



Membre de la phalange naturaliste, écrivain anticlérical, ancien communard exilé à Bruxelles puis à Londres pendant près d'un quart de siècle, journaliste engagé et auteur abondant, Hector France, né à Mirecourt (Vosges) le 5 juillet 1840 et mort à Rueil (Seine-et-Oise) le 18 août 1908, a aussi été un véhément dénonciateur des atrocités commises en Afrique du Nord par les armées françaises. Il avait, en ce domaine, de qui tenir : son père, Joseph France (1787-1869), ancien commandant de la compagnie de gendarmerie de la Martinique , s'en était pris violemment aux autorités de son pays à propos des exactions subies par les Noirs des Antilles françaises et avait lutté aux côtés de Victor Schœlcher pour obtenir, après la Révolution de 1848, l'adoption du décret sur l'abolition de l'esclavage : en témoignage de reconnaissance, les Antillais l'avaient envoyé siéger à l'Assemblée législative de 1849.
Après des études au Prytanée militaire de La Flèche, Hector France s'engagea à 19 ans au Troisième Régiment de spahis cantonné en Algérie. Il y poursuivit onze ans durant une carrière trépidante. Ce sont les souvenirs de cette période, fertile en événements rudes et parfois cruels, qui constituent le sujet du deuxième ouvrage publié en 1878 par France chez l'audacieux Kistemaeckers, sous le titre significatif de L'homme qui tue !
