Le titre de cet article, bien qu'il doive y être question de Jean Richepin et, accessoirement, de La Chanson des gueux, ne présage rien d'inconvenant. Je veux seulement dire qu'il propose au lecteur cinq lettres de cet écrivain à Nina de Villard. À l'exception de la première, elles sont, à ma connaissance inédites. Elles proviennent de trois sources. L'une est Richepin lui-même, qui la publia dans " Toutes mes vies. Autour de La Chanson des gueux ", article inséré dans la revue Demain (février 1925) ; une copie des trois suivantes m'a été confiée, jadis, par le regretté Jacques Goedorp : il préparait un livre sur Nina de Villard que la mort ne lui permit pas d'achever ; la cinquième m'avait été communiquée par Joseph Bollery et se trouve, désormais, dans le fonds qui porte son nom, à La Rochelle. La première lettre est adressée à la mère de Nina, Mme Gaillard ; toutes les autres s'adressent à Nina elle-même. Elles couvrent une période de deux années environ, de septembre 1876 à Noël 1878, et nous plongent dans le monde de Nina à l'époque où elle habitait au 82 de la rue des Moines, ce monde même qu'évoque Catulle Mendès dans La Maison de la Vieille (1).