Un centenaire discret

 

Patrick Benza

 

 

Patrick Benza/Mérimée

Fr. Caradec/Noël Arnaud

Daniel Zinszner/Sade et Sue

Cecily Mackworth/ Mallarmé

Nicole Laval-Turpin/les poétesses

J.-J. Lefrère/ EPhraïm Mikhaël

Entretien / Losfeld

Hugues Marchal/Poddema

Guy Ducrey/pantoufle et soulier

Jean-Louis Jeannelle/maison de Balzac

L. Doumens et S. Vachon/la Vendetta

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Pour une bonne partie du " grand public ", Mérimée n'est que l'auteur d'une célèbre dictée - un lointain précurseur de Bernard Pivot, en somme. Quant aux critiques et aux historiens de la littérature, ils sont bien embarrassés devant son cas : chair ou poisson ? Comme l'auteur de La Guzla et de Lokis n'est visiblement ni l'un ni l'autre, ils préfèrent ne point s'en occuper, ou ne le font que distraitement. Quelques-uns rendent un culte secret à l'auteur de H.B. et de certaines lettres libres à Stendhal. D'autres, enfin, rappellent que Mérimée est l'auteur de Carmen, une nouvelle qu'on lit peu, mais qui a eu tout de même une certaine postérité. Tout cela ne va pas très loin. Nous étant avisé par hasard que le bicentenaire de la naissance de Mérimée tombait en cette année 2003, nous avons eu l'idée de chercher, sur le site d'Internet réservé à nos nombreuses " Célébrations nationales ", ce qui avait été prévu pour honorer sa mémoire.

Les résultats de cette recherche ne manquent pas d'intérêt. La manifestation la plus importante est une Saison Mérimée prévue au musée-château de Compiègne à l'automne : expositions, spectacles, visites-conférences, films, et, bien évidemment, des " nouvelles dictées de Compiègne " à la clef. Pour le reste, un colloque international de deux jours, qui se tiendra à Biarritz, en septembre, sur le thème suivant : Mérimée et l'impératrice Eugénie au Pays basque. Le sujet choisi ressortit évidemment à ce qu'on appelle " l'identité régionale ", même si ce n'est peut-être pas là le meilleur moyen de remettre à l'honneur Mérimée ou d'améliorer notre connaissance de sa vie et de son œuvre. Toujours Mérimée, sénateur de Badinguet et ami d'Eugénie ! Autre manifestation, plus universitaire, celle-là : une journée d'étude Écrivain d'abord, Mérimée, qui s'est tenue le 6 mai à la BnF. C'est tout, sauf erreur, à part diverses expositions de photographies. Faut-il penser que les organisateurs des Célébrations nationales se sont battu les flancs pour tâcher d'établir un calendrier Mérimée un peu fourni ? Il est vrai que les universitaires ne se bousculent pas non plus, sauf exception, pour faire des recherches sur l'écrivain. Il est vrai aussi qu'il y a des Célébrations nationales encore plus biscornues : passons sur le 150e anniversaire de la prise de possession, par la France, de la Nouvelle-Calédonie ; mais saviez-vous que 2003 est le 150e anniversaire de la publication d'une " nouvelle édition [sic] de Du vrai, du beau, du bien de Victor Cousin ", qu'on va très sérieusement fêter ? Mais oui. La manie des anniversaires n'a décidément point de limites. Au fait, il semble bien qu'on ait oublié de fêter le 150e anniversaire du Monde renversé d'Henri de Bornier, de Paris démoli d'Édouard Fournier, de L'Honneur et l'argent de Ponsard, des Proverbes d'Alphonse Karr, de Philiberte d'Émile Augier et de tant d'autres œuvres impérissables, qui crient justice.