L'écrivain hollandais G.W.C. Byvanck acquit en France une certaine célébrité en publiant chez Perrin, en avril 1892, la version française de son livre Un Hollandais à Paris en 1891, qui avait paru quelques mois auparavant en hollandais, à Leyde. Or, au début du même mois d'avril 1892, le Mercure de France avait donné, en pré-originale française, un extrait du livre mettant en scène Moréas (" Un Hollandais à Paris en 1891. Poésie romane "), avec une note signée A[lfred] V[allette], présentant l'auteur. Un peu plus loin, dans sa rubrique " Journaux et revues ", le même Vallette signalait qu'il avait reçu de Hollande deux lettres de lecteurs pour lui signaler une erreur et surtout ironiser à propos du critique hollandais Jan ten Brinck. En effet, dans le n° de février 1892, R[emy] [de] G[ourmont] avait évoqué, à propos de la revue hollandaise Die Nieuwes Gids, l'article de Van Eeden sur le " dernier livre du célèbre critique hollandais M. Jan Ten Brinck ". Pas du tout, déclaraient les deux lecteurs hollandais, c'est L. van Deyssel, et non Van Eeden, qui a parlé du livre en question ! Jusque-là, rien de très grave. Mais, début avril 1892, Vallette reçut presque coup sur coup deux autres lettres, cette fois-ci de Jan ten Brinck, décidément très attentif à ce qu'on écrivait sur lui : les deux lettres de lecteurs émanaient, assurait-il, de deux de ses pires ennemis, qui l'insultaient sans relâche dans les revues. D'ailleurs, ajoutait-il, Die Nieuwes Gids n'a rien d'original comme revue et ne fait que copier Mallarmé et les Symbolistes français…

 

 

 


 

La publication des Diaboliques en 1874, fut marquée par un retentissant procès et le volume ne passa pas inaperçu. Léon Bloy, qui connaissait Barbey d'Aurevilly depuis la fin des années 1860, avait pour lui une véritable vénération. Lui servant de secrétaire - avec Georges Landry -, il passait des heures à écouter les paroles et les conseils du maître en son Tournebride de la rue Rousselet. Le jugement sur les Diaboliques qui est reproduit ci-dessous est révélateur du jugement qu'un membre du clergé pouvait porter sur le volume à sa parution. Nous ignorons si cet avis, dont nous respectons l'orthographe, fut demandé par Bloy pour lui-même, ou si Bloy en fit part à Barbey, ou encore s'il cherchait à confirmer sa propre opinion face au clergé.
Lorsque, le 25 juin 1929, mourut Georges Courteline, la critique semblait unanime : " œuvre monumentale ", " près de Molière ", " grand écrivain ", etc. Que reste-t-il aujourd'hui de son œuvre ? Quelques titres comme Les Gaîtés de l'escadron, Boubouroche et Le Train de 8 h. 47, et aussi le souvenir de plaisanteries sur l'armée et les " ronds-de-cuir ". Courteline ferait-il figure de Molière de la Troisième République ? Ce serait sans doute lui faire beaucoup d'honneur. Ses contemporains, d'ailleurs, n'avaient pas tous été tendres pour lui. " Ce n'est qu'un vaudevilliste ! " s'exclamait Henry Céard, tandis qu'Élémir Bourges opinait du bonnet. En 1918, Courteline s'était même vu blackbouler par l'Académie Goncourt, qui lui préféra l'auteur d'Une belle journée. Ce n'est qu'en 1926, soit trois ans avant sa mort, qu'il aura son couvert mis chez Drouant.