Éric Dussert

 

Éditer la Négresse

Correspondance croisée René-Louis Doyon / Georges Fourest

Enrichie d’une lettre de François Turpin et de trois missives à Lucien Métivet

Parmi les maisons d’édition de l’entre-deux-guerres, La Connaissance (1918-1932) n’a pas la réputation d’avoir été à la pointe de la modernité. Son fondateur, René-Louis Doyon[1], libraire de son état – et libraire d’ancien en particulier – fut plus attiré par l’histoire littéraire et les grands anciens que par les jeunes écrivains. À de notables exceptions près, il est resté étranger aux recherches esthétiques de son époque. A-t-il seulement écrit le mot Surréalisme ? Faut-il pourtant à tout prix coller à son temps ? Nombreux sont ceux qui ont fait leur route loin des voies royales et, en ce qui concerne Doyon, on peut assurer qu’il eut des succès sur d’autres terrains : ceux de l’érudition, de la typographie et de la bibliophilie.

L’intérêt que Doyon a porté à Barbey d’Aurevilly, Péladan, Laforgue ou Charles Henry montre qu’il fut d’abord un enfant du XIXème siècle. Lui-même pratiqua un roman de ce temps-là lorsqu’il ne courait pas derrière les psychologies élaborées par un Paul Bourget. Sa phrase, toute imprégnée des fleurs de la rhétorique ancienne, de pensées bibliques et de savoirs religieux, témoigne qu’il ne fût pas l’apôtre des Roaring Twenties mais celui de la permanence du génie humain. Il l’a assez dit.

Éditeur, Doyon n’était pas dénué de flair. Bien qu’il ait ignoré Cendrars ou Ivan Goll, il a ouvert les portes de sa boutique à André Malraux qui débuta dans sa revue La Connaissance – on l’a assez répété –, à Émile Dermenghem, Marcel Jouhandeau, Jean Ravennes, Jean Lucas-Dubreton ou François Turpin qui entamèrent leur parcours à l’ombre de Lucien Descaves, Henry Charpentier, Laurent Tailhade, Barbey d’Aurevilly ou Claude Tillier – toutes personnalités déjà mûres. Mais Georges Fourest ?

À la lueur des documents présentés ci-dessous, on ne fera pas passer Doyon pour un redécouvreur de Fourest, dont les écrits avaient été édités une fois déjà depuis 1909. L’échange épistolaire – ou ce qu’il en reste – montre un auteur aux prises avec son éditeur. L’aperçu n’est pas inutile car il éclaire un peu ces personnalités fortes, ombrageuses parfois. Par ailleurs, si l’on excepte les prises de bec commerciales ou financières qui ponctuent cette petite correspondance, il faut signaler que Fourest fut, avec Claude Tillier et Roger Pillet, un des auteurs les plus publiés par Doyon, qui donna deux éditions du même [p. 121] texte à dix-huit mois d’intervalle. Certains des écrits qui suivent montrent que les deux hommes partageaient le sens de l’humour. On y voit d’ailleurs que la postérité est bonne fille : elle aime rire, et l’hilarité n’oblitère pas sa jugeote puisqu’elle a bien caché le fait que le pasticheur Fourest fut aussi pastiché[2], tardivement il est vrai, mais sans grand bonheur. L’histoire a retenu La Négresse blonde et Le Géranium ovipare sans les confondre avec un Gallinacé pédéraste[3].

À l’occasion de la publication, dans l’Anthologie poétique du XXème siècle de Robert de la Vaissière[4] de Repas de famille, un poème « anthropophage » issu de La Négresse blonde, Léon Treich reprend le poème dans son Almanach des lettres[5] et apporte ces informations sur Fourest :

 

Né à Limoges, le 6 avril 1867. Venu à Paris comme étudiant en droit, y a collaboré à de nombreux journaux et revues littéraires, et a été un des fondateurs de l’Ermitage, dont M. Henri Mazel fut le rédacteur en chef. En 1909, publie chez Messein la Négresse blonde, avec préface de Willy. Le volume s’enlève rapidement, grâce à un très bel article de Pierre Mille dans le Temps. Une nouvelle édition paraît chez Crès et s’épuise très vite. Enfin, depuis la guerre, trois éditions ont paru à la Connaissance, la première avec frontispice et portrait de Georges Villa ; la seconde, identique à celle-ci, mais sans frontispice ni portrait[6] ; la troisième, avec soixante-quinze dessins de Lucien Métivet. Les deux premières sont depuis longtemps épuisées.

 

Dans leur Bibliographie, Talvart et Place[7] sont plus précis et ne se laissent pas compter de sornettes : une édition ordinaire et un tirage de tête enrichi d’illustrations n’ont jamais constitué deux éditions différentes. Pour eux, [p. 122] La Connaissance n’a publié que deux ouvrages de Georges Fourest, ses « Martialeries » évoquées plus bas et La Négresse blonde qui eut donc les honneurs d’une édition illustrée de deux dessins de Georges Villa[8] et de l’extraordinaire « Cinquièsme hypostase » illustrée de soixante-quinze « tatouages » d’un Lucien Métivet en grande forme[9].

C’est l’histoire éditoriale de ce dernier livre que nous allons suivre à travers quelques lettres. Bref rappel des faits : le 30 janvier 1920, Doyon lance le numéro inaugural de La Connaissance. En mars paraît L’Horizon débridé [10], recueil d’interviews imaginaires avec des gloires littéraires. C’est un genre d’entretien tout à fait nouveau, imaginé l’année précédente par Henri Jeanson pour Le Canard enchaîné – avec lui, on peut imaginer que Doyon a trouvé un modèle, à moins que le hasard ait fait coïncider l’ouvrage des deux porte-plumes qui s’ébrouent dans les mêmes encriers du pastiche, de la satire et du pamphlet. Doyon donne en ouverture cet « advis » :

 

Ces interviews négatives n’ont pas été posées : ces réponses n’ont pas été fournies ; les entrevues, scènes et tableaux sont peut-être illusoires et ont servi de prétextes à des synthèses propres à contribuer à l’histoire littéraire du temps.
Thème général mais presque jamais suivi : Maître, Monsieur ou confrère, que n’avez-vous pas fait, que n’êtes-vous pas ? qu’ignorons-nous de vos travaux ?
Moyens exécutifs : Cheval, taxi, radiotélégraphie, télégrammes, visites personnelles, amis, toute la lyre, quoi !
Direction : Des Dieux, pas de faux-dieux.

 

Nous savons par conséquent à quel point l’éditeur adore son auteur car ce premier pas nous amène « Sur le parvis » de L’Horizon débridé où G. Fourest est figuré sous la figure oxymoresque du « Merle Blanc ». Voici son entretien imaginaire :

 

Nous avons recherché dans tout Paris, Georges Fourest : la chasse à l’homme fut mouvementée et longue. On nous dit d’abord que Georges Fourest et sa Négresse Blonde, était une invention montmartroise que personne n’avait lue[11] ; notre patience ne fut pas désarmée et le livre nous échut par [p. 123] adventure [sic]. Régal, plaisir, véritable littérature, poésie chatoyante, rythmée et fantaisiste ! Par une déduction d’une logique commune à tout philosophe, nous avons inféré que l’auteur existait puisque son livre était, et, fort de cette certitude nous enquêtâmes ; ce fut quelquefois décourageant, un admirateur de la Négresse nous assura que Fourest était mort enragé, que cette fin n’avait rien d’étonnant quand on lisait l’ordre de ses funérailles réglées par lui-même, charge amusante que la vue des obsèques un peu pompeuses de Victor Hugo avait déjà vaguement suggérée à l’humoriste. Quelqu’un nous assura qu’il était moine.

 

 

Carte-lettre du 16 octobre 1919 à l’effigie photographique de Fourest.

 

 Portrait de Fourest par Georges Villa.

[p. 124 ] Enfin, nous découvrîmes celui qui « porte la royale tel Armand du Plessis »[12] et a des lettres, pour ne pas dire mieux. Dans son calme salon, nous ne vîmes aucune fille ou mère de Malikoko apprivoisée ; Fourest ne jonglait avec aucun crâne ni tibia, mais deux charmants enfants le prenaient à témoin d’un vol d’avion minuscule autour de la lampe. La conversation fut plaisante et fleurie de paroles ailées ; les noms les plus coruscants furent tour à tour évoqués : Martial, que Fourest collige avec beaucoup de modernité, Claude d’Esternod qu’il apprécie, Laurent Tailhade qu’il aime toujours lui son quart de frère en Mitrophane Crapoussin. G. Fourest, jeune, cordial, éloquent n’était plus un mystère, un homme lointain, inconnu, mais un poète véritable et un papa qui aime ses enfants comme il chérit cette Blonde Négresse prête à renaître dans une gloire qui n’a pas diminué.

 

Georges Fourest et Louis-René Doyon – puisque Fourest n’omet jamais d’intervertir les deux prénoms du Mandarin dans un geste équivoque –, les deux hommes de lettres se connaissent au moins depuis l’année 1918 comme en témoigne une :

 

1. Enveloppe estampillée du 31 octobre 1918. La lettre manque, mais on sait que Fourest l’expédie de Gentaud par Saint Paul d’Eyjeaux[13].

 

De même pour le document suivant, une :

 

2. Enveloppe datée du 18 août 1919.

 

La première lettre dont le texte a été conservé est celle du 16 octobre 1919, qui fut postée le jour même. Il s’agit d’une carte-lettre illustrée du portrait photographique de Fourest. Le choix de ce support pourrait être un clin d’œil, mais rien ne permet de l’assurer. En revanche, il est certain que cette lettre est adressée à « Monsieur / le directeur de la “Connaissance” » et il est probable qu’elle concerne, comme les deux précédentes, la publication des Douze épigrammes plaisantes imitées de P.-V. Martial, chevalier romain, par un humaniste facétieux dont Pascal Pia a attribué sans coup férir la paternité à Georges Fourest. Pia, qui connaissait très bien Doyon et plus encore Malraux, fréquentait avec ce dernier la librairie de la galerie de la Madeleine à l’époque de cette publication. On notera que les négociations pour l’édition de La Négresse blonde sont entamées.


[p. 125] 3. Lettre de G. F. à R.-L. D. du 16 octobre 1919 :

 

Monsieur
Comme suite à notre conversation et à votre lettre me faisant connaître votre intention de faire à vos frais une édition de la Négresse blonde en me donnant 10 % sur les prix marqués vous seriez bien aimable de me faire savoir 1° à combien d’exemplaires et à quel prix vous entendez tirer et l’édition de luxe et l’édition populaire ; 2° si vous désirez traiter en même temps pour les deux éditions (de luxe ou populaire) ou pour une seulement. – Je me mets à la correction de l’exemplaire que je vous enverrai dès que la correction susdite sera achevée.
Croyez, je vous prie, à mes sentiments les plus distingués

Georges Fourest

Château de Gentaud par St Paul d’Eyjeaux

16 octobre 1919.                                                      (Hte Vienne)

 

4. Lettre de G. F. à R.-L. D. du 23 décembre 1919 :

 

                                                                  Paris 23 Décembre 1919

Mon cher confrère
Je retrouve sur mon bureau la Préface à mes Martialeries[14] d’où je conclus (j’ai eu un prix de logique au lycée) que je ne vous l’ai pas envoyée. Trouvez-la donc sous ce pli. Je ne puis guère me rendre chez vous, ces jours-ci ; écrivez-moi donc je vs prie si vs êtes toujours décidé à publier ces impertinences et à quelles conditions. – Quoi de nouveau pour la Négresse blonde ? Avez-vous l’imprimeur rêvé ?
Tout à vous
Georges Fourest

 

5. Lettre du secrétaire général de La Connaissance François Turpin[15] à G. F. (copie dactylographiée sur papier pelure conservée à la Bibliothèque municipale de Mâcon).


                                                                                 20 Janvier 1920.

Monsieur Georges Fourest

24 Rue de Milan

Paris 9e

Monsieur
Conformément à votre désir je vous adresse ci joint une copie de votre conte : « Le LOUP GAROU »[16]. L’original et la seconde copie ont été mis précieusement à l’abri des mains et des regards indiscrets pour éviter que ne se renouvelle la mystérieuse disparition.
D’autre part, dans notre annonce qui paraîtra dans le Mercure de France du Ier Février, j’ai fait insérer le titre de votre conte : À paraître dans le second numéro de « la Connaissance ».
À nos regrets pour le fâcheux incident de l’autre jour, je joins, en vous priant de l’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Le SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

 

En ce qui concerne La Négresse blonde, un encart publicitaire de la Connaissance dans la Nouvelle Revue française du 1er février 1920 (n° 77) évoque le volume sans préciser s’il a paru ou reste à paraître. L’encart du premier avril (Nouvelle Revue française n° 79) indique son tirage : « 25 Chine à 36 fr., 65 Hollande Van Gelder à 30 fr., 435 Vergé de pur fil à 16 fr. » Enfin, c’est dans l’encart inséré dans la Nouvelle Revue française du 1er juin 1920 (n° 81) que La Négresse blonde figure à la rubrique des « Publications du Mois », avec ce détail : « Augmenté d’un poème inédit, préface de Willy : 7 fr. 50, franco : 7 fr. 80 »[17]. Si l’on en croit l’exemplaire personnel d’Édouard Willermoz vendu à la Réserve de la Bibliothèque nationale de France le 16 février 1954 par Doyon lui-même, le livre est sorti aux alentours du 10 avril 1920, puisque c’est à cette date que l’éditeur signe l’exemplaire[18] de son associé et ami.

6. Enveloppe sans la lettre qu’elle contenait, postée à la gare Saint-Lazare le 25 juin 1920 par G. F. à destination de L. R. Doyon [sic] « éditeur / à la Connaissance ».

7. Idem du 15 juillet 1920.

[p. 127] 8. Lettre et enveloppe de G. F. à L. R. Doyon datée du 19 septembre 1920 (cachet de Saint Paul d’Eyjeaux, 20 septembre 1920) :

Cher monsieur
Voici une machinette qui peut-être pourra figurer dans la Connaissance. Je vous enverrai un de ces jours les nouveaux Martial si vous croyez bon de les publier (pas dans la Connaissance. [sic] Je vais me mettre aussi à revoir et colliger [metr son] corriger mes contes ; jusqu’ici je fus un peu pris par mes devoirs de terrien. – Vu les deux libraires de Limoges qui m’ont dit avoir vendu pas mal de Négresses. Le bouquin est encore demandé. Je crois qu’ils prendraient volontiers quelques uns des exemplaires retour de Suisse sans se [mot barré illisible] beaucoup se soucier [sic] de la malencontreuse lettre K[19]. On leur a demandé des exemplaires avec portrait. Notre édition à 7,80 sera-t-elle bientôt épuisée ? Il me semble qu’elle doit avancer[20]. – Bien reçu le dernier fascicule de la revue, fort intéressant. Bravo et merci.

Bien vôtre

Georges Fourest

Gentaud le 19 Septembre 1920.
Gentaud par St Paul d’Eyjeaux (Haute Vienne)
P. S. Vous seriez aimable de m’envoyer deux exemplaires du n° [qu] de la Connaissance qui contient le Loup garou. Merci d’avance.

 

9. Lettre de R.-L. D. à G. F. non signée datée du 18 8bre 0 [18 octobre 1920] (copie dactylographiée sur papier pelure conservée à la Bibliothèque municipale de Mâcon) :

18 8 bre 0
Monsieur Georges FOUREST
Cher Monsieur,
Les épigrammes ne sont pas épuis[é]es et les bibliophiles ne goûteraient pas du tout aux combinaisons contre toutes les habitudes. Je vais y réfléchir.
En tout cas, je vais convoquer Métivet pour voir ce qu’on peut tirer de « La Négresse Blonde ». Je pense trouver un moyen terme pour faire une édition semi-populaire.
À vous

 

10. Lettre de R.-L. D. à Lucien Métivet non signée, datée du 18 8bre 0 [18 octobre 1920] (copie dactylographiée sur papier pelure conservée à la Bibliothèque municipale de Mâcon) :

18 8 bre 0
Monsieur METIVET
Monsieur,
Georges Fourest me rapporte le propos que vous auriez formulé de présenter un jour quelques dessins genre Pausole pour La « Négresse Blonde ».
Voulez-vous me voir à ce sujet ? Je suis à votre disposition cette semaine,
partant lundi prochain en Belgique. Vous pouvez me téléphoner l’après-midi de préférence (Elysée 61-18) pour m’annoncer votre rencontre.
Veuillez agréer mes salutations empressées,

 

11. Lettre de G. F. à R.-L. D. datée du 23 octobre 1920 :

Cher monsieur
Merci et grand merci pour l’envoi de votre Laforgue inédit[21]. Vous avez eu une riche idée Mr Malraux et vous de publier ces ennuis non rimés et ces chroniques parisiennes et je vous dois d’avoir passé hier une délicieuse soirée à lire les unes et les autres. Les chroniques m’ont reporté au temps lointain où je les savourais (écolier de l’indyte université de Toulouse) dans la Revue Indépendante. Au point de vue bibliophilique le livre est excellement [sic] présenté. Mes compliments pour votre nouvelle marque[22] gnvsiz d’un goût parfait.

 

Pour les martialeries j’ai dû mal m’expliquer. Voici ce que je proposais : publier les nouvelles épigrammes comme les premières puis lorsque les unes et les autres seront épuisées les réunir en un petit volume ; je ne vois rien là qui puisse choquer les amateurs. – Je suis perplexe toujours entre l’édition à bon marché et l’édition Metivet [sic]. Donnez-moi donc quelques détails sur l’une et l’autre telle que vous les concevez. Je serai à Paris le 9 Novembre.
Vu hier un amateur (ami de Metivet [sic] justement) qui s’est fait une Négresse épatante : il s’est fait confectionner un frontispice par Abel Fèvre, et des illustrations marginales (exemplaire gd papier de l’édition Crès) par Hermann-Paul, Métivet, Willette, etc. Qui s’ait s’il ne nous autoriserait pas à reproduire le frontispice de Fèvre ? – Pour les contes votre orgueilleux et bleuté vélin serait très bien.

Encore merci et bien à vous

Georges Fourest

Gentaud ce 23 Octobre 1920

[p. 129] 12. Lettre de R.-L. D. à G. F. non signée, datée du 6 9bre 0 [6 novembre 1920] (copie dactylographiée sur papier pelure conservée à la Bibliothèque municipale de Mâcon) :

6 9 bre 0
Monsieur Georges FOUREST
14 rue de Milan
PARIS.
 
Cher Collaborateur,
Vu Métivet, cela va marcher, son plan est très intéresant [sic] et les croquis amusants.
Voulez-vous me voir sans retard ? Le dîner de « La Connaissance [sic] aura lieu le 15 novembre 7h. 1/2 du soir, 28 rue Boissy-d’Anglas, à l’ancien Petit-Lucas, m’informer si vous êtes des nôtres.
À vous

 

13. Lettre de R.-L. D. à Lucien Métivet non signée, datée du 8 9bre 0 [8 novembre 1920] (copie dactylographiée sur papier pelure conservée à la Bibliothèque municipale de Mâcon) :

 

8 9 bre 0

Monsieur Lucien METIVET

6 Bd de Clichy

PARIS.

Cher Maître,
Fourest est arrivé et nous pouvons avant qu’il vous voie, convenir que sur l’édition de « La Négresse Blonde » éditée avec vos 75 images, vous toucherez 10 % (dix pour cent) sur tout le tirage, ce pourcentage calculé sur le prix des libraires et non celui du public. Le tirage sera donc sur divers papiers à déterminer selon mes disponibilités. Reste la question des originaux, dont vous voudrez bien m’entretenir.
Rassenfosse et Malo-Renault seront du dîner du 15 et je compte vous avoir comme convive.
Bien à vous
P. s. On compose vos titres.

 

14. Lettre de R.-L. D. à G. F. non signée, datée du 20 9bre 0 [20 novembre 1920] (copie dactylographiée sur papier pelure conservée à la Bibliothèque municipale de Mâcon) :

 

20 9 bre 0

Monsieur Georges FOUREST

Rue de Milan

PARIS.

Cher Monsieur et ami,
Nous sommes d’accord pour rééditer « La Négresse Blonde » avec 75 images de Métivet. Notre premier tirag [sic] sera de mille exemplaires sur différents papiers, et nous pourrons dans ce deux [sic] qui suivront l’apparition [sic], retirer dans les mêmes formes selon les besoins de votre clientèle. Sur tous ces tirages, un droit de 10 % vous est acquis, prélevé sur les prix forts de mise en vente. [p. 130]
D’ores et déjà, nous ne pouvons déterminer ces prix subordonnés à ceux de revient encore inconnus.
Souhaitons que la Négresse fasse beaucoup de petits et que cette cinquième édition, soit un signe de l’immarcescible jeunesse de votre remarquable ouvrage.
Croyez à mes bons sentiments

 

15. Lettre de G. F. à R.-L. D. datée du 26 octobre 1920 :

 

Cher monsieur et ami
Excusez moi de répondre un peu tard à votre dernière lettre et avant d’accepter formellement votre aimable proposition permettez-moi de vous demander quelques précisions (ça rime mais je ne l’ai pas fait exprès). I° il est entendu que pendant 2 ans vous avez le droit de réimprimer la Négresse [mai] selon les besoins de votre clientèle mais supposons que n’usiez pas de ce droit, sur la Négresse étant épuisée il ne vous semble pas opportun de la réimprimer, n’aurais-je pas si je suis d’avis contraire le droit de la publier ailleurs ? C’est là l’objection que je vous ai déjà faite oralement. Vous avez le droit de réimprimer mais si vous n’en usez pas je reprends ma liberté ; 2° je comprends très-bien [sic] que dans les circonstances présentes vous ne puissiez d’avance fixer le prix de vente mais je voudrais qu’il fût entendu que dans tous les cas ce prix ne sera pas inférieur à 16 francs. Bien entendu si des exemplaires de luxe sont tirés mon droit de 10 % portera sur le prix fort des exemplaires de luxe comme sur les ex. ordinaires ; enfin ces droits d’auteur me seront réglés le jour de la mise en vente : ce sont là d’ailleurs nos conventions [sur l] pour l’édition épuisée ; 3° enfin je désirerais que vingt exemplaires tirés à part me fussent donnés pour en faire ce que bon me semblerait. – J’espère que vous ne verrez aucun obstacle à ces desiderata et que bientôt nous verrons la N. B. durement tatouée par Métivet. – Il nous faudra parler aussi des contes. Quid du nouveau Martial[23] ?
Bien cordialement à vous

Georges Fourest

24 rue de Milan (IXe Arr.)

ce 26 novembre 1920.

 

16. Lettre et enveloppe de G. F. à R.-L. D. datée du 2 décembre 1920 (postée le 3 à la gare Saint-Lazare) :

 

Cher monsieur
Votre dernière lettre m’a surpris un peu facheusement [sic] et je dois vous avouer que nous ne sommes plus loin de l’accord parfait que vous ne semblez le croire. Et d’abord vous prévoyez une possible édition démocratique (Dieu le vilain mot !) et dans l’hypothèse d’une pareille édition vous spécifiez que mes droits seront toujours de 10 %. Mais si vous fixez les prix à 5 ou 6 francs voire à 4 francs (ce que je serai obligé d’accepter) je vous demande en conscience ce que je toucherai comme droits ! De plus vous spécifiez que les 20 exemplaires que vous « accordez » sont accordés une fois pour toutes et qu’aux tirages ultérieurs je n’aurai rien à réclamer sous peine de m’entendre répondre qu’on m’a déjà donné : à tous égards une pareille clause est inacceptable. Par conséquent [p. 131] j’estime que le mieux, le plus équitable pour tout le monde est de renoncer à l’édition à tirage libre et de nous contenter d’une édition limitée à mille exemplaires numérotés chacun reprenant sa liberté à l’[exp] épuisement desdits mille exemplaires. – Les vingt exemplaires qui me reviennent seront, dites-vous, sur le dernier papier. Mon Dieu ! je pense bien que vous ne ferez pas tirer spécialement pour moi des exemplaires sur papier d’emballage mais je tiens à avoir deux exemplaires au moins sur chacun des papiers sur lesquels vous tirerez. Libre à vous d’imputer ces exemplaires sur les vingt que vous m’octroyez : – En terminant permettez-moi de vous faire observer que la suppression du service de presse n’est peut-être pas un excellent [mode] procédé de lancement.
Je vous prie, chez monsieur, de me faire savoir le plus tôt qu’il vous sera loisible si vous acceptez le tirage limité que je vous propose et qui seul me parait [sic] possible dans les conditions que me fait votre lettre.
Croyez à mes meilleurs sentiments

Georges Fourest

24 rue de Milan (IXe arr)

le 2 Décembre 1920

P. S. Il est bien entendu que mes droits me seront réglés, comme pour les précédentes éditions, le jour de la mise en vente.

 

17. Lettre de R.-L. D. à G. F. non signée, datée du 6 Xbre 0 [6 décembre 1920] (copie dactylographiée sur papier pelure conservée à la Bibliothèque municipale de Mâcon) :

6 X bre 0

Monsieur Georges Fourest

Rue de Milan

PARIS.

Cher Monsieur,
Je trouve en rentrant de Lyon votre lettre et je suis navré de son contenu qui prouve ou que vous m’avez mal compris ou que je me suis mal exprimé, mettons les deux.
Je réitère que la Négresse ne sera tirée qu’à mille puisque tel est votre bon plaisir et sur ce tirage 10 % des prix marqués vous sont acquis payables à votre gré au lancement de l’édition ; comme la question pécuniaire est la seule qui vous préoccupe dans la réédition démocratique ou non, quel que soit le temps où vous reprendrez votre liberté la Connaissance garde les clichés de L. Métivet et n’en autorise pas la cession.
Quand au dernier papier dont vous vous offusquez, il sera hélas, le seul et coûte la bagatelle de 250 frs la rame, soit 0,50 la feuille ; je ne tirerai même que sur ce papier Lafuma d’emballage qui est d’une qualité absolue et d’un blanc splendide. Je n’ai point l’habitude de me servir de papiers laids, mais je me sers des provisions dont je dispose.
Êtes-vous maintenant satisfait ? Du moins je l’espère et comme j’ai bien fait les choses pour la Ière fois, je ne ferai pas plus mal la seconde, croyez-le.
Croyez, à mes bons sentiments.

 

18. Lettre de R.-L. D. à Lucien Métivet non signée, datée du 6 Xbre 0 [6 décembre 1920] (copie dactylographiée sur papier pelure conservée à la Bibliothèque municipale de Mâcon) :

 [p. 132]

6 X bre 0
Monsieur Lucien METIVET
6 Bd de Clichy
PARIS.
Cher Maître,
Je serais heureux de vous voir au plus tôt et d’avoir la solution définitive au sujet des originaux.
Quoiqu’il en soit, il demeure convenu entre nous que l’édition des dessins de la « Négresse » restera à la seule « Connaissance » et qu’aucune reproduction du retirage d’iceux ne pourra être fait que par icelle. La composition avance.
Croyez, Cher Maître, à mes bons sentiments.

 

19. Lettre de G. F. à R.-L. D. du 9 décembre 1920 :

Cher monsieur Doyon, je venais justement de jeter à la poste une épître à votre adresse lorsque rentrant au logis on me remit votre aimable envoi dont j’ai hâte de vous remercier. Votre nouveau volume de la collection des chefs d’œuvre [sic] est digne de ses aînés : je n’en saurais faire un plus bel éloge. Quand au superbe poëme de Henry Charpentier[24], vous l’avez somptueusement présenté comme il convenait à la somptuosité de ces vers dont je suis un admirateur forcené. Je pense vous aller voir galerie de la Magdeleine [sic] samedi ou lundi mais, ces jours ci [sic], je suis pris par telles contingences minuscules mais chronophages. Encore merci et
Truly yours

Georges Fourest

24 rue de Milan (IXe arr)

le 9[25] [nov] Décembre 1920

 

20. Enveloppe, sans sa lettre, postée à la gare Saint-Lazare le 15 janvier 1921 par G. F. à l’adresse du domicile de Doyon :

 

Donc au numéro 20, facteur, de cette rue
qui porte fièrement ce nom : « Boissy-d’Anglas »
Louis-René Doyon, mandarin jamais las
Incague dans Paris la sottise incongrue.
VIIIe Arr.

 

21. Lettre de G. F. à R.-L. D. du 11 avril 1921 et enveloppe estampillée le même jour à la poste de la gare Saint-Lazare : [p. 133]

 

Paris, le 11 avril 1921
Cher monsieur Doyon,
Je suis bien surpris de ne recevoir pas des épreuves de la N. B. vous savez que je tiens à les revoir. Je me demande à quel moment [elles] le bouquin pourra sortir. Je m’opposerais absolument à ce qu’il parût quand la saison sera passée. Pour le Martial, si vous renoncez à publier cet opuscule veuillez, je vous prie, me le dire.
Bien vôtre
Georges Fourest

24 rue de Milan Paris (IXe arr)

Reçu ce matin un papier... de Hollande relatif aux 7 bardes choisis. Comme j’ignore le néerlandais (quelle lacune !) je ne sais ce qu’il raconte[26]. Un écho du Carnet de la Semaine sur la fantaisie des pendus.

 

22. Carte-lettre de G. F. à R.-L. D. du 27 avril 1921 (gare Saint-Lazare) :

 

Cher monsieur,
Mon dernier billet vous est-il bien parvenu ? Vous m’obligeriez en me faisant savoir si nous sommes d’accord sur ce point que dans le cas où mon volume ne pourrait être prêt le 15 mai au plus tard nous le remettrions à Novembre prochain.
Croyez à mes meilleurs sentiments
Georges Fourest
24 rue de Milan
27 Avril 1911.           Paris (IXe arr)

 

23. Lettre de G. F. à R.-L. D. du 6 octobre 1921, postée le 7 à Gentaud par Saint Paul d’Eyjeaux (Haute Vienne) :

 

Cher monsieur,
Je reçois les épreuves : je n’y vois rien, je n’y distingue rien et me déclare incapable de les corriger ; dans beaucoup de pièces les strophes ne sont même pas déparées les unes des autres !!! C’est un gâchis inextricable. Si j’ai le plaisir de publier un autre volume à la Connaissance il est bien entendu qu’il sera imprimé n’importe où excepté chez Mr L’Hoir[27] !
Bien vôtre
Georges Fourest
Gentaud le 6 octobre 1921

  [p. 134]

 

 

24. Enveloppe estampillée du 10 novembre 1921. La lettre manque. Elle fut expédiée depuis la poste de la gare Saint-Lazare.

 

25. Lettre du 11 décembre 1921 sur papier de deuil à large bordure noire.

 

Cher monsieur,
J’ai reçu avec surprise votre lettre du 8 décembre 1921 : vous avez pris l’engagement ferme (cela dans des lettres que j’ai entre mains [sic]) de me payer à la mise en vente de mon volume et je m’étonne de vous voir aujourd’hui chercher des échappatoires pour vous soustraire à vos obligations. D’abord vous m’avez demandé de renvoyer notre règlement à la fin du mois et je me suis élevé contre cette demande. Aujourd’hui vous remettez aux 15 janvier et février. Je ne puis admettre cette façon d’agir : j’espère que vous le comprendrez et, vu les rapports courtois que nous eûmes jusqu’à ce jour je veux croire que vous tiendrez comme moi à terminer cette affaire à l’amiable. – Du reste une petite erreur s’est glissée [dans] ma réclamation : le prix des volumes n’est pas 20 francs mais 25 francs c’est donc sur 25 francs et non sur 20 francs que doit porter mon 10 % puisque vous devez calculer sur le prix fort. – Vous annoncez comme épuisés les volumes sur Hollande et vous me déclarez d’autre part qu’ils ne sont pas encore sortis. Étrange ! Vous savez d’ailleurs que j’ai droit outre mes 25 exemplaires ordinaires à deux exemplaires sur Hollande. Enfin je vous préviens que j’ai reçu 18 ex. et non pas 20.
Recevez, je vous prie, mes meilleures salutations
Georges Fourest
24 rue de Milan Paris IXe Arr

le 11 Décembre 1921.

 

26. Lettre du 24 décembre 1921 sur papier de deuil :

 

Cher monsieur,
J’ai bien reçu votre lettre du 22 décembre : je prends acte de votre nouvel engagement et j’espère que celui-là sera tenu.
C’est à vos yeux et non aux miens que l’illustration prend trop d’importance puisque vous avez de l’argent pour l’illustrateur et n’en avez pas pour l’auteur.[p. 135]
Je vous remercie de la publicité dont vous me parlez. J’ai en effet reçu deux coupure relatives à la Négresse : [plus] d’abord un exquis, un délicieux article de Victor Snell dont je l’ai remercié chaleureusement ensuite une note de Valmy-Baysse (à qui j’ai moi-même envoyé mon bouquin duement [sic] dédicacé par vous et par moi) annonçant la réédition de la N. B. à l’occasion de la matinée qui me fut consacrée hier chez madame Aurel. À ce propos, avez-vous envoyé un exemplaire au Mercure ? Je voudrais le savoir afin de ne pas faire double envoi. On me dit que c’est au Mercure même et non au critique qu’il faut envoyer le volume. Est-ce à votre instigation que parut le mot d’Hughes Delorme dans les Annales ? – Pour les fameux Hollande vous me dites qu’ils sont tous souscrits donc ils sont tous vendus, il me semble et tant mieux !
Sur ce j’attends que les nymphes de la connaissance épanchent sur moi les ondes chrysophores du Pactole et vous souhaite
un joyeux Noël
Georges Fourest
24 rue de Milan Paris (IXe Arr)
le 24 décembre 1921.
P.S. Pour annoncer le tirage unique attendez de m’avoir vu ; je voudrais causer de cela avec vous.

G. F.

 

27. Enveloppe au cadre noir, vide, estampillée le 21 mai 1922 au bureau de poste de la gare Saint-Lazare.

 

Aucun autre livre de Georges Fourest n’a paru à La Connaissance, ni contes, ni martialeries. Au grand dam des amateurs.

 


 



[1]. Sur René-Louis Doyon (Blida, 1885-Paris, 1966), voir La Saison de Za de Jules Roy (Grasset, 1982) et « René-Louis Doyon, Léautaud raté » in Les Ratés de la littérature, Actes du deuxième colloque des Invalides (Du Lérot, 1999, pp. 59-65).

[2]. Voir Pierre Dufay, « Du pastiche » in : La Connaissance n° 6 (juin 1920, pp. 528-531). La figure de Fourest a été peu étudiée ; on trouvera des informations chez André Gayot, « Georges Fourest humaniste facétieux » (La Grande Revue, juin 1938, pp. 340-355), François Caradec, Feu Willy (J.-J. Pauvert/Carrère, 1984) et Michel Décaudin, La Crise des valeurs symbolistes (Slatkine, 1981, pp. 431 et 433).

[3]. La découverte est inattendue. On la doit à l’aimable Pierre Vella, poète et illustrateur, que nous remercions ici. Le Gallinacé pédéraste a été publié à compte d’auteur à l’enseigne de La Pensée universelle en 1975 par Michel Fourest, le propre neveu de Georges, un juriste-poète né en 1920 et originaire de Saint-Paul d’Eyjeaux en Haut-Limousin. Spécialisé dans le démarquage des poèmes de son oncle (voir certains passages du « codicille heptachiliade » auquel il apporte toutefois une touche personnelle), ce « Docteur en Vers » est assez désarmant pour que nous en recommandions l’usage à André Blavier.

[4]. Crès, 1924.

[5]. Crès, 1924, T. I, p. 306.

[6]. La seconde est tellement identique à la première qu’il s’agit en fait de la même. Curieusement, en effet, le tirage courant dépourvu du frontispice et du portrait de Fourest par Georges Villa comporte néanmoins la même page de titre que le tirage de luxe mentionnant ces illustrations. Il semble que l’éditeur a fait comme s’il avait publié deux éditions. Cette hypothèse est renforcée par le sous-titre de l’édition qu’il met en route avec le concours de Métivet : « Cinquièsme hypostase », termes théologiques qui assoient bien l’idée de quatre éditions antérieures. Comme on l’a vu, il s’agit en fait de la quatrième édition, celles de 1909 et 1912 comprises. Les bibliographes s’accordent approximativement sur le tirage de luxe de l’édition « Villa » : 435 exemplaires sur vergé teinté sur pur fil de Lafuma (16 fr.), 65 Hollande van Gelder Zonen filigrané (30 fr.) et 30 Chine dont cinq hors commerce (36 fr.). Si Raymond Mahé n’indique que 25 Chine dans sa Bibliographie des livres de luxe de 1900 à 1928 inclus. Tome 2e : F-M (René Kieffer, 1933, pp. 90-91), il précise que le tirage courant du volume a été de 900 exemplaires numérotés sur papier glacé ordinaire, tandis que Talvart et Place avancent le nombre de 720. On rencontre des exemplaires du tirage courant affublés d’un numéro supérieur à 1200. Signalons enfin que Pierre Mille, malgré l’enthousiasme de son article du Temps, n’a pas jugé Fourest digne d’entrer dans son Anthologie des humoristes français contemporains (Librairie Delagrave, 1928, « 20e mille »).

[7]. Bibliographie des auteurs modernes de langue française (1901-1936) par Hector Talvart et Joseph Place. Tome sixième (Éditions de la Chronique des lettres françaises, 1937, p. 123).

[8]. Voir le portrait de Fourest par Georges Villa obtenu in extremis auprès de François Caradec (merci) et reproduit ici.
G. Villa (1883-1965) illustra également L’Île des pingouins d’Anatole France pour La Connaissance en 1922.

 

2. Sa Négresse blonde en Joconde est une authentique trouvaille. Lucien Métivet (1863-1932) illustra également Mon oncle Benjamin de Tillier pour La Connaissance (trois éditions entre 1923 et 1927).

3. L’Horizon débridé. Couverture illustrée de A. Verrier, À la Connaissance [mars 1920]. Il existe deux tirages de ce livre, l’un de 314 exemplaires sur Vergé d’Arches à la forme, le second de 700 exemplaires sur Vélin. L’imprimeur est identique pour les deux (imp. O. Dousset, St-Germain-Lembron), seul le colophon change. Il est pour l’instant impossible de savoir si les deux tirages ont été concomitants ou si, comme le laissent penser les souvenirs de Doyon (Mémoire d’homme, souvenirs irréguliers d’un écrivain qui ne le fut pas moins, La Connaissance, 1952 [1953]), le succès de scandale de son opuscule a favorisé un retirage. D’après l’un des rares catalogues connus des éditions La Connaissance publié en 1925, il semble qu’à cette date des exemplaires sur papier d’Arches et sur Vélin étaient encore disponibles. À des fins promotionnelles sans doute, le même catalogue donne cette précision sur le recueil « Scènes de la vie littéraires ». L’exemplaire dédicacé par Doyon à Édouard Willermoz, le co-fondateur et mécène de La Connaissance, porte la date manuscrite du 29 mars 1920. Il s’agit de l’un des 700 sur Vélin.

4. Roger Allard ne dit pas autre chose dans Le Nouveau Spectateur (n° 5, 10 juillet 1919) lorsque, à la rubrique « Curiosités » de sa revue, il écrit : « On a cru longtemps que la négresse blonde était un mythe ; je puis certifier qu’elle existe réellement. On a les plus grandes chances de la rencontrer, vers onze heures, avenue Mozart. »

[12]. Cf. la lettre-carte photographique jointe sur laquelle on distingue nettement la royale. Armand du Plessis, cardinal de Richelieu (1585-1642) apparaît en référence à un vers de l’« Epître falote et testamentaire pour régler l’ordre et la marche de mes funérailles » qui valut à G. Fourest un grand succès au sous-sol du Soleil d’or (F. Caradec, op. cit.). Le quatrain dans lequel est inséré ce vers est cité par Pierre Mille dans son article du Temps.

[13]. Les documents qui suivent sont inédits. Ils ont différentes origines. Après le décès du Mandarin Doyon, ses archives ont été recueillies par son exécuteur testamentaire, Pierre Paturel, auprès duquel nous avons obtenu la communication des lettres de Fourest à l’éditeur et de quelques enveloppes vides dont le contenu a été dispersé à une date indéterminée, puis transmises en grande partie au « filsque » spirituel de l’éditeur Jules Roy. Ce dernier en a fait le dépôt à la Bibliothèque municipale de Mâcon au début des années 1980. C’est là que nous avons retrouvé les doubles dactylographiés sur papier pelure des lettres de La Connaissance à son auteur. Interrogées, les descendantes de Fourest n’ont pu retrouver aucun document relatif à La Connaissance ou à Doyon.

[14]. Il s’agit de la « Prémonition dédicatoire » signée Le Facétieux Humaniste et/ou de l’envoi « Au lecteur » qui annonce la couleur des « Martialeries ». Celles-ci sont onze courtes pièces de vers hardies et explicites réunies en un petit recueil à couverture muette de papier vert (format 175/107 mm). « Lecteur, permet que je t’adresse / un avis : quand tu me liras, / près de toi garde ta maîtresse, / ou ta main la remplacera ». Si l’on en juge par les lettres échangées, les Épigrammes constituent la première collaboration de Fourest et Doyon. Le livre paraît dès le début de l’année 1920, tiré à 200 exemplaires « sur les presses / de Flavius Niger et Cie / imprimeurs jurés / 69, rue du Satyre-Farfelu, 69 / à Phalopolis-en-lanternois / Anno Dominici MCMXX ». Les Épigrammes figurent toujours au catalogue de La Connaissance de 1925 au prix de 20 francs. Voir Pascal Pia, Les Livres de l’Enfer (2e éd., Fayard, 1999, pp. 217-218).

[15]. D’abord secrétaire général de La Connaissance, François Turpin occupe en 1923 le poste de directeur commercial. On ignore à quel moment il a gravi cet échelon. Né le 30 novembre 1887 à Granville (Manche), il est mort le 19 janvier 1971 à Billancourt (source : SACD, informations obtenues grâce à Patrick Ramseyer que nous remercions une nouvelle fois).
F. Turpin est l’auteur d’une étude sur la société d’ameublement et de décoration Dominique créée en 1922, Dominique ou l’Harmonie dans la maison (La Connaissance, 1924, coll. L’Art décoratif moderne), d’un petit essai sur Georges Courteline (Éditions de la Nouvelle Revue critique, 1928, coll. Célébrités d’aujourd’hui), d’un recueil de Contes inutiles (La Connaissance, 1921), d’une préface aux Masques et Visages de Laurent Tailhade (Éditions du monde nouveau, 1925), de plusieurs pièces Aux âmes bien nées (La Connaissance, 1922, coll. Les Masques n° 2), Mariage de raison (Éditions du Camée, 1951), Sait-on jamais ? (L’Avant-scène, 1959, n° 190), etc.

[16]. Le conte intitulé « Le Loup Garou » a paru dans La Connaissance d’avril 1920 (n° 4, pp. 357-363). G. Fourest publiera deux autres contes dans cette revue, « Alba ou les parturitions d’une jeune malthusienne » (juillet 1920, n° 7, pp. 609-615), « Le Tombeau vivant » (mars 1922, n° 23, pp. 1033-1037) et sa réponse à l’enquête sur l’avenir de la critique (juin 1921,
2e année, n° 5, p. 479). On peut comprendre qu’un manuscrit a été égaré. Il peut s’agir de celui des Épigrammes ou d’un fragment de celles-ci.

[17]. Contrairement au colophon du volume qui prétend apporter « deux poèmes nouveaux », une seule nouvelle pièce apparaît à la table des matières, c’est « En passant sur le quai ». Talvart et Place l’attribuent par erreur à l’édition Picart (1926). La deuxième édition de La Négresse blonde (Georges Crès & Cie, 1913 [i. e. 1912]) avait apporté deux textes inédits, « Grisailles » et « Horace ». Seul le second subsistera dans les éditions ultérieures. La préface de Willy date de l’édition originale (Albert Messein, 1909). Autre originalité des éditions de La Connaissance : un « Appendice » placé après la table des matières (pp. 119-127) et réunissant « quelques fragments des études que suscite la publication de La Négresse blonde ». Il s’agit d’une compilation d’articles publiés aux éditions Messein et Crès par Pierre Mille (Le Temps), Jean de Pierrefeu (L’Opinion), René Ghil (Apollon), Émile Bergerat, Raoul Aubry (Le Matin), Les Treize (L’Intransigeant), Ph.-Emmanuel Glaser (Le Figaro), Albert Saint-Paul (L’Action), J.-D. de Beaucarcé (Midi-Royaliste), Georges Le Cardonnel (Le Siècle), la Revue de Paris, Charles Le Goffic (Revue hebdomadaire), Marcel Millet (Les Horizons), la Nouvelle Revue et Pierre Quillard (Le Mercure de France).

[18]. Bibliothèque nationale de France, rés. p. Ye 1464. L’exemplaire est sur Chine, planche et portrait en double état sur Chine et sur Japon.

[19]. L’allusion à cette lettre K reste mystérieuse.

[20]. Dans le catalogue des éditions encarté dans La Connaissance de juin 1921 (2e année, n° 5), le titre est déclaré épuisé.

[21]. Il s’agit de Chroniques parisiennes [suivies de] Ennuis non rimés, textes inédits..., le premier des deux volumes de Laforgue dans l’édition « préparée » par Malraux alors farfelu notoire (sur les déboires de l’éditeur et la polémique qui a suivi cette double édition, on se référera à l’édition des Œuvres complètes de Laforgue aux éditions de l’Âge d’Homme). La Connaissance publiera néanmoins en 1921 un troisième volume de Laforgue intitulé Exil. Poësie. Spleen. À la date du 19 mars 1921, l’éditeur signera et datera pour Georges Fourest l’exemplaire n° 80 sur vergé d’Arches à la forme (coll. part.).

[22]. Rassemblés par l’archiviste-paléographe Émile Van Moë (1895-1944), les « marques et sigles de livres à l’enseigne de “La Connaissance” » ont été publiés par Doyon en annexe de ses mémoires (op. cit., pp. 245-sq). La marque dont parle Fourest est la deuxième utilisée par Doyon : une pomme de la connaissance dessinée par Malo Renault (voir la figure reproduite dans cet article).

[23]. Il n’y a pas eu, à notre connai