Apollinaire au jour le jour

 

Michel Décaudin

 

 

Garde/2003

Entretien/Chapon

Noguez/Noguez

Delon/Baudelaire

Meunier/Char

Décaudin/Apollinaire

Lonjon/Carco

Petipas/Les escargots

Hartje/Radio

Raffin/Hugoxotique

Lacroix/Netthéâtre

 

 

 

 

 

 

 


 

À l'exception d'une page anthologique présentée par Francis Ambrière dans Les Nouvelles littéraires du 5 novembre 1938, les coupures de presse française sur Apollinaire rassemblées par Jean Arribey se répartissent entre 1945 et 1980. Il s'agit essentiellement d'articles de journaux et d'hebdomadaires, qui ne rendent que partiellement compte des démarches de la recherche, transmises plutôt par les revues (absentes, elles, de notre corpus, à l'exception de quelques pages d'Europe), mais qui balisent assez heureusement la fortune de l'image d'Apollinaire auprès du grand public.

Je me contente de signaler sans commentaire la présence abondante d'annonces publicitaires, de brefs avis annonçant chaque 9 novembre les manifestations du souvenir Apollinaire au Père-Lachaise ou en rendant compte, de portraits, de petits articles vulgarisateurs qui ne présentent pour nous qu'un intérêt anecdotique ou documentaire. Je laisse aussi de côté les " Chroniques du samedi " d'André Billy dans Le Figaro littéraire, où Apollinaire est certes souvent évoqué ou invoqué, mais sans que son image en soit vraiment modifiée. Relevons du moins la lettre qu'apparemment il est le premier à avoir diffusée, le 11 mai 1963, lettre où, à propos d'Alcools, Cendrars dit son admiration pour celui qu'il considère comme " mon maître […] notre maître à tous ".

Quelques grands ensembles se dégagent de la masse des autres articles, dont il n'est naturellement pas question d'établir ici un dénombrement exhaustif ; on relève seulement ceux qui ont paru les plus significatifs.

Biographie

Rien d'étonnant à ce que la biographie tienne une place importante. On savait encore peu de choses de certains aspects de la vie d'Apollinaire dans les années 45-50. C'est alors qu'Adéma fait les beaux titres du Figaro littéraire en publiant, à la suite du chercheur romain Vittorio Orazi, l'acte de naissance et l'acte de baptême du poète, soulevant ainsi un voile sur ses origines romaines, puis en apportant des révélations sur celui qu'il pensait être son père. Rappelons, sans entrer dans les détails, le scénario qu'il avait cru pouvoir établir alors. Désireux de trouver un beau parti pour sa fille, Apollinaire Kostrowitzky (pas le nôtre, mais son grand-père) la présenta dans les salons aristocratiques romains. Elle y rencontra Francesco Flugi d'Aspermont, son aîné de plus de vingt ans, membre d'une grande famille dont le nom est lié aux destinées du royaume des Deux-Siciles. De leur liaison naquit en 1880 Guglielmo, ou Wilhelm, ou Guillaume, que son père ne reconnut pas. Celui-ci finit par abandonner sa maîtresse, sur les instances de sa famille qui, de son côté, fit en sorte d'exiler la compromettante jeune femme et ses deux fils (un frère, Albert, étant né en 1882) à Monaco. Si l'on peut mettre en doute aujourd'hui cette hypothèse, il faut rappeler qu'elle eut alors un grand impact et contribua à enrichir une image romanesque du " mal-aimé ", à laquelle le public et une bonne partie de la critique ne demandaient qu'à croire.