Après la publication du Désespéré, début 1887, les relations entre Lorrain et Bloy furent quasiment inexistantes. Le premier avait fourni au second la plupart des renseignements sur Maupassant pour son roman, mais s'était vite éloigné du pamphlétaire qu'il avait connu autour de Barbey d'Aurevilly, du Chat Noir et du salon de Charles Buet . Après quelques petites attaques dans les articles de Lorrain, une ou deux allusions dans le journal de Bloy, il faut attendre juin 1896 pour trouver à nouveau un échange, bref mais révélateur, de leurs caractères réciproques. Par le journal de Bloy, on connaissait la réaction de Lorrain à l'envoi par Bloy de La Chevalière de la Mort. Lorrain avait écrit un article sur ce volume publié au Mercure de France, mais on ignorait l'article lui-même, refusé, d'après Lorrain, par Le Journal. Bloy avait en effet envoyé à Lorrain La Chevalière de la Mort avec cette dédicace : " à Jean Lorrain qui est un bien joli monsieur ". Lorrain, qui ne pouvait laisser passer cette provocation, écrivit un " bout d'article " sur La Chevalière de la Mort qu'il fit parvenir à Bloy avec cette lettre : " Ce lundi 22 juin 96 / Avec tous mes regrets, Monsieur, que vous vous soyez fermé à ce point les journaux qu'on ne puisse même citer votre nom ! / Ce Raitif m'est retourné avec prière de ne pas avoir à prononcer votre nom. Vous voyez que le "joli monsieur" est sans rancune. "