EN SOCIÉTÉ

Benoit. Les Cahiers des Amis de Pierre Benoit, numéro spécial, décembre 2001 (4 place de la République, 46500 Gramat ; 102 p., s.p.m.). Ce numéro est entièrement consacré à la publication, sous forme de dictionnaire alphabétique, de la liste des personnages principaux et secondaires des quarante-deux romans de Pierre Benoît. Il s'agit bien des personnages, et non des noms propres. Contrairement à l'usage des index nominum, le maître d'œuvre de ce travail minutieux, Maurice Thuilière, a choisi d'omettre tel ou tel nom de personnalité historique ou politique présente seulement par allusion. Un parti pris qu'on peut regretter. On apprend en tous cas un détail savoureux, celui de la présence, à la lettre D, de : « Ducasse (Isidore), résistant employé aux chemins de fer », personnage du roman Fabrice, publié par Benoît en 1956. L'auteur du dictionnaire précise entre parenthèses : « ce nom est ironique : c'est celui du poète Lautréamont ».

 

Bibliophile. Le Magazine du bibliophile et de l’amateur de manuscrits et autographes, n° 15, mars 2002 (36-38 rue Charlot, 75003 Paris , 50 p., 7 ). Le Magazine du bibliophile et de l’amateur de manuscrits et autographes n’occupe pas un créneau facile. À mi-chemin entre érudition et vulgarisation, il se présente depuis octobre 2000 comme un relais entre l’interprofession des libraires et marchands, et l’anonyme cohorte des clients. Composé comme un véritable mag en quadrichromie – un luxe appréciable qui n’empêche pas cette remarque de vieux ronchon : les 48 pages sont vendues sept euros, un prix peu attractif d’autant que les publicités ne manquent pas –, il accompagne l’actualité des ventes et des expositions en offrant une appréciable variété d’informations pratiques : annonces des salons, foires et marchés aux vieux papiers, parutions de catalogues à prix marqués avec le relevé des livres les plus marquants, etc. En préambule, le patron de l’organe donne un éditorial sur un sujet piquant : les descriptions d’exemplaires dans les catalogues de ventes. On sait quelles trouvailles verbales les livres médiocres inspirent aux « experts ». On regrettera par conséquent la mesure de Jacques Renoux lorsqu’il vise un seul cabinet d’expert qui s’est obstiné à décrire des Que Sais-je ? en état moyen à l’aide de circonlocutions aussi poétiques qu’euphémistiques – on appréciera par exemple telles « cicatrices de mouillure ancienne ». Il eût été juste de composer un dossier complet car l’imagination des rédacteurs de catalogues force le respect. Les « infimes rousseurs » ou le « rare bulletin d’errata »