Parmi les maisons d'édition de l'entre-deux-guerres, La Connaissance (1918-1932) n'a pas la réputation d'avoir été à la pointe de la modernité. Son fondateur, René-Louis Doyon, libraire de son état - et libraire d'ancien en particulier - fut plus attiré par l'histoire littéraire et les grands anciens que par les jeunes écrivains. A de notables exceptions près, il est resté étranger aux recherches esthétiques de son époque. A-t-il seulement écrit le mot Surréalisme ? Faut-il pourtant à tout prix coller à son temps ? Nombreux sont ceux qui ont fait leur route loin des voies royales et, en ce qui concerne Doyon, on peut assurer qu'il eut des succès sur d'autres terrains : ceux de l'érudition, de la typographie et de la bibliophilie.

L'intérêt que Doyon a porté à Barbey d'Aurevilly, Péladan, Laforgue ou Charles Henry montre qu'il fut d'abord un enfant du XIXe siècle. Lui-même pratiqua un roman de ce temps-là lorsqu'il ne courait pas derrière les psychologies élaborées par un Paul Bourget. Sa phrase, toute imprégnée des fleurs de la rhétorique ancienne, de pensées bibliques et de savoirs religieux, témoigne qu'il ne fût pas l'apôtre des Roaring Twenties mais celui de la permanence du génie humain. Il l'a assez dit. Éditeur, Doyon n'était pas dénué de flair. Bien qu'il ait ignoré Cendrars ou Ivan Goll, il a ouvert les portes de sa boutique à André Malraux qui débuta dans sa revue La Connaissance - on l'a assez répété -, à Émile Dermenghem, Marcel Jouhandeau, Jean Ravennes, Jean Lucas-Dubreton ou François Turpin qui entamèrent leur parcours à l'ombre de Lucien Descaves, Henry Charpentier, Laurent Tailhade, Barbey d'Aurevilly ou Claude Tillier - toutes personnalités déjà mûres. Mais Georges Fourest ?

 

 

 

 

 

 

 


 

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