On
se tromperait fort si l'on ne voyait dans Renée Vivien que la sombre
prêtresse des amours saphiques:"Je n'ai jamais vu Renée Vivien
triste", notait Colette. Et, dans son oeuvre même, surtout en prose,
on trouve cà et là un humour qui, pour sembler imprévu,
n'en est pas moins caractéristique de sa personnalité. Et que
dire de sa correspondance à Charles-Brun (plus de cinq cent lettres,
encore inédites), qui atteste un esprit ironique et presque facétieux?
La lettre que nous donnons ci-dessous (communiquée par W.Théry)
est adressée au critique Jean Ernest-Charles, qui avait publié
un article élogieux sur Vivien dans la Revue bleue du 3 octobre
1903.