



Cet article anonyme présentait des anecdotes et des souvenirs qui, par leur style et la précision des détails, ont paru très convaincants. L'inconnue y reproduisait une lettre de Guy, qui figure actuellement dans la correspondance de l'écrivain normand établie par Jacques Suffel. Quelques mois plus tard, le 25 mars et le 10 avril 1913, la mystérieuse madame X publiait dans la même revue la suite de ses souvenirs. Ces deux articles semblent moins connus et sont même parfois ignorés des biographes et des spécialistes de l'écrivain. On y divulguait d'autres lettres d'amour de Guy à la correspondante anonyme. Le style de ces lettres porte incontestablement la facture de Maupassant.
Pendant une longue période, il ne semble pas que ces révélations aient été contestées. En matière de supercherie littéraire, c'est en général quand l'auteur du canular se dénonce ou bien est découvert que la mystification prend fin. Tout le monde a en mémoire la célèbre affaire de La Chasse spirituelle où les " coupables " s'étaient fait connaître. Pourtant, dans l'histoire qui nous préoccupe, un homme, un écrivain, avouait avoir été l'auteur des souvenirs de madame X. Le 10 juillet 1932, dans L'Esprit Français n° 73 paraissait un article d'un certain Aurèle Patorni qui avait recueilli les confidences d'un écrivain oublié aujourd'hui : Adrien Le Corbeau. Aurèle Patorni annonce la mort d'Adrien Le Corbeau dont il rappelle qu'il est l'auteur de trois livres : Le Gigantesque, L'Heure finale et Le Couple nu préfacé par Mme de Noailles, que les critiques avaient salués à l'époque en termes élogieux.
