
Lettres de Francis Carco à Jeanne Landre
Ces quatorze lettres complètent celles publiées par Jean-Jacques Bedu en annexe de sa biographie parue en 2001 aux Éditions du Rocher. Elles ont été écrites pendant la Grande Guerre (entre avril 1915 et août 1918), alors que Francis Carco était en cantonnement à Besançon.
Carco va avoir 29 ans en juillet 1915. Il a déjà publié six recueils de poèmes après son premier, Instincts, paru en 1911 à lUnion française dédition, puis en 1913, chez Sansot, un essai sur Charles-Henry Hirsch, tandis que son premier roman, Jésus la Caille, est édité au Mercure de France en 1914. Il a été mobilisé le 2 août 1914 et devra attendre sa feuille de route jusquau mois de novembre. Sa première affectation sera, à son grand regret, éloignée du centre névralgique des grandes opérations de guerre. Il se retrouve à Besançon, où il patientera jusquen mars 1916, date à laquelle il sera muté à lEcole daviation Maurice-Farman, où il sera élève pilote. Il voyagera ainsi de Dijon à Etampes pour piloter un Blériot, puis de Bourges à Châteauroux en passant par Pau, où il testera un avion de chasse Newport jusquà ce quil soit victime dun accident de pilotage et blessé aux genoux à la fin de lannée 1916. Dans le même temps, il écrit et publie Les Innocents et Badigeon aviateur.
Au cours de lannée 1917, il écrit Les Malheurs de Fernande, Les Mystères de la morgue avec Pierre Mac Orlan, Bob et Bobette samusent, Scènes de la vie de Montmartre. Il tire de son roman Jésus la Caille une pièce de théâtre et écrit de nombreux contes ou articles pour Fantasio, LÉclair, LExcelsior, La Baïonnette, Luvre, LÎle sonnante, Les Bandeaux dor Il trompe son ennui en composant beaucoup nouvelles, contes, romans, articles et écrit des centaines de lettres, souvent longues, à ses amis Robert de la Vaissière, Édouard Gazanion, Marc Brésil, Pierre Benoit, Roland Dorgelès et Jeanne Landre, laquelle lui sert le plus souvent de relais et de messagère vers son éditeur. Parfois déprimé, il menace de temps à autre dabandonner lécriture pour se consacrer en province à des métiers plus rationnels : clerc de notaire ou mercière !
