Michel de Notre-Dame de La Garde

 

 

 

HL 17

 

ND de La Garde/2004

Entretien/Deguy

Murphy/Rimbautographe

Le Roux/Eluard

Laster/Bicentenaire Hugo

Guichon/Roux-Rennéville

Macé/Fabula

Oberhuber/Bibliothèque Marguerite-Durand

 

 

 

 

 

 

 


 

L’année 2004 sera une de ces années remarquables où un surnuméraire 29 février vient compenser, tant bien que mal, l’imperfection de notre calendrier terrestre. Il s’agit même de la première année bissextile du nouveau millénaire puisque 2000, on le sait, n’était que la dernière année du xxe siècle. L’infinie sagesse galactique a voulu que ce 29 février 2004 tombe un dimanche, ce qui constitue une invitation à la méditation et à la contemplation de ce mystère astronomique et légal. Les lecteurs d’Histoires littéraires trouveront bon, cependant, que l’on s’interroge ici sur les conséquences littéraires de la bissextilité.
Qu’en est-il, en effet, des anniversaires d’écrivains tombant un 29 février ? L’Église catholique a affecté ce jour à des saints peu honorés : saint Oswald, roi et martyr, et saint Grégoire de Narek, poète mystique et arménien, ou saint Auguste Nazel, prêtre massacré pendant la Révolution, ou saint Auguste Chapdelaine, missionnaire tué par les Chinois. Peu de chrétiens se sentiront lésés de ne fêter leur saint patron que tous les quatre ans, les Auguste et les Grégoire pouvant se rattacher à d’autres saints homonymes et saint Oswald étant aussi fêté le 6 août. L’histoire littéraire, avec ses cultes minutieux et son sanctoral pointilleux, souffre beaucoup plus de la bissextilité. Prenez le cas de Félix Fénéon, mort le 29 février 1944 : voici un anniversaire que l’on ne peut commémorer que tous les quatre ans. Le dommage est considérable : on pourra célébrer le centenaire de sa mort, puisque 2044 sera forcément bissextile, mais pas son cinquantième anniversaire, puisque 1994 n’a pas comporté de 29 février. Or, l’habitude des cent cinquantièmes, vingt-cinquièmes ou dixièmes anniversaires est profondément installée dans les usages commémoratifs de notre histoire littéraire, qui ne peuvent se contenter de rendez-vous séculaires avec la mémoire d’un écrivain. La bissextilité, qui impose des anniversaires multiples de quatre, ne laisse à la disposition des « Associations des amis de » que l’un peu trop court vingtième anniversaire et l’un peu trop long anniversaire séculaire. Les conséquences sur les fortunes littéraires en sont aussi incalculables qu’indéniables.
2004, année bissextile