
Un feuillet rescapé d'uen édition corrigée de la vendetta
suivi de Notes sur deux pages corrigées de La Vendetta
Nicole Laval-Turpin/les poétesses
J.-J. Lefrère/ Ephraïm Mikhaël
Guy Ducrey/pantoufle et soulier
Jean-Louis Jeannelle/maison de Balzac
L. Doumens et S. Vachon/la Vendetta
La Maison de Balzac possède l'unique exemplaire connu d'une épreuve corrigée de La Vendetta. C'est un feuillet de 22 sur 14 cm, imprimé recto verso et paginé 309 et 310. Page 309, le texte imprimé débute par " Ginevra en lançant un regard de surprise au " et se termine par " une nouvelle preuve de l'existence d'un mys- " ; page 310 le texte débute par " [mys]tère dont elle avait soupçonné la gravité. Elle " et se termine par " sur le patriotisme de Ginevra, après l'avoir vue ". Les corrections à l'encre portées en marge sont de la main de Balzac. Elles consistent, pour la page 309, en deux suppressions mineures et en une modification de patronyme. Sur la page 310 sont prescrites la transformation d'une proposition subordonnée relative, la répétition d'une correction du verso et une autre modification. Page 309, une mention autographe, inscrite en partie entre deux lignes, indique manifestement le nom du typographe chargé des corrections de la portion : m. Denain. En juin 1836, c'est en effet un Dénain qui devait remettre à l'éditeur Werdet - ce dernier avait été associé à Madame Béchet - les épreuves qu'attendait Balzac pour travailler .
Sur le feuillet est imprimé un passage de La Vendetta, nouvelle appartenant au premier volume des Scènes de la vie privée. Dans la scène reproduite, Mademoiselle de Monsaurin, élève du peintre Servin, est alertée par l'aparté entre Ginevra Piombo, également de ses élèves, et Servin. Elle feint de quitter l'appartement et revient se cacher pour les espionner. Page 309, les suppressions portent sur le M. qui précède toujours, dans les éditions précédentes, le patronyme Servin. À partir de l'édition Furne, Balzac n'appelle plus Monsieur Servin que Servin, ne lui adjoignant M. que lorsque les élèves du peintre ou son épouse le nomment. La modification de patronyme concerne Mademoiselle de Monsaurin, qui deviendra désormais Mademoiselle Thirion.
Page 310, " dont elle avait soupçonné la gravité " devient " dont la gravité n'était pas douteuse ". Dans le fragment considéré, cette correction est la seule portant véritablement sur l'écriture littéraire. Le M. de M. de Servin est, plus loin, à nouveau supprimé, tandis qu'à la ligne 17, Amélie se substitue à Mademoiselle de Monsaurin. Le personnage se voit ainsi attribuer un prénom qui n'apparaissait pas dans les éditions antérieures. Il remplace à sept reprises le Mademoiselle de Monsaurin répété jusqu'alors fréquemment. Toutes ces corrections sont celles qui apparaissent dans l'édition Furne, Dubochet, Hetzel et Paulin, ainsi qu'en témoignent les variantes du texte établies par Madame Meininger pour l'édition Pléiade.
Des extraits de La Vendetta parurent dans La Silhouette du 1er avril 1830, peu avant sa publication en volume, et dans Le Courrier des électeurs peu après celle-ci. Dans l'édition originale et la suivante, éditées en 1830 et 1832 par Mame-Delaunay, la nouvelle suivait immédiatement la préface du tome I des Scènes de la vie privée. C'est lors de la troisième édition, chez Madame Charles-Béchet en 1835, que La Vendetta est reportée à la fin du tome I et que disparaissent les quatre divisions la découpant auparavant .

