



Cette chanson de café-concert - ou plutôt : ce " chant biographique " - date de 1884. Elle est l'œuvre, pour les paroles, de Paul Poyaud père, et, pour la musique, d'Émile Poyaud fils, à Paris chez Me Veuve Bertrand, libraire, rue du Pressoir (partie aujourd'hui disparue de la rue Saint-Eleuthère sur la Butte Montmartre) ; le " petit format " est imprimé par Ch. Joly, 14, rue du Renard. Sur la deuxième page, les Poyaud père et fils ont établi le catalogue des " œuvres principales du novateur, du révolutionnaire littéraire ", bref de " l'enfant sublime ". Cette chanson donne le ton de l'admiration populaire pour notre grand poète national dans les salles de café-concert, un an à peine avant sa mort :
1 Victor Hugo, c'est notre très grand maître, Il a subi, mais avec dignité, Vingt ans d'exil infligés par un traître, Il a souffert lui, pour la liberté ! Puis il revint au beau pays de France, Où l'acclama la patrie en danger, Après Sedan on vivait d'espérance, On réarmait pour chasser l'étranger. Refrain L'illustre Hugo, l'universel poète, Notre mentor et notre précurseur, C'est un phénix, c'est un prophète, Un génie, un libre penseur Un immortel libre penseur ! 2 Victor Hugo fut victime à Bruxelles D'un guet-apens de la réaction, Pour le grand homme, elle est universelle Malgré cela notre admiration. Ce citoyen défendit la faiblesse, Il fit pour ça de sublimes efforts, Grâce à son style, à sa rare noblesse, Il terrassa très souvent les plus forts.
