La première est adressée à Raoul Dufy, avec lequel Fleuret noua très tôt une grande amitié. Difficile à dater, elle concerne un projet de réédition de son recueil de poèmes Friperies, qui avait été publié en 1907. On sait que ce livre ne sera réédité qu'en 1923, avec des bois de Dufy, chez Gallimard. L'éditeur dont se moque ici Fleuret pourrait être La Sirène, qui publiera en 1920 la Comtesse de Ponthieu, avec un frontispice de Dufy

Lundi [1919 ?]

Mon cher Dufy, Je ne sais trop si j'aurai le temps de vous aller voir cette semaine, et préfère vous écrire au sujet de la question Max Jacob. Ne croyez-vous pas qu'il serait préférable de proposer Friperies, ouvrage déjà tout composé, et dont il ne reste plus qu'à payer la note ? That is the question !.... Il me semble que ce ne serait pas une grosse somme pour cet éditeur-amateur que l'on doit voler avec une impudence magnifique. Donc, nous tirerions à 100, prix 100 fr. Il n'en serait donné aucun exemplaire, sauf 1 à chaque auteur, et pas de dépôt chez les libraires. Je tiens absolument à cette dernière volonté, je veux dire la dernière par ordre, car je ne fais pas mon testament, comme vous pourriez le croire… Proposez toujours les deux choses : Friperies, ou la Comtesse de Ponthieu. Mais je crains que ces futuristes ne méprisent une chose si ancienne qu'ils sont incapables de nommer le règne qui l'a enfantée.