
Dossier Alphonse Allais
(I) Narcisse Lebeau
CM. Pierre Vital Bouverat porte le prénom assez rare de son grand-père Vital Hocquet, connu au Chat Noir sous le nom de Narcisse Lebeau. Il nous a confié un ensemble de documents provenant de son grand-père, comprenant notamment : un manuscrit de souvenirs sur son ami Alphonse Allais, écrit après la guerre de 14-18, accompagné de dédicaces autographes dAllais à Lebeau ; deux affiches de la candidature humoristique de Lebeau aux élections municipales de Paris en 1898 ; des documents concernant ses amis musiciens Erik Satie et Claude Debussy (une lettre autographe) ; des documents concernant la société théâtrale le « Gardénia » et ses camarades du Chat Noir, George Auriol et Franc-Nohain ; quelques contes et fantaisies de Lebeau parus dans Le Chat Noir et Le Journal.
Alfred Vital Narcisse Hocquet, architecte, fils dun entrepreneur de « couverture, plomberie, gaz, appareils » dont les bureaux et magasins étaient situés 58, rue dAmsterdam, à Paris, est né le 9 avril 1865 à Arras. Il devait son second prénom à son parrain, Vital Depémelare. Marié une première fois à Eugénie Barreau (Allais et Debussy assistaient au mariage), bombardé officier dAcadémie le 16 février 1899, il divorce en 1905 peu avant la naissance, le 6 mai, de sa fille Simone Aimée Hocquet, dont il épouse la mère le 28 décembre. Il avait fait construire en 1901 une maison à Asnières, 58, rue de Châteaudun (aujourdhui rue du R.P. Christian Gilbert, prêtre fusillé par loccupant allemand en 1942 pour faits de Résistance, et qui occupait le même immeuble). Il y est décédé le 7 décembre 1931.
Dans une lettre à son ami larchitecte Henri Guillaume frère dAlbert Guillaume, le dessinateur de petites femmes , Allais recommande son ami :Mon cher Henri,
Comme artiste reçois bien mon ami le fantaisiste que tu connais, Narcisse Lebeau.
Comme architecte, fais gagner des flots dor à M. Vital Hocquet qui lui ressemble comme un frère.
Et recommande-le aux plus puissants de tes amis.
Merci davance de tout ce que tu vas temployer pour lui et, en même temps que la bonne poignée de main que je te confère, distribue autour de toi mes plus affectueux souvenirs.
Encore, mon vieux Dodor, tout à toi.
Ton
Alphonse AllaisAllais écrit aussi à Maurice Méry, directeur du Sourire, en 1899 : « Jai écrit à Maurice Lebeau de vous apporter q[uel]q[ues] fantaisies. Je vous le recommande : cest le meilleur de mes élèves et il a fait souvent des choses très drôles. »

