Le crime d'Henry Bernstein

 

 

Philippe Daulnay

 

 

Lévi-Valensi & Bartfeld/Camus

Murphy, Cauvin & Lefrère/ Stupra

Riffaud/Vercors

Hélard/Chapuzot

Goujon/Dubus

Daulnay/Bernstein

Lassalle/vente Breton

Entretien / Gillois

Vaugeois/"Billy Record"

Marchal & Lecourt / Musée Mallarmé

Saint-Gérand/GDU portatif

Goldenstein/GDU portatif

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Théâtre perdu plutôt que retrouvé : l'un des objets de cette chronique, le principal peut-être, est moins de s'interroger sur les disparus, ceux qu'a semés l'histoire du théâtre, que sur ce que nous apprend leur disparition. La constitution d'un répertoire s'appuie d'abord sur une élimination massive. Sur quels critères, sur quel consensus est-elle fondée ? S'agit-il de processus irréversibles ? On pourrait se demander selon quels critères Eschyle et Sophocle ont été conservés de préférence à leurs concurrents aujourd'hui perdus. Mais, pour en rester dans le domaine d'Histoires littéraires, songeons au répertoire théâtral francophone des dix-neuvième et vingtième siècles. Il n'est pas exagéré de dire que la doxa, incarnée par les manuels scolaires (ô Lagarde ! ô Michard !) a martelé pendant des décennies comme une certitude qu'à l'exception d'Alfred de Musset (et un peu de Labiche, continuateur de Molière), le théâtre du XIXe siècle était nul et non avenu. Mais cela ne se lit pas seulement dans les manuels scolaires. Prenez le chapitre consacré au théâtre du XIXe siècle, extraordinairement bref, dans le volume Littérature française de l'Encyclopédie de la Pléiade publiée en 1958. Gaëtan Picon n'y parle ni des œuvres, ni de leur présentation à l'époque, ni de leur public, ni du retentissement qu'elles eurent souvent ; il explique simplement pourquoi elles ne sont pas bonnes : " Lorsque le romantisme demeure fidèle à ses sources profondes, les exigences scéniques l'empêchent de donner sa mesure : d'où un avortement, par défaut ou par excès. " Voilà qui est enlevé ! voilà surtout qui conduit le critique à sa grande idée, littéralement répétée du début à la fin du chapitre : le théâtre du siècle romantique n'a pu se réaliser que dans sa propre négation, c'est-à-dire le livre. D'où la grandeur de Musset, renonçant à la pratique de la scène au lendemain de la Nuit vénitienne et publiant Un spectacle dans un fauteuil : par ce geste héroïque, il devint le précurseur de Villiers de l'Isle-Adam, de Maeterlinck et de Claudel. Ceux-ci ont certes écrit des pièces, mais, selon Picon, c'était sans vraiment penser au théâtre ! Villiers " ne songea jamais à faire représenter " Axël et - ce sont les dernières lignes de ce chapitre - " le génie dramatique de Claudel ne fait que souligner le conflit actuel de la scène et de la grande création littéraire - le caractère intérieur et solitaire de cette création "..