la montagne, Hetzel (347 p., 8 textes). Trois nouvelles fantastiques : Le Violon du pendu, L'Héritage de mon oncle Christian, conte fantastique, Hugues-le-loup. Les autres textes relèvent du singulier : Pourquoi Hunebourg ne fut pas rendu. Une nouvelle est placée dans un cadre. Une longue nouvelle : Hugues-le-loup (195 p.)
P. de Kock, Nouvelles, Barba (48 p., 7 textes) " Romans populaires illustrés ". Nouvelles sociales : Petits tableaux de mœurs (en 27 petits chapitres), Les Grisettes, Un tour de grisettes. A l'exception de Tyler le couvreur, anecdote historique (esquisse de mœurs anglaises), les histoires se passent à Paris : Les Parisiens au chemin de fer, Les Bords du canal. Une nouvelle est une saynète : La Journée d'un homme de lettres.
J. Méry, Le Château des Trois-Tours, Lévy (297 p., 7 textes). Singulier : Le Château des Trois-Tours, Les Nuits de Bade. Exotisme : Eléphants et monstres, épisode de l'insurrection indienne 1857, La Vie au désert, Une nuit de terreur, le meilleur texte (1840 : Les Etrangleurs de l'Inde). Des réflexions : Les Pyramides et le Grand Sphynx, Souvenirs de voyage.
P. de Molènes, Histoires intimes, Lévy (271 p., 5 textes). Nouvelles romanesques, sous le signe de Goethe, Shakespeare, Châteaubriand : La Princesse Prométhée, Le Repentir de Figaro, Le Roi Arthur.
Th. Pavie, Récits de terre et de mer, Lévy (379 p., 8 textes). Exotisme : Antomino, récit des bords de la Plata, Manoela, récit des Açores, La Loca Cucrido, récit de la côte du Chili. Nouvelle maritime : Gretchen, récit de la haute-mer.
H. Rivière, Pierrot. Caïn, Hachette (270 p., 2 textes). Singulier, avec des histoires d'extravagants.
1861 J. Lander, Nouvelles et récits villageois, précédé d'une introduction par Ernest Hello, Palmé (304 p., 5 textes). Nouvelles sociales (sur fond de bons sentiments). Une longue nouvelle : 109 p.
A. Lhermitte, Un sceptique s'il vous plaît, Palmé (304 p., 5 textes). Les textes sont sous-titrés " contes philosophiques " : La Fin des philosophes, Une émotion. Deux nouvelles sont placées dans un cadre.
1862 S.H. Berthoud, Contes du docteur Sam, Garnier Frères (506 p., 16 textes). Recueil placé dans un cadre (Deux mois de convalescence). Nouvelles morales, dont Le Dernier conte de Perrault.
E., A. Erckmann-Chatrian, Contes des bords du Rhin, Hetzel (337 p., 8 textes). Nouvelles fantastiques : Le Trésor du vieux seigneur, La Pêche miraculeuse. Singulier : Le Talion, Le Requiem du corbeau.
1863 : Th. Pavie, Récits des landes et des grèves, Brunet (287 p., 5 textes). Nouvelles sentimentales ou sociales qui se passent dans l'Ouest de la France : Le Caboteur du cap Fréhel, La Fauvette bleue, récit des bords de la Loire, La Lande aux jaqueliers, scènes du Bas-Anjou, Valentin, récit du Bas-Maine, La Fileuse, récit du Bocage.
1864 A. Achard, Madame Rose. Pierre de Villerglé. La Maison verte, nouvelles, Hachette (310 p., 3 textes). Nouvelles sentimentales insipides. Deux longues nouvelles : 153 p., 103 p.
J. Janin, Les Oiseaux bleus, Hachette, 365 p., 7 textes. " Après avoir cherché, avec plus de soin qu'on ne saurait dire, un bon titre à ces nouveaux contes et ne pouvant plus me servir des titres anciens : Contes littéraires [1832], Contes fantastiques [1832], Contes nouveaux [1833], Les Contes du chalet [1859], et dernièrement encore les Contes non estampillés [1862], il nous a semblé qu'un nouveau titre irait bien à ces historiettes du printemps de l'année, écrites dans la cour du petit jardin, aux sifflements des merles, aux gazouillis des linotes, des mésanges et de la fauvette à tête noire, pendant que le moineau piaule et s'ébat dans les clémentites du grand mur. " Nouvelles romanesques et sentimentales, au XVIIIe siècle (Les Fausses confidences), Les Oiseaux bleus, Le Poète et le capucin (au temps de Louis XV), au XIXe siècle. Deux nouvelles sont placées dans un cadre. Une longue nouvelle : 112 p.
E. Zola, Contes à Ninon, Librairie Générale (320 p., 8 textes). Le premier livre de Zola. Nouvelles fantastiques : un fantastique merveilleux, poétique : Simplice, La Fée amoureuse, un fantastique moral : Le Carnet de danse, Soeur-des-pauvres, Aventures du grand Sidoine et du petit Médéric. Nouvelle sociale : le spectacle de la misère contemporaine (Celle qui m'aime). La guerre : Le Sang. Nouvelle amusante : Les Voleurs et l'âne.
L'Obole des conteurs, Hachette (520 p., 23 textes). Dû à l'initiative de la Société des Gens de Lettres, un collectif en faveur d'une souscription pour les ouvriers de l'industrie cotonnière (300 000 au chômage à Rouen). Signées de noms connus de l'époque, des nouvelles historiques (E. Berthet, La Tour Zizim, nouvelle historique), morales (Fr. Wey, Hesdin-Nouedin, conte arabe), sentimentales (A. Achard, Mademoiselle du Rosier), fantastiques : du fantastique expliqué (J. Méry,La Légende en action), du fantastique allégorique (E. Muller, L'Histoire des hirondelles, Ponson du Terrail, La Fée de Noël). Singulier : Le Fantôme de la rue de Tournon de L. Gozlan, La Repentie de A. Scholl. Époque contemporaine : Le Bonhomme Chopine de P. Féval, Le Dernier voyage de M. Scott de G. Chadeuil.
1866 E., A. Erckmann-Chatrian, Contes populaires, Hetzel (267 p., 12 textes, un ne figurant pas dans la table). Deux nouvelles se trouvent déjà dans les Contes des bords du Rhin (1862) : Le Requiem du corbeau, Le Chant de la tonne. Deux nouvelles fantastiques : L'Oeil invisible, ou l'auberge des trois pendus, Messire Tempus. Un fantastique plaisant : Le Bourguemestre en bouteille, conte fantastique. Une nouvelle est une saynète : Le Juif polonais. Une nouvelle est placée dans un cadre.
Th. Gautier, Spirite, nouvelle fantastique, Charpentier (237 p.). Longue nouvelle fantastique.
Ed. Ourliac, Nouveaux contes du Bocage, Lévy (337 p., 7 textes). Dans le prolongement des Contes du Bocage (1844), nouvelles historiques à la gloire des Chouans, Le Dernier perruquier.
1868 Ed. Laboulaye, Contes et nouvelles, Ducrocq (313 p., 4 textes). Deux nouvelles sentimentales et romanesques : Ma cousine Marie, Blandin, l'esclave, récit historique, ce qui justifierait le choix de " nouvelle ". Deux " contes " parce qu'il y a propos moral : La Sagesse des nations ou les voyages du capitaine Jean, parce que le récit ressort d'un fantastique allégorique : Perlino, conte napolitain. Une longue nouvelle : 116 p. (9 chapitres et une conclusion). Deux nouvelles sont placées dans un cadre. C. Mendès, Histoires d'amour, Lemerre (280 p., 7 textes). Nouvelles sentimentales et romanesques. Singulier : L'Homme à la voiture verte, Le Dernier Londrès, conte parisien (en 14 chapitres). E. Souvestre, Les Merveilles de la nuit de Noël, récits fantastiques du Foyer Breton, Lévy (374 p., 7 textes). Edition partielle du Foyer Breton (1845 : 7 sur 25 : voir le premier répertoire).
1870 : Mme S. Leroyer de Chantepie, Chroniques et légendes, Château-Gontier, J.B. Béziers (190 p., 7 textes). Nouvelle historique, La Légende de Marguerite et les deux Roses.
1872 A. Daudet, Lettres à un absent, Lemerre (202 p., 21 textes). Première parution de huit textes des Contes du lundi (1873-1875) : Les Mères, Les Avant-postes, Les Paysans de Paris, La Défense de Tarascon, Nos pendules (premier titre de La Pendule de Bougival) dans la Première partie ; Le Siège, Paysage d'insurrection dans la Seconde partie : La Commune. Les autres textes sont des réflexions, des chroniques de journaliste.
A. Gobineau, Souvenirs de voyage, Plon (122 p., 3 textes). Exotisme : Le Mouchoir rouge. Céphalonie, Akrivie Phrangopoulo. Naxie, La Chasse au caribou. Terre-Neuve. Recueil passé inaperçu (aucun article de presse).
L. Halévy, Madame et Monsieur Cardinal, Lemerre (275 p., 12 textes). Nouvelles amusantes, avec de piquantes entrées en matière. Les nouvelles prennent surtout pour sujet la guerre 1870. Six nouvelles sont placées dans un cadre.
1873 Ch. Buet, Scènes de la vie montagnarde, Limoges (140 p., 3 textes) " Bibliothèque chrétienne et morale ". Le Chasseur de chamois, Le Chasseur d'ours, Les Fontmarquis.
A. Daudet, Contes du lundi, Lemerre, 1873 (256 p., 31 textes). Première édition d'un recueil comprenant 31 textes répartis en trois parties : La Fantaisie et l'histoire (17), Tableaux parisiens (9), Caprices et souvenirs (5). Voir édition définitive en 1875.
A. Daudet, Contes et récits, Polo (235 p., 17 textes). Quinze textes de la première partie du précédent + 2 textes des Lettres à un absent (1871). Que le titre général soit changé pour désigner de mêmes textes montre assez l'interchangeabilité des étiquettes terminologiques.
G. Sand, Contes d'une grand'mère. Le Château de Pictordu, Lévy (370 p., 5 textes). Fantastique allégorique : Le Nuage rose, Les Actes du courage.
1874 J. Barbey d'Aurevilly, Les Diaboliques, Dentu (360 p., 6 textes). Un des grands recueils du siècle, qui ne rencontra aucun succès à son époque et fut un objet de scandales. Les Diaboliques raconte des histoires d'une noirceur totale : Le Rideau cramoisi, Le Plus bel amour de don Juan, Le Bonheur dans le crime, Le Dessous de cartes d'une partie de whist, A un dîner d'athées, La Vengeance d'une femme. Toutes les nouvelles sont placées dans un cadre (l'auteur avait le projet de placer ses six textes et quatre autres, qui n'ont jamais paru, dans un cadre général coiffé du titre de Ricochets de conversation).
Ch. Buet, La Duchesse de Mangué, nouvelle, Limoges (74 p.). " Bibliothèque chrétienne et morale ". Nouvelle sentimentale et morale
A. Daudet, Les Femmes d'artistes. Première série, Lemerre (177 p., 12 textes). Nouvelles sentimentales placées dans une sorte de cadre : un peintre et un poète s'interrogent : les artistes doivent-ils se marier ? Vision noire, féroce, des rapports hommes-femmes. Fantastique allégorique : Les Confidences d'un habit vert.
J. Verne, Le Docteur Ox. Maître Zacharius. Un hivernage dans les glaciers. Un drame dans les airs, Hetzel (187 p., 4 textes). Nouvelle amusante : Une fantaisie du docteur Ox en 17 chapitres. Singulier : Un drame dans les airs, Un hiver dans les glaces en 16 chapitres (Tremblements de glaces, La Maison de neige, Enterrés vivants). Fantastique : Maître Zacharius, ou l'horloge qui avait perdu son âme, tradition genevoise.
E. Zola, Nouveaux contes à Ninon, Charpentier (306 p., 13 textes). Suite du recueil de 1864, d'un ton assez différent : " J'ai le coeur et le cerveau tout balafrés de blessures. " Fantastique allégorique : Le Paradis des chats. Nouvelles sociales : La Légende du petit-manteau bleu de l'amour, Le Chômage, Le Petit village.
1875 A. Daudet, Contes du lundi, Charpentier (338 p., 42 textes). Edition définitive, revue et corrigée : 42 textes répartis en deux parties : La Fantaisie et l'histoire (26), Caprices et souvenirs (16). La guerre de 1870, suivie de la période de la Commune, est le sujet de la première partie : le Siège de Paris (12 textes), les émeutes et les barricades dans Paris, l'Alsace et l'Algérie. Deux textes célèbres : La Dernière classe, récit d'un petit Alsacien, L'Enfant espion. Les textes de la seconde partie sont des évocations, nées de souvenirs personnels, histoires graves et touchantes, plaisantes ou fantastiques avec ces deux Contes de Noël : Les Trois messes basses (texte repris dans Les Lettres de mon moulin, 1869), Un réveillon dans le Marais.
Caroline Gravière, Deux nouvelles, Sandoz et Fischbvacher [1875 ?] (282 p., 2 textes). Nouvelles sentimentales (à Bruxelles : l'auteur est Belge).
1876 A. Gobineau, Nouvelles asiatiques, Didier (436 p., 6 textes). Recueil à nouveau passé inaperçu (un seul compte rendu, et en anglais). Exotisme : nouvelles romanesques : La Danseuse de Shamakha (le texte aurait dû figurer dans les Souvenirs de voyage, 1872), Histoire de Gambér-Aly. Perse, La Guerre des Turcomans (Perse), Les Amants de Kandahar (Afghanistan), une nouvelle morale : L'Illustre magicien. Perse (texte placé dans un cadre), un récit de voyage : La Vie de voyage (Perse).
G. Sand, Contes d'une grand-mère. Le Chêne parlant, Lévy (290 p., 8 textes). Fantastique allégorique : Ce que disent les fleurs, La Fée poussière, La Fée aux gros yeux.
1877 A. Daudet, Contes choisis, Charpentier (494 p., 40 textes). Florilège : 23 textes des Contes du lundi (1875), 12 des Lettres de mon moulin (1869), en deux temps : La Fantaisie (24), L'Histoire (16) + Le Père Achille, La Cabecilla, Word'storm, conte fantastique, Salvette et Bernardin, Le Bon Dieu de Chenillé.
E., A. Erckmann-Chatrian, Contes vosgiens, Hetzel (315 p., 4 textes) 1878 Nouvelles historiques : la guerre de 1870 en Alsace : La Trompette des hussards bleus, Gretchen. Une longue nouvelle : 152 p.
G. Flaubert, Trois contes, Charpentier (249 p., 3 textes). Trois visages exemplaires de la nouvelle-histoire du siècle, illustration en outre de tout ce qui définit la démarche d'un écrivain qui abandonne sa pratique de romancier pour devenir nouvelliste : Un coeur simple, au départ intitulé Histoire d'un coeur simple (la nouvelle du quotidien), ou le survol de la vie, du début du siècle aux années 1850, d'un être simple, Félicité ; La Légende de saint Julien l'Hospitalier (nouvelle fantastique), Hérodias (la nouvelle du singulier).
1878 : Ch. Buet, Histoires cosmopolites, Palmé (335 p., 8 textes). Singulier et nouvelles fantastiques : Mava-Bellom, récit créole, Les Ciseaux du sultan, orientale, La Légende du Mont-Pilate, La Mule de Halbourg, légende allemande, La Légende de Sainte-Thècle. Une longue nouvelle : 148 p. Une nouvelle est placée dans un cadre. Le texte, Présentations ! dialogue en acte, est un plaidoyer pour la nouvelle.
1879 P. Féval, Chouans et bleus, Palmé (372 p., 4 textes). Le titre devient : Récits de Vendée et de Bretagne. Nouvelles historiques : en 1793.
R. de Navery, La Demoiselle du paveur, Blénot (241 p., 5 textes). Nouvelles sociales. Littérature bien pensante. Une longue nouvelle : 101 p.
Contes de toutes les couleurs, Dentu (454 p., 20 textes narratifs sur 28), préface de Victor Hugo. Recueil diversifié : Le Facteur rural, nouvelle, Fragment de roman, Le Café Victor, scènes de la vie de province, à la manière d'Henry Monnier, Le Tombeau de Madame Barbe-Bleue, Un conte rustique. Les autres textes sont des réflexions, des vers, des saynètes.
1880 P. Alexis, La Fin de Lucie Pellegrin, Charpentier (363 p., 4 textes). Recueil dédié à Zola. Nouvelles sentimentales, avec les mœurs de la province en toile de fond : La Fin de Lucie Pellegrin, L'Infortune de M. Fraque, Les Femmes du père Lefèvre, Journal de M. Mure. Une longue nouvelle : 125 p.
E., A. Erckmann-Chatrian, Les Vieux de la vieille, Hetzel (234 p., 2 textes). Édition spéciale pour la jeunesse. Nouvelle historique : Les Vieux de la vieille. Nouvelle sentimentale : Loïs, histoire d'une petite bohémienne.
L. Gozlan, Nouvelles, Lemerre (454 p., 10 textes). Recueil diversifié : La Main cachée, Comment se débarrasser d'une maîtresse ou la fin d'un roman.
J. Montet, Salade russe, nouvelles, Librairie Moderne (364 p., 23 textes). Nouvelles amusantes, farfelues. Une nouvelle est placée dans un cadre.
J. Montet, Contes rapides, May (153 p., 10 textes). Nouvelles amusantes : La Toison jaune. Singulier, le seul exemple : La Photographie. Deux nouvelles sont placées dans un cadre.
Les Soirées de Médan, Charpentier (296 p., 6 textes). " Tiens ! tiens ! proposa Zola, pourquoi ne ferait-on pas un volume là-dessus, un volume de nouvelles ? " (cité par L. Hennique, dans la préface à une réédition du recueil en 1930). Les textes du recueil prennent pour sujet la guerre de 1870 : L'Attaque du moulin (Zola), Boule de suif (Maupassant), Sac au dos (Huysmans), La Saignée (Céard), L'Affaire du grand 7 (Hennique), Après la bataille (Alexis). A l'exception du dernier, où la guerre, à partir d'une brève rencontre, n'est qu'un révélateur de sentiments amoureux, le propos des nouvelles est de dénoncer la guerre vécue ou subie par des militaires ou des civils (le premier titre choisi était L'Invasion comique) dans ce qu'elle a de brutalité tragique (Zola), de veulerie (Maupassant), de grotesque (Huysmans), de bêtise (Céard), de stupidité (Hennique), où la victoire n'est qu'une sinistre farce, où la défaite est odieuse, où les vraies natures se révèlent : les planqués, les incompétents, les patriotes.
1881 Ch. Buet, Histoires à dormir debout, Palmé (363 p., 20 textes). Singulier : en 854 de la fondation de Rome, en Égypte (Le Dernier jour de Phta-Nehi), au XIIIe siècle (Hors cet anel point d'amour), en 1538 en Bretagne (Ewenn ar Gwénédour : Comment Ewenn déclara qu'il voulait tout savoir, Comment Ewenn passa dix ans de sa vie à tout apprendre, Comment Ewenn découvrit qu'il ne savait rien), Histoire d'une tête de mort, Confidences, scènes de la vie cruelle.
P. Pionis (= Louis Papin), A la volée, H.E. Martin (178 p., 2 textes + vers, une comédie). Nouvelle sentimentale : Octave Muzeral (simple histoire). Un cancan aux abois (bavardage de mon pays = l'Anjou)
J. Soudan, Histoires américaines, préface d'A. Silvestre, Marpon et Flammarion (293 p., 21 textes). " pas de lecture plus gaie que celle-ci " (préface). D'un journaliste familier des États-Unis, nouvelles amusantes : Le Dernier jour d'un condamné, Leçon d'archéologie, Anti-obesitas, où règne le farfelu : Dans le ciel, conte géographique et cosmographique, La Fin d'un monde, ou science et inconscience, conte philosophique (à Alphonse Allais). les aventures du " docteur Kartoffel-Salat, membre correspondant de l'Académie de l'Eau-de-vie de Dantzig, géographe en chambre, inventeur de théories nouvelles sur la formation naturelle du fromage de Gruyère "), Elixir de longue vie.
1882 C. Brio, A huis clos, Rouveyre (197 p., 19 textes) " Contes gaillards et Nouvelles parisiennes ". Nouvelles amusantes : Décoré et… content… ?… A bébé, Viendra-t-elle ?
Fr. Coppée, Contes en prose, Lemerre (198 p., 15 textes). Nouvelles sentimentales : Le Dé d'argent, Les Vies du capitaine, nouvelle, Mon ami meurtrier, Un enterrement dramatique. Nouvelles de mœurs. Des évocations : Le Coucher du soleil, En Bretagne (notes de voyage). Deux nouvelles sont placées dans un cadre.
C. Debans, Histoires de tous les diables, préface de J. Clarétie, Dentu (301 p., 10 textes). Singulier : L'Idée de Monsieur Trincart, Le Roi des faussaires, L'Assassin. Et encore Une nuit chez les morts, Le Noël terrible. A l'opposé, deux nouvelles amusantes, dont La Loge. La préface est un plaidoyer pour la nouvelle.
C. Faure, Les Contes d'amour, Boulanger (589 p., 55 textes). Singulier : nouvelles placées dans une sorte de cadre : un homme découvre dans les débris d'une statue un manuscrit ; en 1730 (Sont-ils fous, ces Anglais), en 1794, au XIXe siècle : Le Prince charmant, La Fée aux roches, Madame le Diable, Les Fiancés de la mort, Quand le diable en a assez fait, Comment on devient bandit, La Belle au bois dormant.
R. Maizeroy, Mire Lon La, Rouveyre et Blond (182 p., 16 textes) " Contes gaillards et Nouvelles parisiennes ". Nouvelles amusantes : La Misanthropie de Don Juan. Deux nouvelles dans un cadre.
P. Pionis (= Louis Papin), Eclats de rire et sanglots, nouvelles, Martin (125 p., 4 textes). Edition augmentée du recueil de 1881, dont le titre devient A la volée, nouvelles et poèmes. Nouvelles amusantes : Le Bain de Babylas, Toutes à l'oeil. La guerre 1870 : Lâche !, Le Devoir.
1883 C. Brio, Chattes et renards, Garnier (168 p., 12 textes) " Contes gaillards et Nouvelles parisiennes ". Nouvelles amusantes (" symphonie burlesque sur le thème des amoureuses perversités ", avant-propos " à une femme quittée ") : La Moustache d'Ernest, La Culotte d'un sous-préfet, As-tu vu… la casquette !, L'Ami de l'homme. Un soupçon de licence, un brin de caricature. Deux nouvelles sont placées dans un cadre.
Fr. Coppée, Vingt contes nouveaux, Lemerre (276 p., 20 textes). Nouvelles courtes. Nouvelles de mœurs, de simples scènes ou de petits drames, qui illustrent le quotidien ordinaire des petites gens du peuple, des humbles, ceux qui connaissent la misère, avec comme toile de fond Paris (Bicêtre, Vanves, Grenelle, rue de Braque, Mouffetard, La Motte-Piquet, Saint-Paul) : Le Morceau de pain ; Un mort volontaire, La Fenêtre éclairée, L'Enfant-bibelot, Scénario. Un recueil intéressant, mais la surcharge des bons sentiments dispensés l'empêche d'être pleinement tiré de l'oubli. Deux nouvelles sont placées dans un cadre : " Et pressentant une histoire, j'ajoutai, pour exciter mon compagnon, à la raconter. "
E. d'Hervilly, Timbale d'histoires à la parisienne, Maryon-Flamarion (297 p., 36 textes). Nouvelles sentimentales. Une nouvelle est une saynète.
G. de Maupassant, Mademoiselle Fifi, nouveaux contes, Havard (319 p., 18 textes). Avec Fou ?, Deux amis. Cinq nouvelles sont placées dans un cadre.
C. Mendès, Monstres parisiens, Chez tous les libraires (232 p., 27 textes). Un volume qui réunit neuf livraisons mensuelles de trois textes chacune (avec une superbe couverture). Nouvelles sentimentales (La Nouvelle mariée, L'Amant de sa femme, La Fille garçon, Les Faux amants, L'Honnête amant), qui n'ont rien vraiment de monstrueux, tant l'auteur est sage et moralisateur : " La Vierge sage est récompensée, la vierge folle est punie. "
L.V. Meunier, Baisers tristes, Garnier (210 p., 7 textes) " Contes gaillards et Nouvelles parisiennes ". Le versant noir de la collection : dans des décors parisiens, le monde de la misère.
J. Thilda, Pour se damner, Garnier (190 p., 21 textes) " Contes gaillards et Nouvelles parisiennes ". Nouvelles sentimentales, où les rapports hommes-femmes apparaissent souvent bien troubles, où la femme se montre très libre (c'est une femme qui écrit) : Le Cauchemar d'une comédienne, Les Bottes de Cendrillon, Idylle parisienne, Pourquoi elle l'aimait ?, Une preuve d'amour, Les Résistantes, Les Amours de Georges, Le Désir de Louisette. Une curiosité.
M.-A. Villiers de l'Isle-Adam, Contes cruels, Calmann-Lévy (352 p., 28 textes). Recueil célébré par Mallarmé (" Plusieurs des nouvelles sont d'une poésie inouïe et que personne n'atteindra : toutes étonnantes "). Une nouvelle fantastique, un des chefs-d'œuvre du genre : Véra. Singulier : Duke of Portland, Le Désir d'être un homme, Sombre nuit, conteur plus sombre, L'Intersigne. Deux textes sont des saynètes : Virginie et Paul, Deux augures. Les autres textes n'ont rien de narratif : des réflexions (Le Secret de l'ancienne musique, La Machine à gloire, L'Appareil pour l'analyse du dernier soupir), des vers (Contes d'amour). Une nouvelle est placée dans un cadre.
E. Zola, Le Capitaine Burle, Charpentier (340 p., 6 textes). Nouvelle amusante : La Fête à Coqueville. Singulier : Le Capitaine Burle, Pour une nuit d'amour, un des textes les plus forts de l'auteur. Des évocations : Comment on meurt, Aux champs (en trois temps : La Banlieue, Le Bois, La Rivière).
1884 Fr. Coppée, Une idylle pendant le siège. Contes en prose, Lemerre (338 p., 16 textes). Réédition du recueil de 1882, augmentée d'une longue nouvelle (133 p.).
A. Daudet, Contes choisis pour la jeunesse, Hetzel (302p., 24 textes) " Bibliothèque d'éducation et de récréation ". Florilège dont neuf textes des Contes du lundi, dont La Dernière classe, L'Enfant espion ; treize des Lettres de mon moulin.
G. de Maupassant, Miss Harriet, Havard (348 p., 12 textes). La Ficelle, La Mère Sauvage, Regret. Quatre nouvelles sont placées dans un cadre. Une longue nouvelle : 141 p. (L'Héritage).
P. Nagour et R. Le Cholleux, Contes macabres, Brissy, préface d'E. d'Hervilly (171 p., 7 textes). Nouvelles fantastiques : Le Pas, Le Sacre du régicide, Le Spectre de Mimi. Singulier, et macabre : L'Examen de John Caves. Un texte en vers : Le Fossoyeur.
J. Thilda, Péchés capiteux, Marpon et Flammarion (350 p. 31 textes). Nouvelles courtes. Fantaisie littéraire : Cendrillon, Le Petit chaperon rouge, La Colère de Carmen.
E. Zola, Naïs Micoulin, Charpentier (379 p., 6 textes). Singulier : La Mort d'Olivier Bécaille (le meilleur texte), Naïs Micoulin, Nantas, Jacques Damour. Nouvelles amusantes : Madame Neigeon, Les Coquillages de M. Chabre.
1885 Fr. Coppée, Contes et récits en prose, Lemerre (290 p., 21 textes). Florilège : neuf des Contes en prose (1882), douze des Vingt contes nouveaux (1883). À noter l'étiquette de " récit " adjointe à celle de " conte ", qui désigne seule au départ les recueils antérieurs.
Abbé Jules Dominique, Les Trois parties d'échec, nouvelle vendéenne, Tours, Caltier (118 p.). Nouvelle historique dans la tradition du début de siècle.
G. de Maupassant, Contes et nouvelles, Charpentier (385 p., 8 textes). Florilège : un de La Maison Tellier (1881), trois de Mademoiselle Fifi (1883), deux de Miss Harriet (1884), un de Yvette (1885). Avec, pour la première fois dans un recueil, la présence de Boule de suif (Les Soirées de Médan, 1880). A noter l'étiquette de " nouvelle " adjointe à celle de " conte " pour des recueils de contes ou sans précision dans les titres.
C. Mendès, Les Contes du rouet, Frinzin (310 p., 24 textes). Fantastique allégorique : La Chimère du paradis, Les Trois bonnes fées, La Belle au coeur de neige, La Dernière fée, Le Miroir, Les Mots perdus. Fantaisie littéraire : La Belle au bois rêvant, Les Larmes sur l'épée.
O. Mirbeau, Lettres de ma chaumière, Laurent (434 p., 21 textes). Contient huit des Contes de la chaumière (voir 1894) : Le Père Nicolas, La Mort du chien, La Justice de paix, La Mort du père Dugué, L'Enfant, Agronomie, Histoire de ma lampe, Paysage d'automne.
V.L. Meunier, Plaisirs en deuil, vingt nouvelles, Frinzin (299 p., 20 textes). Nouvelles de mœurs, avec le parti-pris du noir : Maternité, Vieux cabotin, Partie de campagne, La Femme à Toto, Rose en papier, Idylle de banlieue, Pied de grue.
1886 Vicomte de Broc, Au coin du feu, histoires et nouvelles, Le Mans, Ed. Monnoyer (225 p., 12 textes). Recueil diversifié : nouvelle historique (Un épisode de la bataille de Fontenoy), nouvelles fantastiques (L'Ame en peine, histoire bretonne, Le Portrait), nouvelles de mœurs : Un artiste, Un roman. Deux nouvelles sont placées dans un cadre.
G. de Maupassant, Contes choisis, illustré de 118 dessins de G. Jeanniot, A la Librairie illustrée (273 p., 18 textes). Florilège : un de La Maison Tellier (1881), huit des Contes de la Bécasse (1883), deux de Mademoiselle Fifi (1883), trois de Miss Harriet (1884), un des Soeurs Rondoli (1884), deux de La Petite Roque (1886), un de Monsieur Parent (1886).
J. Montet, Les Adorées, nouvelles, Lemerre (262 p., 20 textes). " à Paul Bourget ". Nouvelles dramatiques : Le Couteau. Six nouvelles sont placées dans un cadre, avec une curieuse allusion au Décaméron, décidément la référence pour un nouvelliste-conteur.
1887 : G. de Maupassant, Le Horla, Ollendorff (335 p., 14 textes, dont Sauvée, un texte de La Petite Roque, 1886). L'ambiguïté n'a jamais été levée à propos du Horla dans sa seconde version (la première se trouve dans le Gil Blas du 26 octobre 1886), qui figure dans presque toutes les anthologies de la nouvelle (ou du conte) fantastique : le narrateur est-il fou ou vit-il réellement son aventure ? Nouvelles du quotidien, faits divers, farce cruelle, histoires émouvantes, tristes, sinon bouleversantes : Les Rois. Nouvelles amusantes : Au bois, version " rose " de La Partie de campagne. Quatre nouvelles sont placées dans un cadre.
1888 C. Mendès, Les Oiseaux bleus, Havard (355 p., 24 textes). Refonte des Contes du rouet (1885) : un texte supprimé, quatre nouveaux.
E. Pouvillon, Le Cheval bleu. Dans les feuilles. Le Marchand de lis. Ménéne, etc., Lemerre (313 p., 21 textes). Nouvelles de mœurs : Le Givre (le 17 avril 1865). Surtout des souvenirs d'enfance.
M.-A. Villiers de l'Isle-Adam, Nouveaux contes cruels, A la Librairie illustrée (150 p., 8 textes). Singulier (toujours le sulfureux du premier recueil) : Sylvabel, L'Enjeu, L'Incomprise et un des textes les plus célèbres de l'auteur : La Torture par l'espérance. Fantastique allégorique : Soeur Navalia.
1889 Fr. Coppée, Contes rapides, Lemerre (251 p., 12 textes). Nouvelles de mœurs (vision noire, on sent l'auteur sensible à la misère des humbles) : A tables, Jalousie (manuscrit d'un prisonnier), Fille de tristesse. Fantastique allégorique : Les Sabots du petit Wolf (conte de Noël). Une nouvelle est placée dans un cadre. L'adjectif " rapide ", qui pourrait convenir pour la plupart des textes de Coppée, n'implique pas nécessairement l'idée de brièveté : les textes sont divisés en chapitres, et on ne note pas une ou des intentions de l'auteur à prôner un tempo rapide du récit.
Dubut de La Forest, Contes à la lune, Dentu (338 p., 7 textes). Nouvelles amusantes (le monde de la grande bourgeoisie) : La Dame au ventre d'argent, La Sous-préfète aux camélias, Monsieur Hamlet, histoire d'amour, La Cabine de chasteté, La Marchande de fleurs d'orangers. Une nouvelle est placée dans un cadre. Une nouvelle est une saynète : " à la gloire du grand maître Rabelais ".
Mme S. Leroyer de Chantepie, Nouvelles littéraires, Perrin (338 p., 7 textes). Nouvelles sentimentales (Un amour de jeune fille).
1890 Fr. Coppée, Contes rapides. Henriette, Lemerre (324 p., 9 textes). Edition augmentée du recueil précédent d'une longue nouvelle : 106 p.
Mme S. Leroyer de Chantepie, Récits d'amour, Perrin (330 p., 9 textes). Nouvelles sentimentales (Un amour d'autrefois, Amours d'un jeune typographe).
1891 M. Schwob, Coeur double, Ollendorff (290 p., 16 textes). Dédié à R.L. Stevenson. En deux temps. I. Coeur double, nouvelles fantastiques : Le Sabot, Le Train 081, Arachné ; singulier : Les Sans-gueule, L'Homme double ; nouvelles morales : L'Homme gras. parabole. II. La Légende des gueux : chroniques historiques : L'Age de la pierre polie : La Vendeuse d'ambre, Quatorzième siècle : Les Routiers. Mérigot Marchès, La Révolution. Les Chauffeurs : Fanchon-la-poupée. Deux nouvelles sont placées dans un cadre A. Silvestre, Histoires joviales, Kolb (305 p., 24 textes). Nouvelles amusantes (la tradition gauloise dont l'auteur s'est fait le spécialiste : Histoires inconvenantes, 1887 ; Contes hilarants, 1892 ; Contes désopilants, 1893 ; Contes au gros sel, 1896). Trois nouvelles sont placées dans un cadre (Amour et statistique).
1893: Marie Barbier, Les Contes blancs, Hetzel (358 p., 3 textes) " Bibliothèque d'éducation et de récréation ". Nouvelles morales : Bertrand touche-à-tout, Al-Bahoun, conte oriental. Deux longues nouvelles : 109 p., 112 p.
L. Bloy, Sueur de sang, Dentu (358 p., 30 textes). La guerre de 1870. Des soldats tueurs : L'Abyssinien, Les Vingt-quatre oreilles de Gueule des Bois, La Messe des petits-crevés. Des actes de vengeance : A la table des vainqueurs, Un épouvantable huissier, Le Masque du diable, Le Fossoyeur des vivants, La Salamandre vampire. Une curiosité : Barbey d'Aurevilly, espion prussien. Une nouvelle est placée dans un cadre.
Fr. Coppée, Les Contes de Noël, Dentu (311 p., 12 textes, dont 1 des Contes rapides, 1889). Nouvelles de mœurs (rien de fantastique) : Le Curé de misère, L'Aumône de Noël, Le Louis d'or.
Fr. Coppée, Longues et brèves nouvelles, Lemerre (306 p., 14 textes, dont 5 du précédent). Trois " longues " nouvelles : 35 p. (L'Enfant perdu, conte de Noël), 40 p. (Paris), 65 p. (Une faute de jeunesse). Onze " brèves " : six de moins de 10 p., une de 10, une de 11, deux de 16. Que, la même année, des " contes " paraissent sous l'étiquette de " nouvelles " exprime assez la synonymie entre les deux termes. Nouvelles de mœurs : Une faute de jeunesse, Pâlotte, Une restitution, Vitrioleuse. Un texte n'est pas narratif : " On me prie d'écrire vingt pages sur Paris. " Deux nouvelles sont placées dans un cadre. Ce qui caractérise ce recueil, ce sont les interventions incessantes de l'auteur.
Mme S. Leroyer de Chantepie, Luttes du coeur, Perrin (299 p., 14 textes). Une légende bretonne du XVIIIe siècle (Le Cyprès receleur). une nouvelle historique (Épisode de la guerre de Vendée). Une nouvelle sentimentale (Souvenir de Touraine).
M. Schwob, Le Roi au masque d'or, Ollendorff (322 p., 21 textes). Singulier, fantastique allégorique, placé sous le signe du masque, et à travers les siècles et les lieux (rien de fantastique au sens traditionnel, comme le présentent certaines éditions modernes, dont celle de Marabout : Le Roi au masque d'or et autres nouvelles fantastiques, 1973). Dans le passé : Le Roi au masque d'or, La Mort d'Odgigh, Les Embaumeurs, L'Incendie terrestre, La Peste, Les Eunuques, Les Milésiennes, Les Faux-saulniers, La Cité dormante. Au XIXe siècle : La Machine à parler, La Charrette, Le Retour au bercail. à P. Claudel, A. Daudet, A. France, G. Courteline, J. Lorrain, J. Renard.
1894 : M. Barbier, Bempt, La Princesse Tourmente, Jasminette, Nouveaux contes blancs, Hetzel (324 p., 3 textes). Fantastique allégorique (des contes de fées). Une longue nouvelle : 139 p.
L. Bloy, Histoires désobligeantes, Dentu (369 p., 30 textes). Nouvelles du quotidien, où rien n'est cependant ordinaire. Marquées du sceau d'un humour noir des plus corrosifs, des histoires cruelles où le bizarre, le sordide, la méchanceté, etc., se disputent la palme : La Tisane, Tout ce que tu voudras !, Le Torchon brûle !, La Fin de Don Juan. Quatre nouvelles sont placées dans un cadre.
Fr. Coppée, Contes tout simples, Lemerre (154 p., 8 textes). Nouvelles de mœurs : Un bon crime, Bonne fille, L'Adoption, conte de Noël, L'Odeur du bois, conte de Pâques.
O. Mirbeau, Contes de la chaumière, Flammarion (257 p., 14 textes, dont 8 des Lettres de ma chaumière, 1885). Nouvelles de mœurs (en Normandie) : il ne s'agit pas de dévider des histoires avec des événements extraordinaires (pas d'histoire de guerre, par exemple, comme chez Maupassant ou Daudet), mais de présenter le quotidien vécu au jour le jour. Ce monde est placé sous le double signe de la misère et de la mort : La Mort du père Dugué, La Tristesse de Mait'Pitaut, La Mort du chien.
1895 : J. Montet, Histoires pour rire, Libraires-Imprimeurs Réunis (111 p., 9 textes, dont un de Salade russe, 1880) Nouvelles amusantes : Nègre par tranfusion, Le Tour du monde. Un texte est placé dans un cadre.
1896 : Ch. Buet, L'Arbre des treize pendus, conte de Noël, Besançon (31 p.). Placée dans un cadre, une légende du XVIe siècle.
L. Montesite, Histoires vertigineuses, Mercure de France (172 p., 25 textes). Plutôt que des histoires, des poèmes en prose, assez abscons, qui sont des allégories de la condition humaine.
M. Schwob, Vies imaginaires, Charpentier (276 p., 21 textes). Singulier, fantastique allégorique à travers les siècles et les lieux : Empédocle, dieu supposé, Erostrate incendiaire, Septima cantatrice, Cecco Angioleri, poète haineux, Le Capitaine Kid, pirate, Le Major Stede Bonnet, pirate par humeur.
1897 : G. de Maupassant, Boule de suif, A. Magnier (110 p.). Posthume. " Collection des Dix ". " Le livre que j'ai l'honneur de présenter aux amateurs n'a pas encore paru seul " (note de l'éditeur). Le texte est suivi d'un sonnet de l'auteur. Il faudra attendre 1902 pour que la nouvelle devienne le titre éponyme d'un recueil : Ollendorff (336 p., six textes de Toine, 1885, sept des Contes du jour et de la nuit, 1885, du Colporteur, 1900, recueil jamais réédité).
1898: Mme Colomb, Contes vrais, Hachette (187 p., 17 textes), " Bibliothèque des Ecoles et des Familles ". L'étiquette de nouvelle apparaît quatre fois : Le Bel habit, nouvelle, La Petite Madeleine, nouvelle, L'Aveugle de Marianne, nouvelle, Le Mariage d'Annaïc, nouvelle. Nouvelles de mœurs : La Fille du sonneur, Le Bon billet, Un vieux rouet. Nouvelles morales : A force de forger on devient forgeron, Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute, Il n'y a pas si long jour que vienne la nuit. Une nouvelle est placée dans un cadre. J. Richepin, Contes de la décadence romaine, Séguier, Fasquelle (283 p., 22 textes). Singulier (le recueil le moins intéressant de l'auteur).
1899 : Le Livre des Nouvelles, anthologie : recueil hebdomadaire de littérature, n°1-13, Edition du Livre des Nouvelles (463 p., 61 textes). L'entreprise fut fondée le 15 novembre 1898. En 1899 paraît chaque semaine un fascicule de 36 pages avec des textes d'auteurs restés célèbres : Villiers (4, dont Impatience de la foule), Loti (2), France (3), Coppée (2), Renard (4), Mérimée (2), Balzac (1) et Poe (Un cœur révélateur, Le Puits et le pendule), d'Annunzio (1).
En 1900 paraîtra Le Livre des Nouvelles, anthologie : recueil hebdomadaire de littérature, t.2 (108 p., 11 textes). Le tome 3 annoncé ne paraîtra jamais.
Textes non datés
Ch. Buet, Contes ironiques, Tresse (298 p., 17 textes). Nouvelles de mœurs : Dieu dans un bouge, La Joyeuse journée de mai, Cinq louis, Mon sorcier. Singulier : L'Enfant noir, La Soutane aux orties, Auguste, Le Docteur Syminarchus.
Mme S. Leroyer de Chantepie, Groupe de Martyrs, Perrin (281 p., 3 textes).Nouvelles historiques
A. Silvestre, Contes irrévérencieux, Flammarion (320 p., 11 textes) " Les Auteurs gais ". Nouvelles amusantes. Une nouvelle est placée dans un cadre.